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dimanche 29 mars 2015

Art & Philosophie – A.Dalsuet – 80 p. - Palette – 2015 – 24,80 €

Art et philosophie est un documentaire passionnant qui invite le lecteur à s'initier au questionnement philosophique en interrogeant des œuvres d'art pour alimenter sa réflexion. Qui suis-je ? L'autre, un alter ego ? Comment connaître le monde ? La liberté est-elle sans limite et sans risque sont quelques unes des questions auxquelles le lecteur est invité à réfléchir. Plus de 35 problématiques sont proposées. Certaines se rapprochent de concepts « célèbres » comme le bonheur ou le travail, d'autres sont plus originales et demandent de dépasser les idées reçues et les thèses relâchées. Chaque notion est suggérée avec des œuvres d'art. Celles-ci ne sont pas seulement des illustrations ou des faire-valoir. Ces œuvres qui se répondent, s'opposent parfois et dérangent souvent, poussent le lecteur à dépasser ce qu'il croit établi. Elles sont une expérience de lecture à appréhender pour enrichir son questionnement ou saisir un point de vue différent. Que ce soient des peintures classiques, des sculptures, des photographies, des installations numériques ...Chacune est analysée clairement avant d'être mise en perspective et soumise à la notion abordée. Art et Philosophie est un ouvrage exigeant qui intéressera tous les jeunes gens qui sont concernés par les épreuves d'histoire des arts et les TPE. Il est aussi une source inépuisable d'enrichissement et d'ouverture vers les grandes interrogations philosophiques auxquelles on ne peut pas échapper … Dès 14 ans.

Tous les ouvrages des éditions Palette : ici !





jeudi 19 février 2015

Je me demande – J.Gaarder/A.Duzakin – 66 p. - Le Joie de Lire – 2014 – 10 €


Après un parcours (bref!) mais intense en philosophie, je suis intiment persuadée que l'enseignement de cette discipline devrait être proposée dès le plus jeune âge. Comme Edwige Chirouter, je pense que la littérature de jeunesse est un des meilleurs vecteurs au questionnement philosophique. Je me demande est un album qui propose justement aux jeunes lecteurs de les accompagner au cœur de ce questionnement initiatique et salvateur. De d'où vient le monde ? À qu'ai-je envie de faire de ma vie ? En passant par est-il possible d'avoir peur sans savoir de quoi ? Qu'est-ce que le temps ? Existe-t-il un Dieu qui nous a créés ? Le PetitProche est invité à cheminer intellectuellement au fil des pages et à se confronter à des interrogations surprenantes, parfois dérangeantes mais toujours enrichissantes. Si aucune réponse n'est apportée, ni vérité dévoilée, on se réjouit du parcours intellectuel proposé, de l'accompagnement de la pensée et des idées peuvent nourrir le jeune lecteur. Les illustrations proposent un récit en écho à cet éveil philosophique et évoquent avec pudeur le long et délicat travail du deuil. Dès 7 ans.





jeudi 15 janvier 2015

A table ! Petite philosophie du repas – M.Gasparov/V.Leroy – 80 p. - Gallimard – 2014 – 12 €


Edwige Chiroutier, Maître de conférences à l'Université de Nantes, milite en faveur d'un éveil philosophique dès le plus jeune âge. J'essaie de suivre toutes ses publications et je suis prête à signer pour un fan club ! Si vous voulez en savoir plus, son site : ici ! Il y a quelques mois je vous avais présenté Se Venger, un ouvrage de philosophie destiné aux adolescents. Aujourd'hui, je vous présente A table ! un documentaire qui incite les PetitsProches, dès 8 ans, à réfléchir et à comprendre que manger n'est pas seulement une « faim » du corps, compris comme un besoin impérieux de notre cerveau reptilien, non … Manger est avant tout une activité de l'esprit et peut même être considéré comme un art ? Il est en tout cas un acte culturel. Les coutumes du repas, les interdits alimentaires, l'art culinaire ou les rythmes et rituels de la table sont décryptés et analysés avec peps et pertinence. Les neurones s'agitent, les questions fusent et une véritable discussion philosophique peut commencer en famille … Une lecture vraiment « nourrissante » sans être indigeste … Au fil de l'ouvrage, les mots difficiles et des philosophes célèbres sont présentés dans des « chouettes » encarts. Les illustrations de Violaine Leroy sont très réussies et exhaussent tout le piment de cet ouvrage savoureux. Dès 8 ans.

Et si après avoir bien « cogité », vous avez envie de cuisiner en famille ; c'est ici !





lundi 10 novembre 2014

Aristote in love – A.G.Balpe – 78 p. - Le Rouergue – 2012 – 7 €


Depuis le temps qu’on lui parlait de la rentrée en 6ème, Aristote est un peu déçu ! Il s’attendait à une aventure hors du commun mais dès les premières heures, il comprend que ce n’est que l’école qui continue … Ecoutant d’une oreille distraite les consignes du professeur principal, il observe sa voisine de table. Tout d’un coup, sans le regarder, elle le félicite pour son prénom qu’elle trouve vraiment chouette. Aristote est surpris par sa remarque et comprend que cette fille qui sent les fruits de la passion et le chocolat ne ressemble pas aux autres filles qu’il connaît. Grâce à elle, il va enfin chercher l’origine de son prénom si original. Est-ce lié à son père qu’il n’a jamais connu ? Est-ce en l’honneur du célèbre Aristote, philosophe grec qui se baladait en robe ? Ces recherches entraînent notre jeune héros et son amie Mina a créé une Agence de philosophie version 3.0 …Aristote in love est un roman court qui joue avec humour sur la quête d’identité et les premières aventures amoureuses. J’ai particulièrement apprécié les relations du héros avec sa mère qui me rappellent certaines discussions avec mes fils ! Dès 10 ans.

dimanche 22 juin 2014

L'été de Garmann/le Ciel d'Anna - S.Hole - Albin Michel Jeunesse

Ce n'est pas la première fois que cela m'arrive … Je discrimine, je juge, je mets de côté, je fais celle qui ne voit pas. Je ne sais pas toujours ce qui me retient, me dérange, m'effraie mais depuis quelques mois j'ai décidé de dépasser ces mystérieux freins et de découvrir ces auteurs. La toute première fut Emmanuelle Houdart. Depuis que je me suis acclimatée à ses latitudes graphiques, elle est une de mes illustratrices préférées … Aujourd'hui, je vous présente mon nouveau coup de cœur, Stian Hole. Je l'ai découvert grâce à son dernier album le Ciel d'Anna qui m'a bouleversée. Depuis je remonte la bibliographie de cet auteur qui offre un univers graphique intense et inoubliable.


L'été de Garmann - S.Hole/trad. J.B.Coursaud - 48 p.
Albin Michel Jeunesse- 2014/2008 - 5.50 €/12.70 €


Garmann est un jeune garçon. Il vient de fêter ses six ans. Près du fjord où il grandit, il profite des derniers jours de vacances d'été. Comme tous les ans, ses grandes tantes viennent lui rendre visite. Enfin pas si grandes que ça, Garmann trouve même qu'elles rapetissent un peu plus chaque année. Tante Augusta, Tante Iseline et Tante Ruth aiment les traditions qui se perpétuent et elles adorent Garmann. C'est pourquoi avant même d'ouvrir le paquet qu'elles lui offrent, il connaît déjà son cadeau, un sixième bonnet en laine avec un gros pompon au bout ...En jacquard, en point de riz ou torsadé, contraint et forcé, Garmann collectionne donc les bonnets. Pourtant il rêve d'une casquette noire … Malgré cette malchance vestimentaire, Garmann adore ses tantes car elles répondent à toutes ses questions, qu'elles soient bizarres, intimes, angoissantes ou complètement saugrenues ! Cet album propose un très beau récit initiatique. A l'image de ses trois vieilles femmes qui rappellent les Trois Parques, comme dans les légendes, le jeune héros doit dépasser ses peurs pour devenir un grand, un autre, un adulte en devenir. Il doit quitter le monde de l'enfance et accepter de se rapprocher de la mort pour être. Les illustrations composées de photographies, de dessins et de montages graphiques sont étonnantes et même troublantes. Comme un hyperréalisme poussé à son paroxysme, la lecture texte/image ouvre alors, en grand, les portes de l'imaginaire. Dès 5 ans.


Prix Bologne en 2007 et Prix Sorcière en 2009 




Le Ciel d'Anna - S.Hole/trad.J.B.Coursaud - 48 p.
Albin Michel Jeunesse - 2014 - 12.50 €


Anna, tête à la renverse sur sa balançoire, entend la cloche de l'église tinter de l'autre côté du fjord. Elle sait que cet appel lui est destiné car aujourd'hui Anna enterre sa mère. Malgré tous les « dépêche-toi » de son papa, Anna, elle, a besoin de temps. Chaque minute et chaque instant sont importants pour soutenir son père qui se noie dans son chagrin. Elle ne peut pas le laisser aller à la sépulture avec ce chagrin là. Elle sait qu'il ne s'en remettrait pas alors Anna l'entraîne dans un monde bien à elle … Que ce soit de l'autre côté du miroir ou à travers le ciel, père et fille vont vivre, se soutenir, se poser des questions et surtout envisager un avenir heureux à deux … Cet album sur le deuil est d'une délicatesse rare. Tout est suggéré, tout est posé sans jamais donner l'illusion d'une solution simple. Les deux héros, le père et la fille progressent ensemble sur la voie difficile de la résilience en se soutenant l'un l'autre. L'enfant guidant parfois l'adulte. MoyenMoyen, 7 ans et moi avons particulièrement apprécié l'évocation de Dieu, de son rôle et de sa bibliophilie. Un album touchant sans être larmoyant qui permet d'aborder des notions complexes comme la mort, Dieu, la vie après la mort ...Les illustrations riches et toujours variées sont de véritables créations graphiques qui évoquent elles aussi tout un monde et de nombreux chagrins à dépasser. Dès 8 ans.




Cet été, j'espère vous présenter le Secret de Garmann et la Rue de Garmann du même auteur que je ne veux plus quitter maintenant !

- L'Eté de Garmann - 





- Le Ciel d'Anna - 





lundi 3 février 2014

Véra veut la vérité et Dora demande des détails – L.Huston/N.Huston - 100 p. - Ecole des Loisirs – 2013 – 9.50 €



Ce roman hybride se constitue de deux récits qui se répondent, se complètent et s'éclairent l'un l'autre. Dans une première partie, Véra est une petite fille qui se pose de nombreuses questions sur la mort. Tout d'abord, elle s'interroge sur le cycle de la nature : les feuilles qui tombent, les fleurs qui fanent et les animaux qui meurent comme Titi son canari. Sans le savoir ses questionnements l'aideront à affronter un deuil beaucoup plus difficile ... Dans le deuxième court roman, Dora (qui n'est pas une exploratrice !) aimerait savoir d'où elle vient ? Ou était-elle avant de naître ? Pourquoi a t-elle tant de difficultés à s'intégrer avec les autres enfants du village ? Pourquoi ses questions gênent-elles tellement les adultes ? Enfin pas tous les adultes, elle trouvera des réponses et un apaisement auprès d'une jeune femme épatante même si elle est détestée de tous …Ces deux courts romans sont intenses. Ils permettent aux jeunes lecteurs de s’interroger sur des questions qui n’ont certes pas toujours de réponses mais qu’il faut se poser pour affronter la vie sereinement. Sans ton moralisateur mais avec perspicacité, Véra et Dora sont des alliées sûres pour s’élancer dans la vie … Dès 8 ans.
 

lundi 23 décembre 2013

Livret de famille – M.Le Hir de Fallois – 44p. - Epicerie de l’orage – 2013 – 8.50 €


Que ce soit caché dans le plus profond de nos gènes ou exposé au grand jour de nos sentiments, nous avons tous une famille ! Frères et soeurs, cousins, cousines, aïeuls et ancêtres ... Parfois vivre en famille est un bonheur de chaque instant, parfois vivre en famille n'est plus possible. Ces relations d'amour, de colère, de jalousie nous attachent autant que les ressemblances réelles ou imaginées que l'on cherche dans les traits du dernier-né. Que l'on soit un jeune bourgeon ou une branche solide de la famille, nous nous posons tous des questions sur les liens qui nous unissent.  Doit-on tout partager ? Est ce que toute les familles se ressemblent ? Est-on obligé de quitter sa famille pour devenir grand ? Et enfin une famille ? C'est qui ? C'est quoi ? Mon livret de famille est un documentaire créatif et un carnet personnel. Cet ouvrage original est proposé par l'Epicerie de l'orage, une maison d'édition que j'affectionne particulièrement et qui propose des ouvrages innovants. Après le Collège, la vie de toutes les façons et l'Amour indispensable, ce nouvel opus est très réussi et permet aux enfants de réfléchir sur leur famille qu'elle soit de sang ou de coeur. Les familles recomposées, les familles monoparentales et homoparentales sont présentées avec délicatesse et intelligence. Les Petitsproches pourront noter le fruit de leur réflexion et même noter leurs nombreuses interrogations. J'ai particulièrement apprécié de découvrir une famille agrandie que l'enfant peut constituer comme il en a envie ... Un carnet indispensable ! Dès 8 ans.

 












dimanche 13 octobre 2013

Pico Bogue : la vie et moi, tome 1 – D.Roques/A.Dormal – Dargaud – 2011 – 12 €


Cette bande dessinée n’est jamais loin de mon lit. Je la lis souvent par extrait les soirs chagrins ou un peu chafouins. C’est le récit d’une famille composée de Pico 7 ans, Ana Ana 5 ans et de leurs parents. Pico et Ana Ana sont des enfants particulièrement éveillés et curieux. Ils sont intelligents, vifs et très bavards. Dans ce premier volume, ils apprennent que pour la première fois leurs parents vont les confier à leur oncle Antoine. Ils se sentent abandonnés et trahis. Ils ne supportent pas que leurs parents vivent sans eux. Ils se liguent pour les faire revenir sur leur décision de vacances en amoureux. Leurs propos sont pertinents et parfois cinglants. Ils créent des situations cocasses pour tester le seuil de tolérance parentale. Ils retournent toutes les situations à leur avantage et s’arrangent pour déstabiliser les méthodes éducatives de leurs parents. Leurs grands-parents sont aussi des cibles de choix. Papite et Mamite ont besoin de toute leur patience pour clore le bec de leurs deux terribles petits-enfants. Cet album est composé de courtes scènes de vie quotidienne. Certains dialogues sont cocasses, d’autres sont plus troublants et d’autres encore me plongent dans des cogitations sans fin. Effectivement certaines scénettes invitent à la réflexion. Pico et Ana Ana nous entraînent sur les chemins de la philosophie. On ne peut être qu’admiratifs de l’espièglerie et de la capacité de discernement de ces deux chenapans mais j’avoue que je ne souhaite pas avoir des enfants aussi intelligemment précoces. Je comprends les poses souvent avachies des parents, ils sont dépassés et épuisés. Les illustrations sont fines et pleine de détails. La variation des tailles de dessins donnent un rythme à la lecture de cet album. Je retrouve les quatre tomes de cette série un peu partout dans la maison. Au salon, dans la salle de bains, dans les chambres … GrandGrand, MoyenGrand et leur père se les chipent sans cesse. Avec GrandGrand, nous avons une scène favorite que nous jouons parfois : la partie d’échecs … Un album à partager dès 8 ans !

dimanche 6 octobre 2013

C’est bien – P.Delerm – 84 p. - Milan jeunesse – 2007 – 5.50 €


Dans la même veine que la Première gorgée de bière, C’est bien est un ensemble de nouvelles très courtes. Centrées sur des situations de la vie quotidienne, elles révèlent l’importance de l’instant présent. Philippe Delerm insiste sur les émotions ressenties lors d’événements simples comme C’est bien de se lever le premier dans la maison, C’est bien l’autoroute la nuit, C’est bien de faire ses devoirs sur la table de la cuisine …Vingt scènes de la routine journalière qui peuvent sembler banales mais qui deviennent des instantanés de plaisir et d’émotions. L’auteur invite les enfants à découvrir ou re-découvrir le bonheur de situations anodines. Les sens sont sollicités à chaque ligne. Il incite aussi l’enfant à réfléchir à ses émotions, ses appétits, ses inclinations personnelles. Qu’est-ce qui est bien pour moi ? Qu’est-ce qui me rend heureux ? Quel événement me fait sourire ou me rassure ? Ce recueil est un ouvrage qui touche les enfants, qui les interrompt dans la course folle de la vie et de l’enfance. Il peut les aider à grandir et à se construire. Il est aussi une porte entrouverte vers la réflexion plus profonde et plus intime qu’est le questionnement philosophique. L’utilisation du « On » permet toutes les identifications possibles. On, c’est un peu moi, un peu lui, un peu moi il y a pas longtemps et peut-être un peu moi dans quelque temps. Les nouvelles sont très courtes et permettent aux mini-lecteurs de lire sans se sentir happés par une fiction envahissante. A lire dès 9 ans.

mardi 1 octobre 2013

Les belles Espérances – J.Hoestlandt/D.grenier – 30 p. - Le Baron Perché – 2005 – 14 €


Le temps qui passe, le temps qui file, le temps qui s’échappe … C’est pourtant la loi rigide de ce temps que nous ne pouvons maîtriser qui donne toute sa saveur à la vie. Cet album rassemble des instantanés de la vie d’une petite fille, Lise qui au cœur de l’été rêve déjà de flocons de neige. Puis des premiers émois amoureux qui lui promettent une vie familiale chaleureuse et comblée et enfin de Lise âgée qui profite de chaque instant avec sa petite fille qui elle aussi rêve des prochains flocons de neige … Le cycle de la vie est le thème délicat de cet ouvrage. Le temps s’arrête quelques instants à chaque tourne de page pour entendre Lise formuler un vœu secret afin d’entamer les étapes importantes de sa vie : « Je voudrais » … Comme une litanie ses « Je voudrais » deviennent des talismans secrets pour elle et pour les siens. Les illustrations pleine page sont majestueuses. Construites pour porter le regard au-delà de l’image, pour sentir le mouvement de la vie et la force de l’espoir, elles contiennent toutes un cercle pour symboliser le cycle éternel de la vie. Créé comme un récit fermé tant par le texte que par le graphisme, cet album est une belle allégorie de la vie. Ce livre donne envie de se perdre dans ses pages pour savourer chaque instant et chaque illustration. A lire les jours de moral au beau fixe, histoire de ne pas se perdre sur le concept de la vacuité de la vie qui passe inexorablement !

lundi 30 septembre 2013

Se venger – M.F Hazbroucq – 128 p. - Rue de l’Echiquier – 2011 – 10 €

Il est loin le temps des bacs à sable et des magnifiques anémones qui s'épanouissent entre deux pelles et trois seaux. Il est loin le temps béni où les conflits éclatent et se résolvent à coup de râteau en plastique dans les bouclettes en partageant un petit pain au lait. En grandissant, enfants, adolescents et adultes, nous nous interrogeons tous sur ces excès de violence. De la cour d'école à l'open space, les mêmes questions nous assaillent : comment me défendre ? Quelles sont les paroles ou les actes que je ne peux pas accepter ? Dois-je me défendre même si cet instinct m'oblige à user de violence ? Quelles sont les limites de l'instinct de protection ? Même si la vengeance est paraît-il un plat qui se mange froid, il faut souvent avoir réfléchi à la question pour ne pas riposter à chaud. La vengeance peut engendrer une violence physique mais elle peut être aussi entraîner une agressivité verbale ou des formes de harcèlement moral. Riposter, se défendre, souffrir, haïr, être en colère, punir … La langue française offre un vocabulaire riche pour exprimer tous ces sentiments et ces actions qui nous traversent et nous interrogent. Que ce soit pour une botte d'oignons ou pour des documents administratifs, nous n'échappons pas à notre cerveau reptilien, berceau de nos pulsions. Ce livre permet de prendre le temps de réfléchir. Marie France Hazebroucq, agrégée de philosophie et docteur es Lettres, élucide pour nous les thématiques complexes et les engrenages tortueux de la vengeance. Ses propos s'appuient sur un corpus documentaire riche : essais et romans, films, oeuvres philosophiques et bande dessinée. Sa synthèse offre un regard clair et un enrichissement de notre connaissance. Elle nous incite aussi à aiguiser notre pensée en soulevant le voile sur les finalités cachées du désir de se venger. La loi du Talion est passée au crible de la philosophie avec talent ! Cette collection Philo ado des Editions Rue de l'Echiquier propose d'autres titres tout aussi alléchants : avoir peur, désobéir, mentir, perdre son temps, tomber amoureux, rêver, être jaloux et voler. Sur ma pile à lire, m'attend peut-être la quintessence de l'adolescence : Désobéir et Tomber amoureux, je suis impatiente de les commencer. J'espère qu'ils seront à la hauteur de celui-ci ! Dès 15 ans.

mercredi 31 juillet 2013

Obéïr ? Se révolter ? V.Gérard/C.Paurd – 67 p. - Gallimard Jeunesse – 2012 - 10.15 €


A ces âges de doux remous, de questionnement, j’ai trouvé ce documentaire très pertinent. Il permet de poser des bases de réflexion philosophique sur la notion de liberté. En quatre chapitres : obéir à ses parents, l’obéissance crée t-elle le pouvoir ? Pourquoi obéir et jusqu’où ? Quand les hommes se révoltent-ils ? Ce documentaire décline toutes les formes d’autorité et de soumission. Portées par des citations de philosophes célèbres, les explications sont claires et permettent aux enfants de se sentir concernés par les différentes situations décrites. J’ai apprécié que la vie familiale soit décryptée sous cet angle de l’obéissance des enfants à l’autorité parentale : Suis-je libre quand j’obéis à mes parents, à mes enseignants ? Devrai-je obéir toute ma vie à mes parents ? Comment mes parents peuvent-ils savoir ce qui est bien pour moi ? Serai-je un homme libre si j’ai passé mon enfance à obéir ? Sans complaisance pour les enfants et les parents, ce documentaire apporte un éclairage vraiment intéressant sur les liens parents-enfants. Les noms des grands auteurs sont soulignés et renvoient vers des petites bulles colorées dans lesquelles ces auteurs sont brièvement présentés. Les notions importantes sont elles aussi expliquées dans les marges ce qui permet aux enfants de comprendre la signification de la notion et surtout de la comprendre dans son contexte. Enfin, j’ai trouvé ce documentaire intelligemment construit : le point de départ de la réflexion philosophique est l’obéissance dans le cadre familial et quotidien puis l’enfant est accompagné dans sa réflexion jusqu’aux grands questionnements politiques, philosophiques comme la notion d’ordre social, de tyrannie, de révolte sociale. Les enfants pourront trouver des réponses à leurs questions personnelles mais aussi à leurs questions concernant l’actualité française et internationale. Bien que discrètes, les illustrations sont pertinentes et permettent de comprendre certaines explications en un clin d’œil…

mardi 30 juillet 2013

Fipopus, Gropopus – F.Laurent – 18 p. - Atelier du Poisson Soluble – 2012 - 14.50 €

Comment dire, comment expliquer cet album que j’ai trouvé génial. Il est hors norme. Il restera à côté de l’étagère des albums, au dessus de la bibliothèque des BD, sous le rayonnage des romans graphiques. Tout d’abord le format, 11,5 cm x 32 cm, un ouvrage tout en hauteur. La lecture peut se faire dans les deux sens du livre, d’ailleurs vous le lirez dans les deux sens pour avoir la totalité de l’histoire. Mais ne faites pas comme moi, ne cherchez pas absolument à savoir dans quel ordre attaquer cette pépite comme toutes les bonnes choses, elle se déguste comme on le souhaite. Puis l’ouvrage se glisse dans la main pour découvrir dès la première page, un double récit, une double aventure, un même monde divisé en deux, deux civilisations qui s’ignorent et qui pourtant vivent en système partagé. L’ouvrage est plié en accordéon et le déploiement total des pages dévoile un monde original. Je vous l’avoue, j’ai d’abord rencontré les Gropopus. Les Gropopus sont des êtres belliqueux, criards et emportés. Alors imaginez la panique lorsque le seul puits qui leur permet de vivre se tarit : c’est la guerre, il faut trouver un coupable. En tentant d’attraper le bouc-émissaire, les Gropopus sont témoins d’un miracle, une montagne apparaît sur leur territoire ! Devant un tel prodige, le peuple se divise, l’effroi contre l’espoir absolu. Je ne vous raconterai pas la fin des aventures des Gropopus car je crois que les Fipopus seraient jaloux que je dévoile en même temps leur propre histoire.
Autant les Gropopus sont chamailleurs, autant les Pipopus sont calmes et sereins. Mais leur sérénité est très sérieusement ébranlée quand l’unique et seul puits se tarit. Plus une goutte d’eau, cette sécheresse subite inquiète beaucoup les Fipopus qui ont bien du mal à gérer cette situation de stress intense. Et c’est au cours de leur frénésie, qu’une météorite énorme s’écrase sur leur territoire. Les Fipopus sont confrontés à une frayeur ingérable jusqu’à ce que … Comme vous l’avez compris les deux récits sont liés, la chute de la météorite des Fipopus, entraîne l’apparition de la montagne chez les Gropopus, lorsque le puits des uns se tarit, c’est un geyser chez leurs voisins qui vivent sous leurs pieds. Sous les pieds les uns des autres, les Gropopus et les Fipopus sont deux peuples qui n’ont aucune « valeur » commune .Les illustrations sont savoureuses et rappellent les traits des illustrations de bandes dessinées. L’œil est sans cesse attiré par les événements qui se déroulent sur les deux faces de cette drôle de terre. L’histoire est simple mais riche et rappelle l’effet papillon. On remarque que les deux peuples ont leurs propres philosophies de vie mais qu’aucun ne gère les situations de crise. Le récit icôno-textuel crée une vraie dynamique de lecture et le rire est au rendez-vous. Cet album est le premier de cet auteur Frédéric Laurent et je le netvibes de suite car je mise sur cet homme pour nous étonner de nouveau. J’applaudis « encore » Atelier du Poisson Soluble car cet album est un beau pari avec les enfants ! Je suis sûre que ces derniers sauront l’apprécier. Mon GrandGrand (11 ans), mon GrandMoyen (10 ans) et mon MoyenMoyen (6 ans) se l’arrachent …car une seule lecture ne suffit pas et malgré ses (seulement) 18 pages, plusieurs lectures sont nécessaires pour décrypter et détailler toute la richesse de cet album.

samedi 27 juillet 2013

Les oiseaux – G.Zullo / Albertine – 67 p. - 2010 - La Joie de Lire – 14.20 €


Hum ! Quel plaisir. Tout d’abord, plaisir des yeux : les grands aplats de couleurs, les illustrations vives et gaies, les points de vue saisissants, les effets de travelling très réussis. On ressent le travail et la délicatesse du travail de l’illustratrice. Le récit est aussi une aventure de lecture d’images et les enfants sont très sensibles à cette lecture. Si le récit graphique est très réussi, le récit textuel ne l’est pas moins. L’histoire est magnifique, elle aussi très délicate, elle se situe sur plusieurs registres : le conte animalier, la fable philosophique et le récit mythologique. On referme cet album, le sourire aux lèvres et une envie irrépressible de lire et relire pour se délecter de chaque phrase et de chaque mot car « un seul de ces petits détails suffit à changer le monde ».