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mercredi 23 octobre 2013

Bouche cousue – F.David/H.Galeron – 10 € - Motus – 2010 – 72 p.

 
Depuis le Goût d’être un loup, je surveille les ouvrages des éditions Motus. Je m’arrête dès que je croise leur O caractéristique. J’ouvre et je feuillette toutes leurs publications. J’achète dès que je peux pour prendre le temps de lire et de m’immerger dans leurs ouvrages. Je ne suis jamais déçue de mes choix dans cette maison. Bouche cousue pourrait être un recueil de poèmes mais il est bien plus que cela. Il est aussi et surtout un livre de création artistique. Sur le thème du silence, du non-dit ou de l’indicible, François David propose un titre en hommage au jeu de mots savoureux de sa maison d’édition ! Pourtant ce recueil mutique mais poétique est tout sauf vide et dénudé. Les poèmes sont parfois drôles, parfois touchants, parfois complètement étonnants. Les textes courts sont vifs et percutants. La typographie et sa mise en page font sens et mettent en relief chaque mot choisi. Les illustrations en crayonné noir sont elles aussi soignées et dépassent la simple décoration. Les perspectives créées, les clins d’œil graphiques, les destructurations composées sont des œuvres absolues. Mon engouement pour cet ouvrage est d’autant plus fort que j’ai trouvé dans ce recueil, le mariage parfait du texte et de l’image. Cette alliance permet toutes les interprétations et ouvre toutes les portes du possible. Chaque poème illustré fait sens dans son ensemble texte/image. François David et Henri Galeron ont trouvé l’équilibre parfait pour exprimer ce qui ne se dit pas !
Sans jouer sur les mots car le silence est d’or(es) déjà là et pour éviter tous malentendus, j’aime beaucoup cet ouvrage ! Dès 10 ans.
Librairie la Soupe de l'espace

dimanche 13 octobre 2013

Trop forts, les mots – A.Rey/Zelda Zonk – 116 p. - Milan – 2012 – 13.50 €


Bien qu’il soit écrit par Alain Rey, cet ouvrage n’est pas un dictionnaire ! Enfin pas tout à fait mais un peu quand même. C’est classé par ordre alphabétique, on y trouve un peu d’étymologie, beaucoup d’analogie, de la lexicographie, de la synonymie, de l’antonymie et surtout le style et l’aisance incomparables d’Alain Rey pour faire parler les mots. Ces mots (cinquante, il me semble) sont des mots de la vie quotidienne comme fourchette, fesses, école, cinés, princes et princesses fées et sorcières, lire et écrire et on trouve même une entrée à rhinoféroce (MoyenMoyen : mais ça n’existe pas !). Chaque présentation est une histoire, un récit savoureux sur la vie de ce mot, sa famille, ses transformations, ses amis et ses ennemis, ses enfants et ses descendants. Certains mots deviennent de véritables héros. D’autres mots nous étonnent ou nous font rire. Les illustrations de Zelda Zonk sont à la hauteur des articles. Elles pimentent avec efficacité la truculence de l’auteur. GrandGrand et MoyenGrand ont lu les articles de leurs choix. Ils ont ri et m’ont demandé si les informations étaient vraies … Je crois qu’il vote Alain maintenant. Ils ne supportent plus Robert ! Je l’ai lu à MoyenPetit en lecture du soir : culotte et jean, dinosaures et fossiles, dragons, fesses, lire et écrire, monstres grands et petits monstres et bien sûr rhinoféroce. J’ai beaucoup aimé cet ouvrage drôle, inventif et vraiment passionnant. Dès 6 ans en lecture accompagnée. La présentation de la Soupe de l’espace : clic.

mercredi 25 septembre 2013

Dico dingo – P.Garnier/J.Gerner – 38 p. - Fernand Nathan – 2011 – 5.60 €


Dans la famille Robert tout est parfaitement rangé ! Les meubles sont vissés au plancher pour éviter le désordre, les boîtes alimentaires sont classées par ordre alphabétique et étiquetées avec soin. Monsieur et Madame Robert sont des maniaco du rangement et de l’ordre. Malheureusement leur fils Robert Robert est plutôt un doux rêveur et un joyeux bordélique. En essayant d’attraper sa mallette à bazar que sa mère avait rangé en haut de l’armoire, Robert Robert tombe en entraînant sa mallette, le tabouret et le gros dictionnaire qui lui servait de rehausseur. Patratras Robert Robert est par terre. Le dictionnaire perd ses mots. Enfin libérés, les mots s’enfuient avec plaisir. Les noms communs, les noms propres, les petits mots du quotidien et les grands mots scientifiques. Robert Robert ne panique pas et ramasse les mots à pleines mains pour les remettre dans le dictionnaire. Il aperçoit quelques récalcitrants qui s’échappent mais la sonnette de la porte d’entrée retentit et il n’a plus le temps de fignoler le rangement du dictionnaire. Ce soir, on reçoit les Azertyuiop pour le dîner et Monsieur Robert ne supporterait pas que son rejeton soit en retard pour les présentations. Robert Robert se frotte les mains pour se débarrasser des derniers mots collés entre ses doigts. Personne ne découvrira que tétragone et clafoutis ont disparu du dictionnaire. Mais dès les premières paroles de bienvenue prononcées, Robert Robert se rend compte que sa bêtise va entraîner de nombreux problèmes. Effectivement Monsieur Robert ne comprend pas que Madame Robert ne serve pas l’alpaga aux invités avec quelques ampoules farcies et des tranches de mobylette. Vous non plus vous ne comprenez pas eh bien lisez ce Dico dingo qui vous donnera ainsi qu’à vos enfants des crampes aux zygomatiques ! Le concept de ce très court roman est original. Le récit est vraiment savoureux. Les jeux de mots, les quiproquos engendrés sont vifs et drôles. Le détournement des mots utilisés permet d’enrichir le lexique de l’enfant. Grâce au contexte de la phrase, l’enfant comprend que les mots ne sont pas utilisés à bon escient et instinctivement il propose le mot qui correspondrait le mieux. Les illustrations extravagantes soulignent les situations cocasses de l’histoire. J’avais acheté ce livre pour PetitMoyen mais il n’a pas la maturité et le vocabulaire nécessaire pour l’apprécier. Tout jeune lecteur, il est gêné par les situations de lecture originales. (En gros, il en bave déjà pour déchiffrer et comprendre en même temps alors s’il faut en plus qu’il comprenne le comique de la situation, il est déstabilisé et il ne rit pas mais pas du tout). MoyenMoyen, 10 ans, lui, a beaucoup ri à sa lecture ! Je conseille donc ce livre aux enfants dès 7 ans.
 

lundi 16 septembre 2013

La Guerre des Mots – T.Dedieu/F.Marais – 32 p. - Sarbacane – 2012 – 15.20 €

Rien ne va plus dans le monde de la graphie : l’équilibre entre les mots et les chiffres est rompu. Les chiffres sont devenus les maîtres du monde. Ils sont fiers, orgueilleux et complètement envahissants. De la cour d’école à la Bourse, ils sont partout. Les lettres se révoltent. Elles jurent de combattre chaque nombre. Elles rayeront jusqu’aux plus petits chiffres de la planète. C’est la guerre entre les chiffres et les lettres. De A à Z, de 0 à 9, tous sont enrôlés et engagés dans une lutte sans merci. Les hommes sont complètement déboussolés devant cette guerre fraternelle. Que faire, quelle armée choisir ? Heureusement qu’ils décident de réconcilier les troupes en insistant sur l’importance des chiffres mais aussi sur la valeur des mots. Enfin réunis et unis par un traité de paix, les chiffres, les lettres, les hommes et même les notes de musique fêtent la fin de la guerre. Edité en collaboration avec Amnesty International, cet album « souligne l’impasse de relations fondées sur la discrimination et l’importance du respect de mêmes droits pour tous et partout dans le monde ». Abordé sur le thème de l’humour, cette guerre fratricide questionne sur bien des problèmes d’actualité. Les situations cocasses permettent aux enfants et aux plus grands d’appréhender l’absurdité de la haine, du racisme et des jugements catégoriques. Dialogue, conciliation, médiation sont des valeurs portées par les hommes dans ce livre. La typographie, héroïne de cet ouvrage, est utilisée comme support à l’illustration et comme vecteur de sens. Les couleurs sont vives et participent elles aussi à la qualité de cet album. Il sera apprécié par les enfants et par les adultes. MoyenMoyen, 6 ans, l’a réclamé cinq soirs d’affilé. Ce livre est un message d’espoir porté avec finesse et talent. Dès 5 ans.
Le clin d’œil au célèbre tableau romantique de Friedrich est un délice !