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lundi 23 mars 2015

Le tatoueur de ciel – H.ben Kemoun/D.Sala – 32 p. - Casterman – 2015 – 13,95 €


Dans un lointain royaume, le fils du Sultan, Nabo junior, s'éveille au son des gouttes de pluie sur le toit du palais. Cette ondée, qui bouleverse ses plans de jeux, lui est insupportable. Le jeune Nabo entre alors dans une colère noire et convoque le ministre du royaume pour lui ordonner de faire disparaître les nuages. En l'absence du Sultan, parti conquérir de nouveaux territoires, le ministre doit répondre aux besoins mais aussi aux caprices de son jeune maître. Quarante deux charpentiers, deux cent serviteurs, seize ingénieurs, douze éléphants et six énormes ventilateurs sont nécessaires pour chasser les nuages du toit du palais. Malheureusement suite à cette tempête orchestrée, les arbres ont perdu leurs feuilles, les toits n'existent plus, les récoltes sont dévastées et les bateaux du port ont sombré ...Malheureusement les caprices du Prince ne sont pas finis … Le Tatoueur du ciel est un album qui propose un conte initiatique. Il invite le lecteur à réfléchir aux limites du pouvoir et aux conséquences de ses actes. La « folie » du prince, la docilité du ministre, la colère du sultan s'entrechoquent et donnent à penser quelque soit l'âge du PetitProche La morale de cette fable est à deviner au delà des mots. C'est au lecteur de tirer la leçon de vie dont il a envie … Les illustrations de David Sala sont chatoyantes. Ses arabesques invitent au voyage et à l'exotisme. Dès 6 ans.





mardi 22 octobre 2013

La Passe-miroir, tome 1 : les Fiancés de l’hiver – C.Dalbos – 528 p. - Gallimard jeunesse – 2013 – 18 €


Dans un monde post-apocalyptique, Ophélie est une jeune conservatrice d'un musée bien étrange. Ce lieu abrite les objets et les reliques de notre monde actuel. Les habitants de ce monde nouveau apprécient de découvrir ce qu'était notre civilisation au XXIème siècle avant la grande Déchirure qui a éclaté la Terre en milliers d'ilots. Ces néo-terriens appartiennent à des castes issues des survivants de la grande explosion. Ces survivants immortels sont les Esprits de famille. Ils sont adorés comme des Dieux. Chacun transmet un don à toute la génération qu'il a engendrée. Il y a les Illusionnistes, les Animistes, les Dragons, les Nihilistes … Chaque famille reste donc sur son ilot suspendu. Les habitants sont issus des mêmes ancêtres et sont donc tous plus ou moins cousins. Ophélie vit sur Anima et connaît presque tous les résidents de sa cité. Elle a hérité du don de « liseuse », c'est à dire qu'elle peut « lire » le passé des objets en les effleurant avec les doigts. Elle a aussi la capacité de traverser les miroirs pour se rendre là où elle le souhaite. Malgré ses talents prodigieux, Ophélie n'est pas une héroïne du quotidien. Elle est maladroite, taciturne et très timide. Elle ne côtoie pas les jeunes filles de son âge car Ophélie ne s'intéresse ni à la mode, ni aux hommes, ni à la maternité. Elle désespère les membres de sa famille en refusant tous les prétendants qui ont demandé sa main. Malheureusement, les Doyennes de la famille en ont décidé autrement et Ophélie est envoyée au Pôle, dans une contrée sauvage et étrange, la Citacielle. Son fiancé, Thorn, est le grand Intendant de cette cité aux moeurs décalées et aux coutumes qui semblent barbares. Avec ses bras tatoués et son statut de bâtard au sein de la tribu des Dragons, il effraie Ophélie dès leur première rencontre. Sous prétexte de la mettre à l’abri de la férocité de certains membres de sa famille, il la confie à sa tante Berenilde dès leur arrivée à la Citacielle. Caché et tenue au secret dans un palais, Ophélie ne peut compter que sur son chaperon, sa Tante Roseline. Veuve et sans enfant, elle est loin de tenir le rôle de confidente et ressemble plus à la vieille tante complètement gâteuse et originale qui existe malheureusement dans toutes les familles quels que soient l'époque ou le pays  … (Malgré ce portrait bien peu engageant de ma part, j'ai une tendresse particulière pour ce personnage car la tante Roseline a le don de réparer le papier et particulièrement les livres en apposant ses mains sur les déchirures ! Elle est peut-être la documentaliste des premiers siècles post-explosion ! Je suis son ancêtre) Dès leur première rencontre, Ophélie et Thorn comprennent que ce mariage forcé va être difficile à honorer. Ils n'ont aucun goût commun, ils ne partagent rien à part le mépris et l'incompréhension. Ils n'arrivent même pas à communiquer l'un avec l'autre sans créer des quiproquos, des malentendus et des blessures irrémédiables. Ils se détestent, s'évitent mais ils ne peuvent briser cette alliance sans craindre pour leurs vies et la réputation de leurs familles. Effectivement ce mariage n'est rien d'autre qu'une alliance politique ! Ce roman est un roman de fantasy dans une ambiance surannée qui rappelle la Belle Epoque ! Ophélie est une héroïne touchante dont le personnage s’étoffe au fur et à mesure du roman et des passages introspectifs. Les personnages secondaires sont eux aussi complètement envoûtants qu’ils soient les alliés ou les ennemis de le jeune Ophélie. Le suspens est mené avec efficacité. Ce monde post-apocalyptique est saisissant par son originalité. L’onirisme et les jeux de faux-semblants permettent de nombreuses hypothèses de lecture et donnent réellement envie de lire la suite du roman dont l’auteur, Christelle Dalbos promet la publication dans quelques mois. J’ai apprécié les clins d’œil de l’auteur à de nombreux héros de la littérature comme Alice au Pays des Merveilles, Cendrillon, Lyra des Royaumes du Nord et bien d’autres encore et notamment en littérature générale comme le Passe-Muraille de Marcel Aymé et l’Ecume des jours de Boris Vian. J’avoue que ce roman copieux m’a calée plusieurs soirs. Je le conseille donc aux lecteurs pagivores, livrophages qui aiment les ouvrages volumineux et apprécient les histoires qui ne se plient pas en un claquement de doigt ! Dès 12 ans.

Ce roman a remporté le Prix du roman jeunesse RTL-Gallimard-Télérama en juin 2013. Si vous souhaitez découvrir le site du roman ici et la présentation de Télérama .

L’Incandescent, tome 1 : la Société de vigilance permanente – G.Dakin – p.345 p. - Bayard jeunesse – 2013 – 12.50 €


Dans un Londres d’un autre temps mais dans un passé pas si lointain, Théobald est un jeune garçon qui rêve de s’enfuir de l’hôtel particulier dans lequel il est retenu prisonnier depuis sa naissance. Son tuteur, le Docteur Saint ne l’autorise qu’à fréquenter la majordome Monsieur Bon, individu insipide et obséquieux et la gouvernante, Clarisse qui est sourde et muette. Théo ne peut sortir de sa chambre qu’une fois par an pour son anniversaire. Monsieur Bon l’emmène alors, à la nuit tombée, en promenade au cimetière qui jouxte la propriété. D’après son tuteur, Théo est atteint d’une maladie grave qui peut nuire à la population. Cette maladie mystérieuse ne lui permettrait pas non plus de comprendre le monde extérieur. Il vit donc isolé avec quelques bestiaires d’un autre temps comme lecture. Chaque soir, le Docteur Saint le soumet à un terrifiant traitement afin de ralentir sa maladie. Il est immergé dans un immense tube dont les rayons lui infligent d’atroces souffrances. Malgré ses questions incessantes, Théo ne connait ni son passé, ni le monde qui l’entoure, ni le nom de sa maladie. Il pense que ses mains sont les vecteurs de la maladie car il doit porter des gants très épais jour et nuit. Il ne connaît que trois personnes. Il n’a accès à aucune information. Il est enfermé à double tour sous la garde de Monsieur Bon. Lors de sa visite annuelle au cimetière, en échappant au regard vigilant du majordome, il découvre un petit cadeau posé sur une tombe. Son nom y est inscrit en lettre argentée. C’est la première fois qu’il lit son prénom sur un paquet. C’est la première fois qu’il peut toucher un objet extérieur à sa chambre et c’est la première fois qu’il va mentir pour conserver son cadeau en sécurité et au secret …Ce roman est un récit sombre et un brin angoissant. Les aventures de Théobald nous entraînent dans les cimetières, les catacombes et les lieux les plus obscurs de Londres. Il va rencontrer des créatures effrayantes, des garghouls, des smoglodytes, des morts-vivants, des rats-loups … Il va surtout être confronté à des personnages monstrueux qui s’affrontent dans une guerre sans merci depuis la nuit des temps. On se doute que Théo a un rôle majeur à jouer dans cette guerre et que le Docteur Saint l’a tenu prisonnier pour utiliser son pouvoir unique le tripudon, hérité de son aïeul Lord Terremèche. Heureusement Théo va être soutenu par d’originaux mais valeureux compagnons … Peut-être même qu’en découvrant le monde, Théo rencontrera aussi l’amour ! Si vos PetitsProches ont aimé la série l’Epouvanteur, les Hauts-Conteurs et les romans un peu gores, je pense que ce roman les ravira ! Dès 13 ans.

mercredi 16 octobre 2013

Va-t-en guerre – Dedieu – 40 p. - Seuil jeunesse – 2012 – 16 €


Va-t-en-guerre est le troisième album que je présente de Thierry Dedieu, la Guerre des mots ici et le Roi des sables . Vous remarquerez que ces trois ouvrages ont un point commun : la guerre ! Non, ils ont deux points communs : ils sont vraiment intéressants. Dans cet album, le héros est un roi qui aime la guerre. Depuis des années, il prépare ses soldats, il forme des capitaines, il invente des armes cauchemardesques … Il est prêt et attend. Malheureusement Va-t-en-guerre n’a pas d’ennemis ! Il provoque le royaume voisin mais en vain car il est gouverné par un roi pacifiste. Il lève une armée de mercenaires à ses frais pour venir le combattre au pied des murailles mais ces derniers prennent peur devant l’artillerie du roi et de ses soldats. Va-t-en-guerre tourne en rond et se désole, il veut faire la guerre, il veut terrasser des ennemis et démontrer sa force ! Mais comment faire lorsque l’on n’a pas d’ennemi … Cet album graphique joue sur les rapports texte/image. Thierry Dedieu joue parfois sur la disjonction (l’illustration et le texte se contredisent). Ce rapport singulier et fort engage le lecteur à s’interroger et à chercher un sens implicite à cette association originale. Les couleurs sont utilisées avec pertinence. Le blanc et le noir sont les deux valeurs les plus utilisées. On retrouve donc des jeux visuels d’opposition : noir sur blanc, blanc sur noir comme des vues en négatif. Le jaune est utilisé pour symboliser la couronne du roi et deux touches de rouge représentant le sang et la mort. L’auteur a aussi composé cet album en réfléchissant à la pliure centrale. Il l’utilise pour symboliser la frontière mais aussi le miroir et son reflet …Humour, jeux de mots soulignent l’impuissance de Va-t-en-guerre. Les répétitions « Car d’ennemis, il n’avait point » scande la tourne de page et rappelle les chants guerriers ! Un album « tyrannesque » à partager dès 5 ans.
Le blog de Thierry Dedieu : ici !
 
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lundi 7 octobre 2013

Amulet – K.Kibuishi – 185 p. - Akileos – 2008 – 12 €


Suite au décès tragique de son mari, Karen décide de s’installer à la campagne. Elle souhaite aider ses enfants, Emily et Navin, à faire le deuil dans leur père en les éloignant des souvenirs douloureux. La vieille maison héritée est en piteux état. Ils doivent se remonter les manches pour effectuer un grand ménage. Balai à la main, Emily s’égare un peu dans cette nouvelle demeure. Elle découvre la bibliothèque de son célèbre aïeul Silas Charnon. Cet arrière grand père avait la réputation d’être excentrique. En tout cas, il était un inventeur reconnu. Sa bibliothèque regorge de carnets et de livres contenant de nombreuses esquisses d’engins volants, de robots et d’objets étranges. Emily s’arrête devant un pupitre où un manuscrit ouvert dévoile des plans. Elle referme le volume qui révèle une empreinte de main taillée sur le plateau du meuble en bois. Malgré les conseils de son petit frère Navin, Emily pose sa main sur l’empreinte. Elle ressent une vive douleur au doigt.. Son son sang perle goutte à goutte. A cet instant, le plateau bascule et un collier avec un pendentif apparaît à la place du manuscrit. Navin est mal à l’aise. Il se sent observé. Malgré ses coups d’œil furtifs, il n’aperçoit pas l’ombre tapie dans l’obscurité. Emily enfile le collier en faisant promettre à son frère ne pas dévoiler leur secret à Karen, leur mère. Au milieu de la nuit, ils sont tous les trois réveillés par un bruit sourd provenant de la cave. Karen descend pour rassurer ses enfants. Malheureusement, quelques minutes plus tard, Emily et Navin entendent les cris de leur mère au sous-sol. Sans hésiter, ils courent à la cave. D’étranges phénomènes lumineux apparaissent … Ils sont attaqués par un monstre pieuvre qui garde prisonnière leur mère dans son abdomen cage. Malgré leur lutte, Navin est avalé. Emily est déjà entourée de tentacules quand par magie et grâce à la pierre de son collier, elle blesse le monstre qui fuit immédiatement. Aidé par sa sœur, le jeune Navin parvient à se hisser par un orifice du monstre et à s’échapper de l’abdomen cage. Les deux enfants le poursuivent et malgré leur course effrénée, ils le perdent de vue. Ils comprennent rapidement qu’ils ont atteint un autre monde et qu’ils sont perdus. La pierre d’Emily lui prodigue alors des conseils précieux et lui indique le chemin pour trouver refuge auprès de leur aïeul Silas. Il saura les aider pour retrouver et sauver leur mère … En quelques heures, Emily apprend qu’elle a été choisie par son arrière grand-Père pour devenir Gardien de la Pierre afin de sauver un monde qui est désormais le leur …Heureusement, j’ai eu la bonne idée d’emprunter les cinq volumes à la bibliothèque. Je ne suis pas déçue d’avoir sacrifié une carte complète de prêt pour cette découverte. Dès les premières pages, j’étais happée. Le suspens est intense. Le rythme est trépidant. Les émotions s’enchaînent. La peur et l’angoisse sont savamment dosées. Les flashbacks permettent de comprendre tous les enjeux de la mission d’Emily et des Gardiens de la Pierre. La quête d’Emily se complexifie au fur et à mesure des tomes. Les personnages sont fouillés et offrent tout un panel d’identifications. Le thème de la filiation et de l’hérédité sont développés avec intelligence. Les illustrations rappellent les caractéristiques des albums manga. Les doubles pages de paysage sont fabuleuses et permettent de s’évader ! J’ai apprécié de retrouver toute une culture fantasy : les œuvres de Miyazaki sont présentes tout au long des mille pages de cette série comme la maison dans le ciel, la cabane de Porco Rosso, le château ambulant … J’ai aussi retrouvé le thème du robot géant comme Goldorak. La Pierre magique rappelle l’Anneau de J.R.R. Tolkien. J’avais l’impression de suivre les inspirations de Kazu Kibuishi. Il a su se les approprier avec talent pour nous offrir un monde « merveilleux » ! Nous sommes quatre à avoir lu cette série à la maison, MoyenGrand, GrandGrand, mon mari et moi. Vote unanime à main levée, meilleure série de bande dessinée pour le premier semestre 2013 ! Certains scènes sont rudes, je le conseille donc aux enfants à partir de 12 ans vraiment.

dimanche 29 septembre 2013

Nausicaä – H.Miyazaki – 134 p. - Glénat – 2009 – 10.75 €



Je porte une admiration sans borne à Hayao Miyazaki. Ces films d'animation sont à mon sens des chefs-d'oeuvre. A chaque visionnage, je trouve des cheminements nouveaux, des concepts innovants, des voies de réflexion inexplorées. Je suis fan, à genou ! J'ai vu Nausicaä de nombreuses fois accompagnée ou non de mes fils. Ce film les a intéressés à 6 ans, à 8 et toujours à 12 ans. Je ne peux que vous conseiller de le voir et tous les autres sans exception. Cette série de manga Nausicaä de la vallée du vent a d'abord été publiée dans la revue Animage. Son succès a permis la création du studio Ghibli et l'adaptation de cette série en film en 1984. Dans ce récit post-apocalyptique, la Terre est dévastée. Elle est recouverte d'une forêt toxique : la mer de la décomposition. Cette forêt de bactéries empoisonnées répand des vapeurs et des spores mortels pour les hommes. Seuls les insectes sont capables de survivre dans cette jungle nocive. Ils se sont adaptés et sont devenus de gigantesques arthropodes. Les hommes vivent en petits villages isolés. Installés sous les vents marins pour se protéger des vapeurs toxiques, ils n'ont de cesse de se combattre pour gagner du terrain et asseoir leur puissance. De nombreuses alliances militaires associent ces tribus en deux camps que tout oppose : l'empire Tolmèque et l'empire Dork. Les populations décroissent au fil des années et malgré leurs masques et leurs techniques de protection contre les spores, peu de jeunes habitants atteignent l'âge adulte. Le Roi Jill de la Vallée du vent est mourant. Sur ses onze enfants, dix sont décédés. En ces temps de mobilisation militaire, le Roi Jill confie ses armes à sa fille devenue unique : Nausicaä. A 16 ans, elle porte tous les espoirs de son père et des quelques cinq cents habitants de la Vallée du vent. A quelques jours du départ pour rejoindre les troupes de l'empereur Vuh, Nausicaä, accompagnée de son oncle Mito, porte secours à un bombardier en détresse. Tous les passagers meurent dans le crash de l'appareil. A la recherche de survivants, ils réussissent à extraire une jeune femme des débris. Mito reconnaît immédiatement la Princesse Lastel du comté de Pejite. Avant de mourir, Lastel confie à Nausicaä une fiole. Son dernier souffle est un voeu, elle lui demande de protéger cette fiole et de l'apporter à son frère. Nausicaä est désormais investie d'une double mission : protéger la population de la Vallée du vent dont elle a la responsabilité et rendre la mystérieuse fiole de la Princesse Lastel à son frère, le Prince de Pejite. En quelques heures, Nausicaä quitte l'enfance. Elle devra affronter les gardes impériaux qui envahissent les terres de la Vallée du Vent à la recherche de la fiole de Pejite. Sa colère et sa détermination seront des éléments déclencheurs d'une transformation profonde de sa personnalité et de son être. Elle dépassera les enjeux des guerres intestines pour convaincre les hommes de vivre en harmonie avec la nature. Nausicaä ne craindra pas la métamorphose pour se révéler à elle-même et aux autres à l'image de cette nature dont elle est la gardienne. Le récit est complexe et peut nécessiter plusieurs lectures mais c'est avec plaisir que GrandGrand et moi avons replongé dans cette fukaï. Le manga est réalisé en noir et blanc. Parfois, il est difficile de reconnaître les personnages. Je pense que ces ressemblances ne sont pas dues au hasard. Je conseille de lire la série Nausicaä en s'appuyant sur le film d'animation. Les réceptions de ce manga sur les deux supports se complètent et enrichissent la perception de cette oeuvre poétique et philosophique. Dès 12 ans.
 


lundi 23 septembre 2013

Le pouvoir des Cinq, tome 1 : Raven’s gate – A.Horowitz – 332 p. - Hachette – 2012 – 5.90 €


Matthew Freeman est un jeune homme qui sombre dans la délinquance. Vols, recels et manigances occupent ses journées. Cela fait bien longtemps qu’il ne suit plus les cours de son établissement scolaire. Il traîne, il zone dans la banlieue d’Ipswich avec des copains peu fréquentables et particulièrement avec Kelvin, le rebelle. Kelvin lui a proposé un coup d’enfer, un braquage inratable : ils ont rendez-vous pour vider un hangar de stockage de matériels high-tech. Matt sait que ce vol est plus grave que les petites entourloupes habituelles. Il sait qu’il va commettre un délit condamnable mais il se laisse entraîner par Kelvin. Comme le laissait présager ses appréhensions, Matt et Kelvin sont surpris par un gardien. Affolé Kelvin le poignarde et s’enfuit. Matt est arrêté quelques minutes plus tard. Mineur, il est convoqué par un juge pour enfants. Madame le Juge décide de lui offrir une dernière chance : le programme L.E.F.A. Liberté et Education en Famille d’Accueil. Matt va être envoyé chez Jayne Deverill à Leser Malling. Il devra aider aux travaux de la ferme en échange d’un toit, d’un environnement familial et d’un cadre sécurisant. Leur rencontre se déroule sous les yeux de la Tante de Matt : Gwenda qui est soulagée de voir son « horrible neveu » sortir de sa vie. Quelques années auparavant, Matt a perdu ses parents dans un accident de voiture et Tante Gwenda a hérité de ce fardeau qu’elle et son mari ont bien des difficultés à supporter. La nuit précédant l’accident, Matt avait rêvé de la mort de ses parents. Il savait que la voiture allait tomber d’un pont et sombrer au plus profond d’un fleuve. Prétextant une migraine, il était resté sous la surveillance de Mme Green, la voisine. Son père, médecin et cartésien, ne supportait pas que Matthew raconte ses rêves étrangement prémonitoires. Dès son plus jeune âge, il avait appris à taire ses appréhensions et ses pressentiments. Aujourd’hui encore, pas une journée ne se passe sans qu’il ne ressente l’horrible poids de la culpabilité. Dans le bus les menant au plus profond de la campagne anglaise, Matt et Mme Deverill font connaissance. Mme Deverill rappelle à Matt qu’il devra travailler et obéir à la ferme sous peine de sanctions. Cette ferme est une ancienne bâtisse enfouie à des kilomètres de toute civilisation, une immense forêt de pins emprisonne tout le domaine. Mme Deverill est veuve. Elle vit avec un chat aux yeux perçants dont le regard semble deviner les moindres pensées de Matt. Pas de connexion internet, pas de télévision, pas de livres … Matt se sent perdu. Rapidement Mme Deverill coince Matt dans un rythme épuisant. Il est abruti par le travail. Sa seule visite au village s’est soldée par la rencontre avec des villageois bien étranges : un pharmacien resté à l’époque des fioles et des poudres de perlinpimpim, des enfants qui prennent plaisir à égorger les canards et d’une femme qui pousse un landau contenant une poupée de chiffons. D’affreux cauchemars l’obsèdent. Comme dans son enfance, Matt est envahi par des intuitions et des présages. Une nuit, il est réveillé par des chuchotements, des bruits et des lumières étranges à l’orée de la forêt bordant la ferme. Malgré une fatigue lancinante, Matt se concentre sur les chuchotements, il entend des voix, de nombreuses voix qui s’accordent pour incanter, pour psalmodier … Matt est terrifié et décide de s’enfuir …Malheureusement, il va être confronté à de nombreux périls. Seul, il devra découvrir le secret de Mme Deverill et des habitants du village. Après bien des dangers, Matt trouvera le soutien d’un journaliste Richard Cole et d’un groupe de puissants stratèges NEXUS. Il apprendra qu’il est l’un des Cinq gardiens … Quatre garçons et une fille aux pouvoirs immenses pour protéger le monde, des Ténèbres ! Je ne sais pas comment Anthony Horowitz réussit l’exploit d’écrire un récit si riche et si dense en si peu de pages ! Ce résumé ne présente que les grandes lignes de ce roman intense. Tous les ingrédients sont réunis, l’enfant élu, orphelin doté de pouvoirs extra sensoriels, les forces du mal, la quête, l’errance, les dangers … La lecture offre un suspens soutenu. Le style fluide entraîne le lecteur au cœur des actions et des aventures. Le personnage de Matt est un héros au caractère complexe et profond. Une scène d’anthologie au Muséum d’histoire naturelle de Londres est à déguster aux heures lumineuses de la journée pour la digérer avant la nuit ! Cette série comporte 5 tomes pour l’instant. GrandGrand m’épuise pour acheter rapidement tous les volumes. La porte des Ténèbres vous attend ! Dès 13 ans pour les lecteurs n’ont plus peur du noir et de la nuit !



 

mercredi 21 août 2013

Prince de naissance, attentif de nature – J.Benameur / K .Couprie - Editions Thierry Magnier – 2004 – 17.39 €


J’ai choisi cet album car j’essaie de lire tous les ouvrages de Katy Couprie, j’aimerais mieux connaître cette illustratrice dont les œuvres me font voyager. Je n’avais pas vraiment regardé la couverture et j’ai été surprise en découvrant un album hors des albums «classiques». Les illustrations sont des photographies de personnages en carton en milieu naturel. Dès la page de garde, le personnage semble sorti de son carton comme un pinocchio qui profiterait du sommeil de son créateur. Couronné, ce prince regarde avec attention le carton dont il vient de s’extraire, de dos, il semble étonné de son exploit. A la première page, on retrouve notre prince qui arpente un chemin. Effectivement, malgré sa noble naissance, il aime se promener en forêt accompagné de sa nourrice qui trouve que ce prince deviendra un roi bon et juste car il est très attentif à toutes les formes de vie qu’il croise. Il évite d’écraser les insectes, il va discrètement pour ne pas déranger les animaux. Mais à la mort de ses parents, il devient roi à son tour. Les obligations du royaume, les conseillers du trône, le détournent de ses préoccupations et briment son empathie naturelle pour les autres. Surtout que les tambours de la guerre appellent tous les hommes dans les rangs. De guerre en guerre, de royaume en royaume, notre jeune roi perd complètement les rênes de sa vie et de ses envies. Heureusement, notre roi, attentif de nature, trouvera la force de dire non et de gouverner comme bon lui semble …Cet album est vraiment différent. L’histoire est surprenante et semble anecdoctique mais j’ai trouvé une réelle richesse dans les thèmes traités, tout d’abord le passage délicat de l’enfance à l’âge adulte : serais-je un adulte fidèle à l’enfant que je suis ? Puis les thèmes de l’amitié, de la performance, de la gloire sont touchants. Le récit est d’une grande finesse et d’une qualité rare. J’ai aimé la métaphore du baptême, de la nécessité de retourner aux sources pour trouver en soi ce que l’on désire être ou pas. Les photomontages sont époustouflants et donnent encore plus de force au récit. Les jeux de point de vue, de zoom, de champ-contre champ permettent d’entrer dans l’image. Cet album innovant est une vraie réussite. Il porte un message d’espoir à tous les jeunes lecteurs. Dès 7 ans.
 
 

mardi 23 juillet 2013

Les Eveilleurs, tome 1 : Salicande – P.Alphen – 528 p. - 2012 - Hachette Jeunesse – 6.56 €

 
Dans un monde post-apocalyptique, Claris et Jad sont des jumeaux « extra-ordinaires ». Claris est une jeune fille vive, enjouée et aventurière alors que son frère Jad est terrassé par un mal inexpliqué qui le laisse sans force. Leur Père, Eben, gouverneur de la Province est un homme mélancolique depuis la disparition sa femme. Dans ce monde revenu à une vie médiévale, Claris s’ennuie et souhaite découvrir le monde. Jad, lui, est envahi par des visions qui l’empêchent de prendre réellement pied dans la vie des enfants de son âge. Dans ce XXIIIème siècle, les hommes vivent en harmonie avec la nature, toute technologie est prohibée. Un jour de marché, Jad et Claris découvrent les « Abdiquants », individus qui ont renoncé à la vie en communauté pour se concentrer à l’élévation spirituelle. A la vue des Jumeaux, les Abdiquants entrent en transe et leur annoncent que « Ce qui fut enfoui ressurgira, ce qui fut nié éclatera, l’Ange sera retrouvé, du passé et de l’avenir elle surgira, réunis les enfants séparés, les rêveurs seront éveillés, les éveilleurs accompliront leur destinée » … Claris et Jad sont-ils les enfants de la Prophétie ? Le récit est riche et de grande qualité. Le style est fluide et permet aux enfants de se laisser porter par l’écriture pour découvrir ce monde merveilleux de Salicande. Effectivement, ce roman n’est pas un roman jeunesse, vite lu et hop, on oublie. Non, lire les Eveilleurs, c’est arpenter les rues de Salicande, c’est goûter le chococaf, c’est apprécier une civilisation, c’est rencontrer des tribus et vivre leurs rites les yeux émerveillés. Proposer Les Eveilleurs à un enfant, c’est lui offrir un voyage qui enrichira sa vision du monde réel et des mondes imaginaires, futurs et passés. Pauline Alphen tient un blog qui permet aux enfants de comprendre comment elle construit ses romans, quelles sont ses sources d’inspiration. Ils peuvent lui poser des questions par ce biais, c’est une expérience vraiment intéressante pour les enfants. Non, les écrivains ne sont pas tous vieux ou morts !
  
J’ai rencontré Pauline Alphen au Salon du livre et en plus d’être un écrivain jeunesse talentueuse, c’est une femme de qualité.
 
Interview de l’auteur par Stephane de Pasquale sur RTL : http://videos.lesoir.be/video/iLyROoafI3FA.html



Les Eveilleurs, tome 2 : Ailleurs – P.Alphen – 360 p.
Hachette Jeunesse – 6.56 €




Les Eveilleurs, tome 3 : l'Alliance - P.Alphen - 360 p.
Hachette Jeunesse – 14.95 €

L'Autre, Tome 1 : Le Souffle de la Hyène – P. Bottero – 314 p. - 2012 - Livre de poche – 7.32 €


Nathan est un jeune homme exceptionnel. Ses performances sportives sont stupéfiantes. A la demande de ses parents, il doit rester discret et cacher ses talents hors du commun. D’ailleurs, il n’a pas le temps de se faire des amis intimes car sa famille et lui-même déménagent très fréquemment. Un soir, en sortant de chez lui, Nathan tombe à terre écrasé par le souffle d’une explosion. Sa maison est en feu, Nathan est désormais orphelin. A partir de cet instant, sa vie va basculer ! Ce roman est un condensé de lecture passionnante : un héros attachant, des pouvoirs surnaturels, le thème de la quête et une amitié intense. Ce roman est le premier volume d’une trilogie qui ne perd pas de sa pertinence à fur et à mesure des tomes. Lecture captivante, envoûtante, récit sous tension : j’adore !
J’ai une pensée particulière pour Pierre Bottero, disparu il y a 3 ans maintenant. Ce jour là, la littérature a perdu un auteur de talent et les nombreux romans qu’il aurait dû écrire me manquent.
 
L'Autre, Tome 2 : le Maître des tempêtes – P. Bottero – 349 p.
Livre de poche – 7.32 €



L'Autre, Tome 3 : la Huitième Porte – P. Bottero – 378 p.
Livre de poche – 7.32 €

lundi 22 juillet 2013

L’Homme-Bonsaï – F.Bernard – F.Roca – 48 p. - Albin Michel Jeunesse – 2003 - 14.35 €

 
Ame sensible s’abstenir ! Si vous recherchez un album plaisant, un conte traditionnel, ne choisissez pas cet ouvrage. Si par contre, vous souhaitez offrir de l’adrénaline, du dépaysement, de la testotérone : cet album est pour vous !
L’histoire commence au sein d’une taverne sombre et enfumée. Le capitaine O’Murphy raconte un de ses récits de marin : le périple et la vie incroyable d’Amédée. Amédée est potier quand il est réduit en esclavage à bord d’un navire commandé par un horrible pirate, le Capitaine Stroke. Amédée est le souffre douleur de l’équipage, il est accusé à tort du crime du quartier-maître. Son sort est scellé et il est débarqué sur une île déserte. A la recherche de bois mort afin de faire un feu, Amédée se penche pour passer sous un arbre et c’est à ce moment qu’une graine de l’arbre lui tombe sur la tête. Le lendemain, Amédée sent une toute petite feuille percer son cuir chevelu. De jour en jour, l’arbre prend racine dans son corps. Amédée essaye de s’entailler le crâne, de sectionner les branches mais ses essais sont voués à l’échec. Amédée dépérit et son arbre croit magnifiquement. Amaigri, désorienté, Amédée s’écroule sur la plage alors qu’une jonque accoste …Je ne vous raconte pas toute l’histoire car c’est un vrai plaisir de le découvrir ! Album ambitieux, un peu mystérieux, extravagant, insolite et légèrement effrayant. Il fait le bonheur de mes fils de 10 et 11 ans. Ils y voient le dépassement de soi, l’intransigeance du destin, la marque du héros, la loi du Talion. Certaines références littéraires, artistiques et religieuses peuvent être difficiles à percevoir pour des enfants mais j’ai confiance en eux et je suis sûre qu’ils se souviendront de cet album quand ils rencontreront plus tard les références employées.
En conclusion, album novateur, masculin que je conseille aux lecteurs confirmés et armés.

jeudi 18 juillet 2013

L'alchimiste, Tome 1 : Les secrets de l'immortel Nicolas Flamel – M. Scott – 360 p. - Pocket Jeunesse – 2011 - 7.60 €


Vous êtes prêts à courir, à vous défendre, à vous cacher ! Alors ouvrez ce livre, vous ne serez pas déçus. A notre époque, aux Etats Unis, Josh et Sophie sont des adolescents sans histoire : le lien gémellaire les rend très proches et ils ont décidé de travailler dans deux boutiques proches pendant leurs vacances. Sophie travaille dans un salon de thé et Josh vend des livres dans une librairie tenue par un homme âgé très attachant. Alors que Sophie prépare une commande passée en terrasse, elle aperçoit la librairie mise à sac par un groupe d’hommes mystérieux. Affolée, elle rejoint les lieux pour sauver son frère. En quelques heures, Josh et Sophie découvrent alors que le libraire est Nicolas Flamel, qu’il détient le Codex et le secret de l’immortalité, qu’eux mêmes sont peut-être les sauveurs de notre monde. Afin de savoir s’ils sont bien les Elus gémellaires tant attendus, ils doivent se surpasser et se révéler Etres mythiques et magiques ! Ils vont rencontrer d’anciens héros : Jeanne d’Arc, Mars, Morrigan, Bastet …Certains de ces héros aideront les Jumeaux dans leurs métamorphoses …
J’ai aimé le rythme endiablé de ce roman. J’ai aimé le mélange savamment dosé de réel, de mythe et de magie. J’ai aimé le jeu fin sur la gémellité : est-ce que le fait d’être jumeau est en soi un lien magique, « extra »ordinaire …Ce livre est comme un bon film d’action : décoiffant et dépaysant. Les tomes qui suivent
sont tout aussi palpitants !