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mercredi 11 mars 2015

La Maison que Pierre a bâtie – S.Cone Bruyant/S.Ohl – 36 p. - MeMo – 2014 – 14 €


En France, nous avons des comptines traditionnelles et des jeux de doigts que nous fredonnons à nos enfants depuis des générations mais les nursery rhyme n'ont pas ou peu traversé la Manche. C'est bien dommage car ces mélodies proposent souvent des jeux de sons et du rimes qui éveillent les plus petits aux joies du langage. La maison que Pierre a bâtie est un récit inspiré de the House that Jack built, nursery rhyme très populaire en Grande Bretagne. Cette histoire est une randonnée musicale qui propose à l'enfant une drôle de pérégrination. Ce sont les répétitions et les jeux de sons qui permettent au jeune lecteur de suivre le fil de l'histoire et de mémoriser les étapes. Dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie, il y a de la farine qu'un rat a mangé. Mais un chat l'a attrapé avant d'être étranglé par un chien … La trame narrative est une chaîne de personnage que l'on retrouve dans une belle farandole récapitulative à la fin de l'album. Les illustrations proposent des images qui nous font changer d'époque avec des cadrages serrés sur l'action et des couleurs surannées. Elles sont pourtant efficaces et renforcent la dynamique du récit. Les jeux de typographie créent un ensemble visuel qui fait sens. Un album à lire et à chanter … Dès 1 an.







lundi 21 octobre 2013

Reverso – K. Komataga – 8 p. - Les Grandes Personnes – 2013 – 12.50 €


Comme certains artistes, j’ai des phases (je n’ai malheureusement que ça en commun avec eux !). J’ai eu une grande période rose, j’ai dû digérer l’arrivée de quatre fils. J’ai fait un travail de fond et surtout j’ai fait le deuil du rose, des couettes, des chaussures vernies et de mes traits dans un visage endormi. Je suis donc en phase bleue. Je n’ai donc pas pu faire demi-tour devant cet ouvrage dont la couverture m’a arrêtée net à la librairie. Lorsque j’ai découvert que l’auteur était Katsumi Komagata. Cet ouvrage a rejoint immédiatement mes bras. Mais est-ce bien un livre ? Je ne sais pas mais en tout cas, il propose 8 puzzles encastrés (4 recto-verso) à découvrir et à inventer. Chaque double page offre donc deux puzzles sur la page de droite ( 1 recto + 1 verso) et les reproductions de ces puzzles sur la page de gauche. Ils sont donc à faire et à défaire dans un sens puis dans un autre. Une courte présentation ou une question accompagne chaque double puzzle afin d’aiguiser le regard. L’enfant ou le ParentProche s’interroge alors et tout l’assemblage prend du sens. Couleurs, perspectives, effets visuels sont convoqués pour créer une vraie dynamique de jeux et de remue-méninges. J’ai beau le ranger dans la bibliothèque, je le retrouve chaque jour sur la table de « vie ». MoyenGrand et MoyenMoyen adorent ce livre-jeux. Si un des enfants le sort, en quelques minutes, nous sommes quatre (si ce n’est plus) à essayer de trouver l’assemblage juste. Dès 6 ans.
Si vous souhaitez proposer à vos PetitsProches des ouvrages innovants, esthétiques et très poétiques, je vous conseille deux albums du même auteur.


Du Bleu au bleu – K.Komagata – 22 p. - Les Trois Ourses – 2011 – 30 €

Cet ouvrage est cher. Je vous conseille de le découvrir en bibliothèque ou de le feuilleter en librairie pour apprécier chacune de ses pages. Effectivement, chaque feuille est d’une texture différente. K.Komagata a tenu à ajouter du sens au toucher et au plaisir tactile ressenti à la tourne de chaque page. Certaines sont nervurées, d’autres sont tissées, d’autres sont si fines que l’on peut deviner la page suivante. Cet artisanat du papier est au service du bleu et de toutes ses versions offertes au regard dans ce livre. Du bleu doux et transparent jusqu’au bleu des mers inconnues. Nous suivons deux jeunes saumons qui remontent rivière et mer à la recherche de leur lieu de naissance. Ce périple difficile sera l’occasion de rencontres multiples et fascinantes …Cet ouvrage est un livre qui offre aussi des jeux de découpes et des effets pop-up saisissants. Si vous l’ouvrez sous un certain éclairage, les formes découpées se projettent sur la page de gauche et les animaux prennent alors vie … Le récit est en japonais mais un feuillet supplémentaire en fin d’ouvrage propose une traduction en français. Je ne lis pas cette traduction car comme on me l’avait dit, le lecteur peut se libérer du récit pour créer sa propre version de l’histoire. La qualité graphique et sensorielle procurent tant d’émotion et de plaisir que l’histoire n’a pas besoin d’être lue pour être ressentie … Dès 3 ans mais pour tous les âges.


J’ai pu lire Du Vert au Vert du même auteur. Cet ouvrage, comme du Bleu au bleu, est un délice visuel. Malheureusement il n’est plus édité et je pense qu’il est introuvable. J’espère que de nombreuses bibliothécaires l’ont acheté pour offrir à tous leurs usagers le plaisir intense de lire une œuvre d’art … Si vous souhaitez plus d’informations sur cet auteur, vous pouvez découvrir sa biographie et sa bibliographie sur le site de l’association les Trois Ourses : ici !

Comme cet auteur comble mon besoin de bleu et mes attirances pour la culture japonaise, j’ai cherché, j’ai fureté et j’ai découvert que des mobiles de Katsumi Komagata sont distribués par Djeco … Comme quoi, je sens que Djeco a la fibre ou bien j’ai le feeling avec eux ! Noël est périmé, la Saint Valentin est passée depuis belle lurette, mon anniversaire est encore loin …C’est dommage !





vendredi 4 octobre 2013

Le panier de Lulu – K.Di Giacomo – 32 p. - Frimousse – 2012 – 5.50 €

 
Je vous ai déjà présenté un ouvrage de cet auteur que j’affectionne Tous les montres ont peur du noir. Dans cet album, oubliez les monstres et la peur de la nuit et ouvrons la porte à l’amitié, au partage et aux plaisirs de la table. Lulu est une dame âgée qui tricote beaucoup. Elle tricote tout le temps. Un point à l’endroit, un point à l’envers, elle tricote tellement qu’elle oublie de garnir son réfrigérateur. Son ventre crie famine. Elle fait donc la liste de ce que son estomac lui réclame : des fraises, une salade, un kiwi, du fromage, du pain et des bananes. Chevauchant sa moto, Lulu va remplir son panier au marché. Ses courses effectuées, elle s’apprête à rentrer chez elle quand elle rencontre son ami l’oiseau. Après quelques échanges cordiaux, son ami lui avoue sa faim car les temps sont durs et les vermisseaux se font rares. Sans hésiter, Lulu lui offre son sachet de fraises. Rassurée sur le sort de son ami, elle reprend la route. Un peu plus loin, elle croise la mine triste de son ami le cochon. Groin au sol, son ami cochon est tiraillé par son estomac qui crie famine aussi. Lulu lui offre alors ses trois bananes. Cochon sourit et la remercie. Chignon au vent, le chemin de Lulu va être ponctué de rencontres amicales mais néanmoins affamées. Ce récit de pérégrination est un vrai plaisir visuel et gustatif. Les illustrations sont un mélange de crayonnés, d’aquarelles et de montages. De nombreux détails de texture sont rendus fidèlement. Les thèmes de la solidarité, de l’entraide et du partage sont abordés avec élégance et sans gnangnanrie. J’ai apprécié de voir une femme âgée sortir du cadre familiale et du rôle de la Grand-Mère qui lui est souvent destiné. Cet album rompt avec l’image de la femme vieillissante. Lulu est une femme Libre, autonome et motarde. Elle se suffit à elle-même et n’a pas besoin de l’appui d’une famille pour être et donner un sens à sa vie. La situation finale est un délice à partager dès 5 ans.
 

mercredi 21 août 2013

Aliocha ou le secret du vent – S.Borten/V.Wowczak/S.Desmazières – 21 p. - Casterman – 2005 – 11.50 €


Aliocha est un jeune garçon qui part à la recherche de sa mère, Mamounia, emprisonnée dans les geôles du Roi des Nuages. Ebloui par la voix et les chants de Mamounia, Le Roi a décidé de l’enlever pour garder Mamounia pour lui seul. C’est mal connaître ce PetitHomme, bien décidé à partir en quête de sa mère. Il devra s’appuyer sur des alliés mystérieux, il affrontera les pires sorcières et les peurs les plus ancestrales pour délivrer sa Maman. Une belle pérégrination qui nous est proposée. De nombreux personnages attachants et connus apparaissent au sein de cet album : Baba Yaga, le Génie du Samovar, l’épouvantail vivant, Ondine et bien d’autres encore … Les illustrations sont généreuses. Le style est agréable et le vocabulaire riche sans être difficile. Les petites notes de bas de pages sont très agréables car elles servent d’accroche et d’introduction à l’épreuve que devra affronter Aliocha à la page suivante. L’enfant orphelin en quête est un thème récurrent de la littérature jeunesse mais Aliocha part retrouver sa mère, ce qui est rare. Les épreuves rencontrées l’endurcissent et lui permettent de découvrir des valeurs morales importantes : le courage, le partage, la vivacité d’esprit. Partir en quête, c’est accepter de changer, de grandir et de devenir grand ! Inspiré de la tradition slave, ce conte est un récit riche, profond qui côtoie les mythes fondateurs.
Le récit est long, il peut donc être lu seul par l’enfant vers 7 ans. Mais les plus petites oreilles se régaleront aussi dès 5 ans pour une lecture sur plusieurs soirs !