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mardi 10 décembre 2013

Monsieur 2 D – B.Heitz – 36 p. - Le Rouergue – 2012 – 16.50 €


Le héros de cet album ne se satisfait pas de sa condition d’être de papier en 2 dimensions. Il aspire à connaître ses origines et décide de plonger dans son empreinte évidée par curiosité et par défi. Son voyage de papier l’entraîne de plus en plus profondément jusqu’à découvrir un monde en 3 dimensions. Il n’y découvrira pas le pourquoi de son manque de volume mais il trouvera l’amour et un astucieux moyen de changer son destin ! Cet album résolument graphique propose une histoire qui ne manque ni d’humour, ni de jeux de mots savoureux. Les créations en volume, la finesse des pliages, les mises en scène, la pertinence des jeux avec les ombres, la pliure et la tourne de page font de ce livre, un album original et percutant ! Dès 7 ans.
Si vous aimez les créations de papier et les héros torturés : Pourquoi tu ne m’aimes pas ? M.Bourre : ici !
 
 

dimanche 8 décembre 2013

La Légende du roi errant – L.Gallego Garcia – 270 p. - Le Joie de lire – 2013 – 10.90 €


Il y a longtemps vivait un prince arabe qui était reconnu et aimé pour sa générosité, sa courtoisie et son élégance. Ce prince, Walid Ibn Huyr, était aussi un diplomate subtil qui ne craignait pas de prendre l’épée lorsque les négociations échouaient. En valeureux guerrier, il défendait avec bravoure sa cité, Kinda. Malgré ses nombreux succès, ce jeune prince ne rêvait que d’une chose : devenir un poète reconnu. En effet, à cette époque, en Arabie, la poésie est un art qui gouverne le cœur et l’honneur des hommes. Walid demande la permission à son père, le roi, de participer au plus grand concours de poésie à Ukaz. Il pense gagner la joute poétique et obtenir l’honneur de voir sa qasida écrite en lettres d’or et exposée au temple de la Ka’bah. Malheureusement le Roi refuse. Il craint que son fils ne soit ridiculisé. Il ne veut pas que le futur roi soit la risée de la population. Il propose alors à Walid d’organiser un concours dans leur cité afin qu’il lui prouve qu’il est le meilleur poète du royaume. Par malheur, Walid échoue trois fois à son propre concours. Chaque année, il est devancé par un pauvre tisserand, Amir Ibn Hammad. Défaite après défaite, la haine mais aussi le désarroi du prince s’amplifient. Il décide alors de tendre un piège à son concurrent … Le Prince du désert vient alors de nouer les fils de son destin et lui seul pourra délier ses chaînes pour redevenir un homme libre et fier. Ce roman ressemble à une odyssée. Les aventures du Prince nous entraînent vers des contrées sauvages et exotiques. Il rencontrera des hommes inoubliables et surtout l’amour auprès de la belle Zahra. J’ai apprécié ce personnage de Walid, prince du désert, homme complexe et tourmenté. Son évolution incite le lecteur à le détester, à l’aimer et enfin à l’admirer. Le style est vraiment plaisant et de belles métaphores sont à découvrir. Ce roman qui est un récit d’initiation plaira aux jeunes lecteurs confirmés. Dès 12 ans.

mardi 22 octobre 2013

Ferrailleurs des mers – P.Bacigalupi – 395 p. - Au Diable Vauvert – 2013 – 18 €


GrandeChérie m’a conseillée ce livre. Une fois de plus son conseil a fait mouche car j’ai dévoré Ferrailleurs des mers en quelques heures. Dans un monde post-apocalyptique, à la fin du XXIème siècle, notre civilisation a disparu. Les hommes vivent selon deux catégories, les riches et les pauvres. L’esclavage règne sur tous les continents. La loi du talion et les règlements de compte sont les seules lois connues. On vend ses reins, ses enfants et son sang pour survivre et se défendre des dealers, des proxénètes et des tueurs en tout genre. Les plus riches ont réussi à imposer l’argent comme ordre moral. Ils naviguent sur de superbes clippers et traversent les mers pour marchander et échanger avec le plus offrant. Ils sont protégés par des mi-bêtes. Des hommes génétiquement modifiés avec des ADN de chien, tigre et de hyène qui leur jurent fidélité jusqu’à la mort. Ce nouveau monde sauvage et inhumain ne laisse que peu d’espérance de vie à Nailer, jeune homme chétif, livré à lui-même. Battu par son père, il tente de survivre en travaillant dur avec ses coéquipiers qui sont aussi ses campagnons d’infortune. Ils vivent sur une plage bidonville près des côtes de la Louisiane. Ils passent leurs journées à ramper dans les épaves des cargos et des super-tankers. Nailer doit récupérer les kilomètres de câble laissés dans les entrailles des anciens monstres des mers. Il en va de sa survie car il a un quota à respecter. Son équipe de « légers » et lui ont la tâche de ramener un maximum de cuivre, d’aluminium et de nickel. Leur chef, Bapi, est un tyran qui ne craint pas de maltraiter son équipe pour gagner le plus de billets rouges possible. Après le passage d’une terrible tempête, une tueuse de villes, Nailer et sa meilleure amie, Pima, découvrent un clipper échoué sur une île proche de leur plage de travail. Ils prient tous deux le Dieu Ferrailleur et le Destin d’être tombé sur ce bateau dont ils vont pouvoir tirer des kilos de matériaux précieux. Ils n’hésitent pas à faire les poches des cadavres retrouvés dans les coursives. Dans une des luxueuses cabines, ils tentent de retirer les bagues en or d’une jeune fille qui semble morte ensevelie sous le poids du lit retourné. Malheureusement les doigts de la jolie jeune fille ont gonflé et les bagues ne glissent pas. Nailer décide alors de lui trancher le majeur pour récupérer les quelques grammes d’or. Il appuie fermement sur la jointure de la phalange mais s’arrête lorsqu’il voit les deux grands yeux noirs de la jeune fille posés sur lui … Après ce regard, la vie de Nailer va basculer … Ce roman de science-fiction est haletant. Le style de Paolo Bacigalupi est agréable et la compréhension du récit est facile. Certaines scènes sont rudes et demandent aux lecteurs d’être un peu aguerris. La course poursuite de Nailer avec sa « jeune richarde » Nita permet de découvrir un monde effrayant et une Amérique détruite par les ouragans. Leurs relations ambiguës évoluent tout au long de leurs péripéties. Ils s’aiment parfois, ils se détestent souvent mais ils ont besoin l’un de l’autre pour survivre … Les thèmes de la filiation et du libre-arbitre sont menés avec pertinence. Une lecture d’évasion que je conseille aux bons lecteurs dès 13 ans.
Je ne connaissais pas cette maison d’édition mais j’ai inscrit Au Diable Vauvert section jeunesse dans le flux-veille de mon cerveau !
Michel Abescat présente Ferrailleurs des mers dans Télérama : ici !
 

mercredi 25 septembre 2013

La Princesse parfaite – V.Dumas/F.Kessler – 30 p. - Thierry Magnier – 2010 – 15.25 €/4.95 €

Dans un ancien royaume, un peu merveilleux, un peu farfelu, un Roi tombe amoureux d’une très belle femme qui devient la Reine. Ils s’aiment. Ils se marient et ont une fille : une princesse. La tradition veut que toutes les fées du royaume se retrouvent autour du berceau. Celle qui formulera le don le plus prestigieux deviendra la Marraine officielle de la Princesse. La coutume veut aussi que le don choisi par le couple royal devienne le prénom de la descendance royale. Toutes les fées se démènent pour se distinguer. Elle ne se prénommera pas Princesse-Elégance, ni Princesse-Musique, ni Princesse-Prospérité, encore moins Princesse-Modestie ou Princesse-Confiance. Elle a failli s’appeler Princesse-Clémence mais la timide fée qui proposait ce vœu se fait voler la vedette par la grande et la magnifique Fée rousse : la Fée Margareth. Elle gagne la voix du Roi attiré autant par le vœu que par la fée : la Princesse sera Princesse-Perfection. Il est vrai qu’on peut difficilement critiquer ce vœu qui décidera du caractère et du prénom de la future reine. Le sort est jeté et jusqu’à ses seize ans, Princesse-Parfaite sera sous la domination de l’ensorcellement. Elle sera élégante, cultivée et obéissante. Son père est fier de sa fille. Malheureusement la Reine tombe gravement malade et avant de mourir rappelle à sa fille qu’à seize ans, le charme peut être rompu … Que décidera Princesse-Parfaite ? Comment va-t-elle affronter la vie sans la bienveillance de sa mère adorée ? Restera-t-elle sous le charme de la perfection ou prendra t-elle le risque de mener sa propre vie ? Cet album est une belle allégorie de la vie. Tous les enfants en bas-âge sont parfaits (enfin presque, il faut enlever les Pinochet, les Néron, les Insomniaques, et les antéchrist…). Ils font tout leur possible pour correspondre à l’image que nous avons de l’enfant idéal. Mais un jour, le carcan craque, la personnalité se dévoile. Des conflits peuvent apparaître. Cet album incite l’enfant à s’interroger sur ce qui est important pour lui. Qui est-il et qu’a-t-il envie de devenir ? Présenté comme un album au récit drôle, ce livre est plus profond et plus mordant qu’il n’y paraît ! Les illustrations sont percutantes. Les fées sont parfois très sexy chaussées de cuissardes léopard, de décolletés vertigineux. Les dessins sont très travaillés. Les lignes de perspectives, les couleurs, les débordements, les cadrages sont réfléchis afin d’approfondir et d’enrichir la lecture. J’ai vraiment adoré cet album que je conseille dès 7 ans mais il est aussi un bel album à partager plus grand.
 

jeudi 29 août 2013

Moi j’attends – D.Cali/S.Bloch – 40 p. - Sarbacane – 2005 – 13.90 €


Un format original pour un album original qui ne tient qu’à un fil. Un simple fil de coton rouge se déroule tout au long de cet album. Il représente la vie et surtout cet état d’attente permanent dans lequel nous sommes tout au long de notre existence. Nous attendons de grandir, nous attendons l’amour, nous attendons un enfant, nous attendons que les enfants grandissent … Ce lien tressé est savamment mis en scène dans les illustrations de Serge Bloch pour représenter tantôt l’écharpe de la bien-aimée, tantôt le cordon ombilical du nouveau-né … En suivant ce simple cordon écarlate, nous découvrons la vie d’un homme de la petite enfance à la vieillesse. Le récit est simple, tendre et lumineux. Sans mièvrerie, nous suivons les aléas de sa vie, la guerre, le veuvage mais aussi ses réussites, son mariage au long cours, ses enfants et ses petits enfants. J’ai été touchée par cet album original et ambitieux que je pense d’ailleurs offrir à un proche qui se marie bientôt …
 

jeudi 1 août 2013

Elvis – R.Dautremer – 44 p. - Gautier-Languereau – 2008 – 16.75 €


Cet album est un vieil ami. Je l’ai acheté dès sa sortie en 2008. Je le relis régulièrement car parcourir les pages de cet album, c’est s’offrir un voyage extraordinaire. Lors de ce voyage, on rencontre et on découvre Elvis. Elvis imaginé, rêvé : une hypothèse de vie et de succès. Les parents d’Elvis étaient très pauvres, pourtant pour ces dix ans, il va recevoir un très beau cadeau, un cadeau qui va changer sa vie. Elvis reçoit la guitare de son père. Le format de cet ouvrage permet des illustrations grand format, déplié 60x36 autant vous dire que vous entrez dans l’image et le monde autour de vous s’arrête de tourner. Des couleurs magnifiques, des décors époustouflants, on embarque à côté d’Elvis, dans sa Cadillac rose, en route pour Las Vegas. Le récit est tout en retenu, le style est fluide et permet toutes les interprétations possibles. J’ai déjà choisi ma version d’Elvis, « confortablement installé dans un fauteuil à bascule, il joue de la guitare. Il joue pour ceux qu’il aime. Il joue pour sa mère et pour son père. Et il joue pour Priscilla. » Je ne vous présente plus Rebecca Dautremer, malgré toutes mes lectures, elle garde une place de choix, une place à part, ses dessins me font frissonner et demander grâce. A propos de cet album, vous pouvez découvrir son interview ici : Interview de Rebecca Dautremer.

mercredi 31 juillet 2013

Galymède : fée blanche, ombre de Thym – M.Fierpied – 418 p. - Ecole des loisirs – 2012 – 12.50 €

 
Au salon du livre jeunesse, j’avais acheté Chroniques de l’Université invisible de Maëlle Fierpied. J’avais beaucoup aimé le style de l’auteur et je trouvais que l’intrigue était bien menée : de la littérature ado réussie ! Lorsque j’ai vu son nouveau roman et cette petite fée, je n’ai pas résisté. Mon GrandGrand a soufflé car l’illustration de couverture ne lui convenait pas (trop féminin pour lui !). En me couchant, je me régalais d’avance et j’avais bien raison car ce nouveau roman est une encore une belle réussite. Galymède est une fée mais une fée moderne, elle vit à Paris, travaille et attend la nuit pour effectuer ses missions : réaliser nos vœux, se pencher sur les berceaux des nouveaux-nés et nous aider, nous humains. Mais de nos jours, de moins en moins d’humains forment de vœux, les fées marraines n’ont plus leurs places dans les maternités : Galymède s’ennuie et broie du noir. D’ailleurs son ami Loup, lui avoue qu’elle se transforme de plus en plus et sa transparence dorée disparaît au profit d’une couleur violacée. Cette couleur prouve que Galymède se métamorphose en fée noire. Elle risque de perdre ses pouvoirs magiques propres aux fées blanches. Sur les conseils de Mère-Grand, elle décide de reprendre sa magie en main. Elle doit retourner en Féerie, pays natal des fées, elfes, nains et autres êtres mythiques pour se baigner dans la Source. Cette eau au pouvoir ancestral devrait lui redonner ses pouvoirs et le moral. Accompagnée de son ami Loup et d’une gargouille protectrice, Galymède retourne aux sources. Mais cette petite escapade ne se déroulera pas comme prévu. Elle devra affronter des êtres maléfiques, dépasser ses petits tracas afin de mener une quête mystérieuse mais impérieuse. Le roman commence comme un récit de pérégrination frais et drôle puis Galymède vous entraîne dans des contrées obscures aux mœurs sauvages. Elle devra lutter contre le racisme, l’esclavage et l’obscurantisme. Accompagnée de Loup et d’amis fidèles, elle sera témoin de belles histoires d’amour et d’amitié. Galymède se révèlera aux autres et à elle-même …J’ai aimé les nombreux clins d’œil aux univers de la mythologie, du conte, des récits épiques et de la fantasy. J’ai apprécié les récits croisés des personnages. Ces derniers sont fameux et étonnants. L’histoire se complexifie et s’enrichit au fur et à mesure des pages tout comme le suspens.. Elle sera témoin de belles histoires d’amour et d’amitié. Même si une fée dorée parade sur la couverture, ce roman est destiné à tous les jeunes gens dès 9 ans.
 
 

samedi 27 juillet 2013

Prince des nuages – C.Galfard – 322 p. - Pocket jeunesse – 2011 - 7.60 €

C’est sûrement parce que le tome 2 va bientôt être en vente que ce roman est ressorti des cartons des libraires … Une fois de plus, c’est la couverture que m’a interpellée ! Mon deuxième fils a souvent cet air perdu et la mèche rebelle ! En prenant l’ouvrage dans mes mains, j’aperçois le sticker Best seller, mouais…Je me méfie toujours des stickers, bandeaux, nombre de tirages, prix reçus … Sauf que parfois, je tombe sur des trésors comme Uglies – S.westerfeld. Je feuillette et je m’aperçois que ce roman n’est pas vraiment un roman … enfin, ce roman n’est pas qu’un roman car il contient un cahier central et des encadrés scientifiques sur l’astronomie et l’astrophysique. Vous comprenez que je ne pouvais pas en rester là ! Roman acheté, commencé et lu en une soirée. Cet ouvrage est un roman dystopique (si, je vous jure !) comme de nombreux romans jeunesse en ce moment. La dystopie «  s’oppose à l’utopie : il met en avant une société imaginaire basée sur les craintes humaines. Les romans appartenant à ce genre sont souvent des anticipations mettant en exergue des événements apportant le malheur suite à un projet politique précis. Ils anticipent les dérives de la société et en exposent les conséquences : mondes apocalyptiques généralement dominés par des régimes totalitaires. L’ambition des auteurs (essentiellement américains) est de nous mettre en garde contre l’égoïsme et l’inconscience des hommes : quelles conséquences pourraient avoir les catastrophes écologiques, la chute des démocraties, la corruption ? Aujourd’hui le genre de la dystopie semble avoir conquis une part importante du marché éditorial destiné aux adolescents et aux jeunes adultes. » tiré du site Le MondedesLivres : http://mondedulivre.hypotheses.org/337. Dans un futur post apocalyptique, la Terre n’est plus vivable et les hommes vivent sur des îles-nuages construites à partir d’une technologie évoluée. Sur l’une de ces îles-nuages, Tristam Drake est un jeune garçon un peu particulier et surtout de l’avis unanime de ses professeurs, l’élève le plus mauvais de tous les temps. Tout les habitants s’accordent à dire que Tristam est différent car sa mère est la seule représentant du peuple du Tyran, qui a détrôné le Roi des nuages du Nord. Cette femme Kaede Drake vit à l’écart du bourg. Le comportement étrange de son fils encourage les villageois dans leurs sarcasmes. Ce petit village vit caché des autres civilisations car les habitants abritent et veillent sur Myrtille, la fille du roi des Nuages du Nord. Tristam et son meilleur ami Tom sont très proches et explorent chaque cm2 de leur île-nuage. Lors d’une de leurs expéditions, ils découvrent le Dossier des élèves. Chaque enfant est fiché : talent, don particulier, compétences, niveau scolaire et poste potentiel. Tom est ravi de connaître sa future affectation : direction des opérations spéciales, la fiche concernant Tristam est désespérante. Mais Tom et Tristam n’ont pas le temps de faire des projets d’avenir car ils découvrent que leur village est en feu et pris d’assaut par les soldats du Tyran…Ce roman est captivant. L’histoire est simple et plaira aux plus jeunes dès 8 ans. Les personnages sont attachants et chacun joue son rôle. Les grands thèmes de la quête, l’enfant élu, le combat contre le pouvoir tyrannique sont présents et fascineront les enfants. Les illustrations de V.Dutrait (il porte bien son nom, je trouve !) sont vraiment plaisantes et pimentent l’imagination. Les encadrés scientifiques et le cahier central sont intéressants et pédagogiques, j’avoue que je ne les ai pas tous lus ! Ce roman-documentaire est innovant et je pense que ce genre d’ouvrage peut permettre à certains élèves de passer le cap de la lecture fictionnelle. Je trouve que ce roman est ambitieux et prend le pari de l’enfant curieux, vif et insatiable. L’auteur, Christophe Galfard, spécialiste des trous noirs et de l'origine de l'Univers, est un des rares étudiants à obtenir un doctorat en physique théorique sous la direction du célèbre astrophysicien Stephen Hawking : quand même et en plus il est bel homme : si regardez :
 

 
 
 
Le Prince des nuages, tome 2 : le Matin des trois soleils est sorti depuis octobre 2012 !

Le Passeur – L.Lowry – 221 p. - Ecole des Loisirs – 2013 - 8 €

 
Imaginez un monde sans guerre, un monde sans maladie, un monde sans mort, un monde sans divorce, sans haine et sans argent. Quel monde béni ! Pour le bonheur de tous, la vie est réglée, calée sur un règlement strict suivi par tous. La population semble heureuse même si le libre arbitre est banni. Le Conseil est une assemblée qui décide et surveille toute la population. Ce conseil décide des mariages, des naissances, des cérémonies, des repas, des lectures … Ca fait froid dans le dos ! N’est ce pas ? Tous les individus sont surveillés et les récalcitrants sont élargis. Voilà le monde de Jonas. Notre héros est un enfant de 11 ans, heureux comme tous les habitants de ce monde. Il va à l’école, il joue avec ses amis, il discute avec ses parents mais il se pose des questions …Dans quelques jours, il va fêter ses douze ans et comme le veut la coutume, il recevra son attribution pour la vie. Le Conseil lui désignera son métier et sa vocation. Tout ses amis ont développé des compétences dans des domaines particuliers (soins aux enfants, capacités techniques …) Jonas est intéressé par tous les métiers mais lui-même ne sait pas ce qu’il veut faire, comment le Conseil peut-il alors déterminer sa vocation ? Et puis pourquoi à certains moments sa vue se trouble-t-elle au point d’apercevoir quelque chose d’indéfinissable ? Le monde de Jonas pourrait être un de nos futurs. Le récit est extrêmement bien maîtrisé, la tension et l’angoisse montent au fur et à mesure de la lecture. En suivant les aventures de Jonas, on découvre ce monde idéal sous un autre jour. On cogite, on s’émeut, on galope et on finit aux premières heures du jour à se demander s’il y a un tome 2 …Mon fils de 11 ans a aussi lu ce roman et nous avons énormément discuté sur les enjeux et les limites du monde décrit dans ce livre : questions philosophiques, politiques, problèmes familiaux et éthiques …Gros coup de cœur.
Après quelques recherches : Messager est une suite possible du Passeur !
 
 

mercredi 24 juillet 2013

Demba et le Faiseur de Rêves – A.Ferrier / J. Brax – 34 p. - 2008 - Gecko Jeunesse – 13.78 €

 
Justine Brax est une illustratrice de talent. Elle se trouve dans le top 3 de mes illustratrices préférées. Chacun de ses albums est une pépite ! Demba est un conte : une histoire d’histoires. Dans le village de Demba, le Conseil a décidé de couper le vieux baobab qui risque d’écraser les cases des villageois. Depuis la disparition de l’arbre millénaire, les habitants font des cauchemars. Demba sait pourquoi : le baobab était magique car il abritait le Faiseur de rêves. Fatigués et à bout de nerfs, les disputes se multiplient au cœur du village. Missionné par son grand-père, Demba doit traverser le désert et trouver Marima, la brodeuse céleste afin qu’elle l’aide à retrouver le Faiseur de rêves. Demba devra donc partir en quête. Il devra affronter ses peurs et accomplir son destin. Le récit est un conte merveilleux et poétique. Les illustrations sont splendides et invitent au monde de l’imaginaire. L’ouvrage est d’une qualité exceptionnelle, la papier glacé révèle les illustrations qui nous emportent quel que soit notre âge !
 

lundi 22 juillet 2013

L’Homme-Bonsaï – F.Bernard – F.Roca – 48 p. - Albin Michel Jeunesse – 2003 - 14.35 €

 
Ame sensible s’abstenir ! Si vous recherchez un album plaisant, un conte traditionnel, ne choisissez pas cet ouvrage. Si par contre, vous souhaitez offrir de l’adrénaline, du dépaysement, de la testotérone : cet album est pour vous !
L’histoire commence au sein d’une taverne sombre et enfumée. Le capitaine O’Murphy raconte un de ses récits de marin : le périple et la vie incroyable d’Amédée. Amédée est potier quand il est réduit en esclavage à bord d’un navire commandé par un horrible pirate, le Capitaine Stroke. Amédée est le souffre douleur de l’équipage, il est accusé à tort du crime du quartier-maître. Son sort est scellé et il est débarqué sur une île déserte. A la recherche de bois mort afin de faire un feu, Amédée se penche pour passer sous un arbre et c’est à ce moment qu’une graine de l’arbre lui tombe sur la tête. Le lendemain, Amédée sent une toute petite feuille percer son cuir chevelu. De jour en jour, l’arbre prend racine dans son corps. Amédée essaye de s’entailler le crâne, de sectionner les branches mais ses essais sont voués à l’échec. Amédée dépérit et son arbre croit magnifiquement. Amaigri, désorienté, Amédée s’écroule sur la plage alors qu’une jonque accoste …Je ne vous raconte pas toute l’histoire car c’est un vrai plaisir de le découvrir ! Album ambitieux, un peu mystérieux, extravagant, insolite et légèrement effrayant. Il fait le bonheur de mes fils de 10 et 11 ans. Ils y voient le dépassement de soi, l’intransigeance du destin, la marque du héros, la loi du Talion. Certaines références littéraires, artistiques et religieuses peuvent être difficiles à percevoir pour des enfants mais j’ai confiance en eux et je suis sûre qu’ils se souviendront de cet album quand ils rencontreront plus tard les références employées.
En conclusion, album novateur, masculin que je conseille aux lecteurs confirmés et armés.

jeudi 18 juillet 2013

Raja : Le plus grand magicien du monde – C. Norac / A. Fronty – 42 p. - Didier Jeunesse – 2009 - 16.44 €


En Inde, Raja est un jeune homme issu d’une longue lignée de magicien. Il a beau peaufiner ses tours et ses effets, personne ne croit en son talent ! Malgré l’amour qu’il porte à Devika, la fille du Maharadjah, il décide de partir en quête de pouvoir et de reconnaissance.   Ce bel album retrace l’odyssée d’un jeune homme qui souhaite devenir le plus grand magicien du Monde. C’est un voyage spirituel et visuel. J’avoue je suis complètement tombée sous le charme des illustrations d’Aurélia Fronty. Je pense sincèrement que les enfants peuvent l’apprécier mais vous pouvez l’offrir à votre meilleure amie, coup de cœur assuré !


 

vendredi 5 juillet 2013

Trois Ombres- C.Pedrosa – 268 p. - Delcourt 17.05 €

 
Cet album est toujours un des premiers ouvrages que j’achète quand j’arrive dans un établissement. Ce livre est un appât : élèves, collègues, parents ! C’est une autre de mes bottes secrètes !
Le récit est la course folle d’un père qui refuse de voir son fils emporté par les Parques venues chercher l’enfant à l’heure de sa mort ! Là vous vous dites : elle est pas bien dans sa tête la petite Dame, j’espère que mes enfants ne sont pas dans son établissement ! Faites moi confiance, c’est un trésor, une perle dans l’océan des albums. La course de ce père est avant tout un hymne à l’amour absolu. Je ne connais pas Monsieur Pedrosa mais il doit avoir de l’or au creux des mains cet homme ! (Il a aussi fait des albums ADULTES qui, dans un tout autre registre, sont superbes). Les illustrations sont splendides, des crayonnés noirs à couper le souffle. Laissez vous embarquer pour 268 pages, vous serez époustouflée ! Je le conseille à partir de 14 ans pour les enfants qui n’ont pas de difficultés à se confronter à la perte et à la mort !