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jeudi 16 janvier 2014

Diapason – L.Devernay – 50 p. - La Joie de lire – 2010 – 22.30 €



Diapason est un album-accordéon. Ce leporello ne contient pas de texte. Mais les mots ne manquent pas à la narration. Pas un mot ! Pas une lettre mais de nombreuses lignes. Ces lignes que l'on découvre dès la couverture sont des portées de musique. Présentées horizontalement, elles deviennent verticales et se transforment en troncs d'arbre musicaux. Les feuilles sont des notes-oiseaux qui volent, virevoltent et remplissent le ciel de leur musicalité. En suivant les directives d'un drôle de chef d'orchestre grimpé sur le plus haut des arbres de cette forêt symphonique, ces notes-oiseaux s'organisent, se rangent et se défient pour créer des gammes à plumes, des octaves colorées et des tempos originaux. S'il donne le la, ce chef d'orchestre des cimes est aussi le créateur de ce jardin extraordinaire … Cet album magnifique est un ouvrage qui sort de l'ordinaire. Une fois déplié, il mesure plus de neuf mètres de long. La frise ainsi crée est une partition graphique extraordinaire. Nous sommes invités à un intense et long voyage philharmonique immobile. Sans fausse note, l'auteur réussit à nous emporter dans un monde onirique et musical. Quel que soit son âge, le lecteur, mélomane ou non, lira et savourera chaque mesure, chaque respiration, chaque pause de cet album. Dès 6 ans.


 







jeudi 12 décembre 2013

Que deviennent les ballons lâchés dans le ciel ? D.Chedru – 24 p. - La Joie de Lire – 2010 – 13.20 €


Petite, j’imaginais toujours que mes peluches menaient une vie secrète complètement folle. Je ne pouvais pas me balader en forêt sans imaginer tout un monde vivant sous les racines des plus grands arbres ou au cœur des bosquets de fougère. Devant les ricanements de ma sœur aînée, j’ai vite cessé de raconter ce qui se passait derrière mes prunelles brunes. Malgré mes années de silence, je ne peux pas allumer la lumière d’une pièce obscure sans penser que j’interromps peut-être une équipe de doudous en train de prendre un verre ! J’ai donc choisi cet ouvrage autant pour moi que pour mes deux plus jeunes enfants. Chaque double page évoque sous forme de question la vie imaginée des objets oubliés, Que devient mon ballon envolé à la sortie du zoo ? Et la jolie petite perle avalée par le trou noir de la baignoire ? Que devient ma sucette à la fraise tombée par terre ? Il faut déplier le grand flap de la page de droite pour découvrir une réponse possible à la question. Cette réponse est une illustration grand format qui se déploie et permet de laisser libre cours à son imagination. Effectivement, il est impossible d’imaginer que la sucette va faire chavirer le cœur d’un escargot ! Ou que la perle va devenir la vedette du circ’à blatte sous la baignoire … Cet ouvrage est un vrai plaisir de récit graphique. On découvre des plans travaillés, des effets jour/nuit, des mises en abyme et des personnages célèbres à retrouver … Et surtout on sait enfin ce que fait la maîtresse pendant les vacances ! PetitPetit, MoyenMoyen et moi-même adorons cet album ! Dès 4 ans.




mercredi 23 octobre 2013

Bouche cousue – F.David/H.Galeron – 10 € - Motus – 2010 – 72 p.

 
Depuis le Goût d’être un loup, je surveille les ouvrages des éditions Motus. Je m’arrête dès que je croise leur O caractéristique. J’ouvre et je feuillette toutes leurs publications. J’achète dès que je peux pour prendre le temps de lire et de m’immerger dans leurs ouvrages. Je ne suis jamais déçue de mes choix dans cette maison. Bouche cousue pourrait être un recueil de poèmes mais il est bien plus que cela. Il est aussi et surtout un livre de création artistique. Sur le thème du silence, du non-dit ou de l’indicible, François David propose un titre en hommage au jeu de mots savoureux de sa maison d’édition ! Pourtant ce recueil mutique mais poétique est tout sauf vide et dénudé. Les poèmes sont parfois drôles, parfois touchants, parfois complètement étonnants. Les textes courts sont vifs et percutants. La typographie et sa mise en page font sens et mettent en relief chaque mot choisi. Les illustrations en crayonné noir sont elles aussi soignées et dépassent la simple décoration. Les perspectives créées, les clins d’œil graphiques, les destructurations composées sont des œuvres absolues. Mon engouement pour cet ouvrage est d’autant plus fort que j’ai trouvé dans ce recueil, le mariage parfait du texte et de l’image. Cette alliance permet toutes les interprétations et ouvre toutes les portes du possible. Chaque poème illustré fait sens dans son ensemble texte/image. François David et Henri Galeron ont trouvé l’équilibre parfait pour exprimer ce qui ne se dit pas !
Sans jouer sur les mots car le silence est d’or(es) déjà là et pour éviter tous malentendus, j’aime beaucoup cet ouvrage ! Dès 10 ans.
Librairie la Soupe de l'espace

Je t’aime tellement que j’ai les chaussures qui vont toutes seules – A.Herbauts – 52 p. - Casterman – 2013 – 18.50 €


Je vous ai déjà présenté De quelle couleur est le vent ? d’Anne Herbauts que j’avais beaucoup aimé ici . Je présente ses livres en catégorie Pour les Grandes car ses albums sont très exigeants. J’ai mis du temps à me laisser emporter et à interpréter ses ouvrages. Je suis toujours étonnée à la première lecture puis je suis songeuse. Je dois lire et relire pour comprendre et réussir à rédiger une critique. Je t’aime tellement que j’ai les chaussures qui vont toutes seules demande lui aussi plusieurs lectures. Il faut ensuite un temps de digestion pour se saisir des émotions évoquées. Cet album est une ode à l’amour. Un amour intense, fusionnel qui ne supporte pas la séparation. Page après page, Anne Herbauts nous invite à découvrir l’amour comme on ne sait plus le dire ou le vivre. Le récit est un long poème qui offre une multitude de métaphores savoureuses comme « je t’aime tant que le mot interstice est avalé goulu cru dans nos embrassées » ou «  je t’aime tant que cela fait un bruit de braises tranquilles dans le soir » … Ce poème décrit avec ferveur la séparation de « quelques jours et de trois dormir » d’un jeune couple. Avec talent et intelligence, Anne Herbauts nous invite à partager cet amour inconditionnel mais aussi le sentiment intense du manque dû à la séparation et les joies des retrouvailles. Comme à son habitude, l’auteur s’applique à enrichir le rapport texte/image. Elle excelle dans ce dialogue dense et complètement onirique crée entre les illustrations et le récit. Si ce dernier est un poème merveilleux, ses illustrations sont toutes aussi extraordinaires. Les premières pages offrent des dessins minimalistes en harmonie avec le texte puis les illustrations prennent de l’ampleur jusqu’à envahir toute la double page. Les couleurs sont elles aussi de plus en plus nombreuses et intenses. Comme pour chacun de ses albums, je ne peux m’empêcher de caresser les pages car cette illustratrice a la faculté de donner de la matérialité à ses illustrations. Les coups de pinceaux, l’épaisseur de la peinture, les vides, les crayonnés ont du sens et offrent du tactile aux lecteurs. De nombreux clins d’œil à ses précédents albums sont à découvrir et savourer. Certaines doubles pages sont des œuvres à part entière et prennent sens dans l’unité crée par le dialogue du texte et de l’image. Comme celle-ci
 

Les associations crées permettent toutes les interprétations. Il peut être lu en extrait ou en intégralité. Cet album est onirique et grandiose. Il sera mon cadeau de mariage pour les cérémonies à venir ….

La Vie des gens – F.Morel/M.Jarrie – 60 p. - Les Fourmis rouges – 2013 – 18.50 €


Je suis leurs traces depuis leur début, pas à pas, je découvre avec plaisir les ouvrages édités par la maison d’édition les Fourmis rouges. Dans la chronique précédente, je vous avais présenté Il était mille fois qui encore aujourd’hui n’est pas rangé dans une des bibliothèques de la maison car il s’installe de table de nuit en table de chevet à tous les étages. La Vie des gens est un album étrange et même un peu déroutant. Il faut le lire en se laissant aller. Il faut prendre le rythme de cet album « extraordinaire ». Suite à une commande de la ville de Saint Gratien, en banlieue parisienne, Martin Jarrie, illustrateur, propose à quinze habitants de cette ville de se présenter et de choisir leur objet préféré pour illustrer leur propos. Il recueille, écoute et saisit sur le vif les expressions et les émotions de ces habitants. Pour chacun, il compose un portrait, une illustration de son objet fétiche et ajoute son témoignage sous forme d’un récit de vie ou d’une anecdote. Martin Jarrie confie alors son travail à François Morel pour mettre en mot et en ton ces histoires denses et profondes afin de créer un album graphique. François Morel s’est saisi et nourri des témoignages pour inventer, densifier, imaginer ou mettre en relation les portraits, les objets et les vies anodines et anonymes des habitants. Cet album propose donc d’entrer dans l’intimité de ces voisins, hommes ou femmes, jeunes ou vieux qui pourraient être chacun d’entre nous. Pour chaque habitant, la tourne de page permet, tout d’abord, de dévoiler un prénom puis de connaître un petit bout de vie ou un grand moment d’existence. La double page suivante révèle alors l’objet choisi et enfin le portrait en gros plan. En quatre pages, nous sommes plongés dans un moment d’intimité. Le regard est happé par les portraits. On tente de lire dans le regard de « ces gens » ce qu’ils n’ont pas dit, ce qu’ils gardent secret … On aimerait poser des questions et les rencontrer pour discuter et partager sur les instants précieux de la vie. Les récits sont courts et le style est ciselé. Certains donnent envie de retenir son souffle, d’autres font sourire et d’autres font doucement pleurer … Les illustrations sont magnifiques. Les portraits comme les objets représentés sont pleins, francs et semblent figés pour nous permettre de les rencontrer. A chaque lecture, je me demande quel objet je choisirais ? Et vous ? La Vie des gens est un très bel album à lire et relire quel que soit l’âge du lecteur …
Interview de François Morel et Martin Jarrie : ici ! Critique de livralire : et enfin l’interview de Valérie Cussaguet, éditrice des Fourmis rouges dans l’émission Y’a un éléphant dans le jardin : ou sur le site des Histoires sans fin : ici !

lundi 21 octobre 2013

Ombres – S.Lee – 44 p. - Kaléidoscope – 2010 – 15 €


Cet album ne contient pas de texte. Son format à l’italienne offre une tourne de page à l’horizontale. Tout l’album repose sur la pliure du livre. Cette pliure est une limite, un axe de rotation et une frontière entre deux mondes. Dès le dos de la première de couverture, l’histoire commence avec cet unique mot de l’album (même s’il est répété plusieurs fois) Clic ! A la tourne de page, la lumière s’allume et éclaire une remise où une petite fille regarde tous les objets présents dans la pièce. Elle tient dans une main le cordon d’allumage de la lampe et dans l’autre une pomme qu’elle croque. Elle remarque que l’éclairage du plafonnier lui permet de voir devant elle toutes les ombres : le vélo accroché au mur, l’aspirateur, le tuyau d’arrosage, les outils. Elle fait quelques pas de danse pour observer son ombre qui danse aussi. D’ailleurs elle se sert de ses mains pour projeter au sol un oiseau en ombre chinoise. Non seulement un bel oiseau apparaît mais les ombres du balai, du plumeau et du skateboard prennent quelques libertés. Elles se transforment et se détachent de la forme de leurs objets initiaux. Au fur et à mesure de ces idées, la petite fille imagine et donne vie à tout un monde qui l’enchante. Un éléphant, un crocodile, une forêt tropicale et même un loup entrent dans sa danse et dans ses jeux. Mais le loup fourbe décide de vivre sa vie et il a faim ….Cet album scindé en deux à la pliure propose donc sur la page du haut une version de la petite fille dans sa remise dont elle aménage les objets pour créer des ombres et la page du bas qui représente ses projections oniriques. Les rêves entrainent parfois des cauchemars dans lesquels s’expriment nos peurs enfouies. Prise dans son jeu de création imaginaire, la petite crée un loup, est un loup et est poursuivie par ce loup qui la dépasse et se libère de sa créatrice. Heureusement la petite fille est plus maligne que lui et elle saura faire preuve de ruse et d’adresse pour l’apprivoiser. Une peur apprivoisée n’est plus une peur. Elle est libérée et s’est affranchie de son angoisse, en un mot elle a grandi ! Cet album nécessite plusieurs lectures. La première est consacrée au récit et à la compréhension de l’histoire. Puis chaque relecture permet de vérifier la place des objets et des ombres créées. Adulte et PetitProche cherchent à quelle page l’imaginaire se déclenche. A quelle page le monde réel disparaît et à quel moment il réapparaît. Chacun vérifie la cohérence de l’ombre avec son objet. On se met d’accord sur les objets disparus ou qui ont changé de place. La construction de cet album sur le jeu d’ombres est passionnante. Les illustrations sont délicieuses. Le trait fin ou appuyé permet de donner vie aux objets les plus banals. Les expressions de la petite fille soulignent toute son espièglerie et toute sa vie intérieure. La chute laisse la place à une interprétation libre qui permet d’échanger sur les versions de chacun. MoyenMoyen ne peut pas s’empêcher de mettre en voix cet album. Il crée des dialogues fantasques, il imagine les ordres dictés par la petite fille (il lui donne des conseils aussi !). J’ai retrouvé un peu de Peter Pan et du Pays des garçons perdus dans cet ouvrage. Blanc, noir et jaune sont les trois seules couleurs utilisées. Ces couleurs rythment et symbolisent les deux mondes. Le jaune est la couleur de l’imaginaire, de ce pays merveilleux qui nous échappe
définitivement à l’âge adulte. Après son périple, la petite fille rejoint le monde réel avec une robe jaune rayonnante. Elle est dorénavant marquée du sceau des enfants qui sont allés visiter et embellir ce monde perdu. Je le conseille comme un ouvrage qui deviendra un usuel de la bibliothèque familiale. Chacun se souviendra de cet album innovant donc la puissance évocatrice marquera le lecteur. Comme tout ouvrage « extraordinaire », il peut déstabiliser les lecteurs adultes qui n’ont rien à dire et rien à lire. Peut-être que l’enfant sera le meneur d’histoires de cet ouvrage, le PetitProche saura le décrypter pour aider l’adulte à se souvenir des voies magiques du Merveilleux. Dès 6 ans.

 

Mirror – S.Lee – 48 p. - Seven Footer Press – 2010 – 12.15 €
 
Si ces jeux d’ombre vous intéressent ou s’ils passionnent vos enfants, n’hésitez pas à lire et découvrir Mirror du même auteur. Dans cet album, Suzy Lee interprète la pliure de l’ouvrage comme un axe de symétrie. Son livre est construit avec la pliure comme un miroir imaginaire. Une fois de plus, aucun texte. Tout le récit est visuel. Une petite fille est prostrée dans un coin de la page. Elle porte une robe jaune (encore !). Elle tourne la tête et aperçoit son reflet dans le miroir. A chaque page, elle oublie son chagrin et joue avec cette petite fille qui l’imite. Elles sont donc deux à jouer, danser et grimacer pour oublier les difficultés d’être un enfant. Au hasard d’un pas de danse, leurs mains se touchent et tout un monde onirique apparaît, les couleurs explosent, les petites filles ne forment plus qu’une seule et même personne jusqu’à disparaître de la page. On les imagine parties dans un monde imaginaire fécond et intime qui n’appartient qu’à elle (s). Elles réapparaissent virevoltantes et sautillantes de joie ! Malheureusement le reflet de la petite fille prend des libertés et décide d’esquisser ses propres pas de danse. Notre jeune héroïne est révoltée. Elle n’accepte pas que son reflet ait sa vie propre. Elle boude, elle s’énerve et finit par commettre l’irréparable … Cet album et Ombres se font vraiment écho. De nombreux clins d’œil thématiques, graphiques sont à relier. Suzy Lee a le don de m’entraîner dans un monde onirique et pourtant très ancré dans la réalité de l’enfance. MoyenMoyen a eu un peu plus de mal à apprécier ce livre. Pourtant il passe beaucoup de temps à jouer avec son reflet dans le miroir de plain-pied de la salle de bains. Lorsque je lui ai rappelé ce détail de sa vie, il m’a fait remarquer d’un ton ferme et qui n’attend pas de réplique que lui ne danse pas devant le miroir, il regarde « comment il est grand ! ». Peut-être que les garçons ne jouent pas comme les petites filles … ou qu’ils ne veulent pas l’admettre …
N’hésitez pas à consulter le site de l’auteur : http://www.suzyleebooks.com


La Vague – S.Lee – 44 p. - Ecole des loisirs – 2011 – 5.60 €/12.54 €

Dans quelques jours, les valises seront bouclées, les enfants harnachés dans leurs sièges auto … J’entends déjà le moteur ronronner. J’ai le goût du sel sur le bout de la langue. Les vacances sont à portée de main … Afin d’attendre patiemment la libération et le départ, je vous conseille la Vague du même auteur. Les enfants seront passionnés par cet album dont une fois de plus la pliure n’est pas que le centre physique de l’album, elle est le centre du récit. Dans ce livre à l’italienne, sans texte, la pliure est une frontière invisible et symbolique. Sur une plage, une petite fille découvre la plage et particulièrement les vagues qui viennent lécher le bout de ses pieds. Un peu effrayée et hésitante, elle avance quand la mer reflue et recule quand les vagues se rapprochent. Elle se trouve sur la page de gauche et la mer sur la page de droite. Chacune reste sur sa page et sur son côté de la plage. Les vagues se cassent toujours à la pliure de la page. Accompagnée par quelques mouettes, la petite fille s’enhardit de plus en plus. Elle se rapproche des vagues et finit par traverser la frontière invisible pour jouer dans l’eau. Page après page, la petite fille prend confiance et joue avec les vagues qui deviennent une vague personnifiée. Cette vague bleue et majestueuse enfle. Elle devient énorme et bouillonnante. La fillette a peur et se réfugie dans la page de gauche mais la vague va-t-elle suivre les règles du jeu ? MoyenMoyen n’a pas mis ses brassards pour s’immerger dans cette Vague. Il aime créer les dialogues entre la petite fille et la vague ou la petite fille et les mouettes, c’est selon son inspiration. Il se souvient comme les vagues peuvent être effrayantes. Les illustrations sont magnifiques. La petite fille ressemble beaucoup à celle d’Ombres. J’ai apprécié de retrouver le jeu de la robe qui se colore à la fin de l’album. Dans la Vague, la robe de la petite fille devient bleue. Sur ce thème maritime, Suzy Lee a travaillé sur le bleu, sa profondeur, ses nuances et ses multiples variations. Les illustrations sont réalisées au fusain, à la peinture acrylique et finalisées en montage numérique. Les traits de pinceaux, les aplats de couleur permettent de donner vie à la vague et on imagine le flux et le reflux, on entend le ressac … Dès 5 ans.
Si vous voulez approfondir votre connaissance du bleu, je vous conseille d’ajouter dans votre panier de plage !


Un bleu si bleu - J.F.Dumont – 24 p. - Père Castor/Flammarion – 2006 - 5.50 €
Un jeune garçon décide de parcourir le monde à la recherche d’un bleu rêvé, un bleu profond et lumineux ! Les pages liminaires proposent une palette de bleus incroyables …Dès 6 ans.





Si vous avez envie de plage et de vagues, je vous conseille

Rêves d’Océan – D.Nolan – 38 p. - Petite Plume de Carotte – 2012 - 14.50 €

Cet album sans texte est magnifique. Une petite fille construit un château de sable. La nuit se lève. Elle quitte la plage à marée montante. Les vagues détruisent peu à peu le château  Alors qu’il ne reste plus que le donjon, une des fenêtres s’illumine … Sans un mot, tout en douceur et en rêve, le lecteur est entraîné dans un monde poétique et lilliputien sans fin ! Dès 5 ans.




Si vous aimez la mer quand elle est déchaînée et que la plage est déserte, je vous conseille

la Vie en bleu – C.Norac/S.Poulin – 32 p. - l’Ecole des Loisirs – 2006 - 12.50 €

Sur une île, un jeune garçon attend le retour de son père, marin pêcheur. Malheureusement une tempête se lève et les communications par radio sont rompues. Yannick décide alors d’aller sur la plage pour dompter les flots … Un album dont le suspens est intense. Les illustrations très réalistes sont en même temps complètement oniriques et reflètent les angoisses de Yannick. Dès 6 ans.



 

Reverso – K. Komataga – 8 p. - Les Grandes Personnes – 2013 – 12.50 €


Comme certains artistes, j’ai des phases (je n’ai malheureusement que ça en commun avec eux !). J’ai eu une grande période rose, j’ai dû digérer l’arrivée de quatre fils. J’ai fait un travail de fond et surtout j’ai fait le deuil du rose, des couettes, des chaussures vernies et de mes traits dans un visage endormi. Je suis donc en phase bleue. Je n’ai donc pas pu faire demi-tour devant cet ouvrage dont la couverture m’a arrêtée net à la librairie. Lorsque j’ai découvert que l’auteur était Katsumi Komagata. Cet ouvrage a rejoint immédiatement mes bras. Mais est-ce bien un livre ? Je ne sais pas mais en tout cas, il propose 8 puzzles encastrés (4 recto-verso) à découvrir et à inventer. Chaque double page offre donc deux puzzles sur la page de droite ( 1 recto + 1 verso) et les reproductions de ces puzzles sur la page de gauche. Ils sont donc à faire et à défaire dans un sens puis dans un autre. Une courte présentation ou une question accompagne chaque double puzzle afin d’aiguiser le regard. L’enfant ou le ParentProche s’interroge alors et tout l’assemblage prend du sens. Couleurs, perspectives, effets visuels sont convoqués pour créer une vraie dynamique de jeux et de remue-méninges. J’ai beau le ranger dans la bibliothèque, je le retrouve chaque jour sur la table de « vie ». MoyenGrand et MoyenMoyen adorent ce livre-jeux. Si un des enfants le sort, en quelques minutes, nous sommes quatre (si ce n’est plus) à essayer de trouver l’assemblage juste. Dès 6 ans.
Si vous souhaitez proposer à vos PetitsProches des ouvrages innovants, esthétiques et très poétiques, je vous conseille deux albums du même auteur.


Du Bleu au bleu – K.Komagata – 22 p. - Les Trois Ourses – 2011 – 30 €

Cet ouvrage est cher. Je vous conseille de le découvrir en bibliothèque ou de le feuilleter en librairie pour apprécier chacune de ses pages. Effectivement, chaque feuille est d’une texture différente. K.Komagata a tenu à ajouter du sens au toucher et au plaisir tactile ressenti à la tourne de chaque page. Certaines sont nervurées, d’autres sont tissées, d’autres sont si fines que l’on peut deviner la page suivante. Cet artisanat du papier est au service du bleu et de toutes ses versions offertes au regard dans ce livre. Du bleu doux et transparent jusqu’au bleu des mers inconnues. Nous suivons deux jeunes saumons qui remontent rivière et mer à la recherche de leur lieu de naissance. Ce périple difficile sera l’occasion de rencontres multiples et fascinantes …Cet ouvrage est un livre qui offre aussi des jeux de découpes et des effets pop-up saisissants. Si vous l’ouvrez sous un certain éclairage, les formes découpées se projettent sur la page de gauche et les animaux prennent alors vie … Le récit est en japonais mais un feuillet supplémentaire en fin d’ouvrage propose une traduction en français. Je ne lis pas cette traduction car comme on me l’avait dit, le lecteur peut se libérer du récit pour créer sa propre version de l’histoire. La qualité graphique et sensorielle procurent tant d’émotion et de plaisir que l’histoire n’a pas besoin d’être lue pour être ressentie … Dès 3 ans mais pour tous les âges.


J’ai pu lire Du Vert au Vert du même auteur. Cet ouvrage, comme du Bleu au bleu, est un délice visuel. Malheureusement il n’est plus édité et je pense qu’il est introuvable. J’espère que de nombreuses bibliothécaires l’ont acheté pour offrir à tous leurs usagers le plaisir intense de lire une œuvre d’art … Si vous souhaitez plus d’informations sur cet auteur, vous pouvez découvrir sa biographie et sa bibliographie sur le site de l’association les Trois Ourses : ici !

Comme cet auteur comble mon besoin de bleu et mes attirances pour la culture japonaise, j’ai cherché, j’ai fureté et j’ai découvert que des mobiles de Katsumi Komagata sont distribués par Djeco … Comme quoi, je sens que Djeco a la fibre ou bien j’ai le feeling avec eux ! Noël est périmé, la Saint Valentin est passée depuis belle lurette, mon anniversaire est encore loin …C’est dommage !





lundi 14 octobre 2013

Dans la nuit noire – B.Munari – 60 p. - Les Grandes Personnes – 2012 – 22.50 €


Bruno Munari est un auteur jeunesse reconnu. Ses ouvrages sont des œuvres de référence. Il a crée des livres à système et effet visuel très réussi et applaudi par tous les spécialistes. Cet homme, peintre, sculpteur, designer, considérait l’objet livre comme un élément à part entière. Il invitait alors le jeune lecteur à lire l’objet, les illustrations et le récit comme une même et seule histoire. J’ai choisi de vous présenter Dans la nuit noire car mes enfants me le réclament souvent. Lorsque je leur avais lu Deux Yeux de Lucie Félix, ils avaient immédiatement fait le lien avec cet album. Il est leur ouvrage de référence lorsqu’ils abordent un album conceptuel et innovant. Dans la nuit noire est un récit de pérégrination. Tout d’abord, c’est un jeune chat qui recherche son amoureuse au cœur de la nuit. Même si la nuit tous les chats sont gris, ces deux là sont bleu ardoise et se fondent dans les pages noires du livre. Ils rencontreront une chauve-souris complètement muette et de drôles d’équilibristes endimanchés qui aimeraient savoir d’où vient cette étrange lumière en haut de la page de droite ! C’est en suivant ce point lumineux que le lecteur est entraîné dans un pré. Le regard à hauteur du sol, il découvre le monde des minuscules : insectes, arachnides, escargots, graminées et herbes folles. Le lecteur est alors invité à suivre la course folle de la vie au cœur même de cet écosystème familier. Sur papier translucide, la tourne des pages donne l’illusion du mouvement et de l’intensité de la vie. Ce sont les fourmis qui nous emportent dans un nouvel univers à découvrir : une grotte. Cette grotte représentée sur une accumulation de pages percées est une incitation à observer les peintures rupestres présentes sur ses parois. Les illustrations donnent l’illusion de se faufiler entre les stalactites et les stalagmites pour atteindre un flap-coffre-au-trésor. Attention à ne pas se mouiller les pieds en traversant la rivière souterraine ! A la sortie, notre jeune chat bleu-gris nous attend sagement … Cet album permet aux enfants de ressentir le dedans/le dehors, le jour/la nuit, le plein/le vide, le grand/le petit, la vie/la mort aussi … La pérégrination est bien orchestrée. L’enchaînement des trois univers est rythmé et intéresse les plus jeunes lecteurs qui repèrent immédiatement le fil conducteur de page en page. Les petites mains se baladent pour toucher et appréhender les différences de matière, les épaisseurs, les trous et les déchirures. Si j’avais créé une catégorie INDISPENSABLE ou CLASSIQUE, Dans la nuit noire y figurerait sans hésiter ! Dès 18 mois. Réédition.
 
 


 


mercredi 25 septembre 2013

Le Monde englouti – D.Wiesner – 36 p. - Editions Circonflexe – 2006 – 13.50 €


C’est l’œil qui m’a attiré ! Quelle couverture ! Je n’ai pas pu laisser cet œil dans le bac. Aussitôt emporté, aussitôt lu dans le square proche de la bibliothèque. J’étais tellement absorbée par la lecture que je n’ai pas vu PetitPetit grimpé par la descente du toboggan provoquant une révolte dans la structure de jeux. Il était très fier de lui, applaudissant à tout va et écrasant sans pitié les mains des enfants qui attendaient patiemment. Sous le regard désapprobateur de mes paires-mères, j’ai récupéré mon PetitPetit, une pelle, un sceau et vite je reprends ma lecture. Enfin ma non lecture ! Effectivement, cet album ne comporte pas une ligne, pas un mot. Ce livre offre un récit visuel. Un jeune garçon, scientifique dans l’âme, scrute tous les crustacés qu’il rencontre sur la plage. Loupe collée à l’œil, allongé dans le sable, il cherche les plus petits crustacés. Il ne se rend pas compte qu’il se rapproche du rivage. Emporté par une vague, il se relève quelques secondes plus tard, trempé et couvert d’algues brunes. La mer a déposé à ses pieds un vieil appareil photo Melville pour les fonds marins. Intrigué, le jeune homme se décide à ouvrir l’appareil pour récupérer la pellicule. Les clichés vont lui offrir des paysages sous-marins incroyables : tortues-villes, étoiles de mer-îles, poissons-lunes-montgolfières, créatures sous marines, poulpes-lecteurs. Le jeune homme n’est pas au bout de ses surprises car il n’est qu’un maillon d’une chaîne infinie …Les illustrations sont parfois proche d’un album illustré parfois plus proches de la bande dessinée. Le rythme des images, les changements de point de vue sont saisissants. La mise en abyme est aboutie Le voyage proposé est extravagant, fantasque mais aussi poétique et philosophique. Cet album graphique m’a rappellé Les mystères d’Harris Burdick de C.Van Allsburg. A lire dès 5 ans.
 

jeudi 1 août 2013

Petite main petit pouce – M.Perrin – 32 p. - Seuil jeunesse – 2012 – 12 €



Ce livre est un livre-jeu mais aussi un livre-objet. Il est construit comme une comptine à doigts. Ce livre cartonné est une belle surprise de la rentrée littéraire jeunesse. Inspiré de la nouvelle vague des livres animés, un peu à la Tullet, chaque double page invite l’enfant à effectuer une action. Ces activités ludiques l’incitent donc à développer son vocabulaire, sa dextérité et son imagination. Concentré et emporté par les jeux visuels d’échelle, mon fils de deux ans adore poser ses petits doigts boudeboudes sur les différents chemins. Il découvre mille façons d’accomplir les missions de chaque double page. Les couleurs intenses sont saisissantes et permettent aux plus petits de découvrir de nombreux détails. Ce récit de pérégrination en mode zoom est à offrir à tous les enfants dès 18 mois.