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lundi 21 septembre 2015

Là où tombent les anges – C.Bousquet – 391 p. - Gulf Stream – 2015 – 17 €


A Auvers-sur-Oise, en 1912, Solange, 17 ans, décide de rejoindre sa meilleure amie Lili à Paris. Elle ne supporte plus de vivre avec son père qui la maltraite et la violente les soirs de colère et d'absinthe. Après quelques heures de train, la jeune femme débarque au cœur de la capitale sans bagage et sans recommandation. Entraînée par son amie, Solange découvre alors une ville de fête et de lumière dont elle ne connaît malheureusement ni les codes ni les dangers … Jeune, insouciante et naïve, elle ne se méfie pas des loups qui rôdent dans les salons et les bals chics des soirées parisiennes. A peine a-elle goûté à la liberté qu'elle se laisse charmer par le ténébreux Robert Maximilien qui ressemble étrangement à Barbe Bleue … Là où tombent les anges est un roman historique qui plonge le lecteur dans les heures les plus sombres de la première guerre mondiale. Loin des tranchées mais pourtant en première ligne de la douleur et de la peur, Solange, Clémence et Lili vont s'affranchir des hommes et des corsets pour survivre. Un roman fort et envoûtant qui se lit bien au-delà des heures de lecture autorisées … Dès 14 ans.

lundi 9 mars 2015

Art et politique – N.Martin/E.Rousseau – 88 p. - Palette – 2013 – 24 €


Art et politique est un documentaire ambitieux. Il présente les rapports qu'entretiennent ces deux « activités » qui peuvent sembler dissonantes voir contradictoires. Si à notre époque, on sait et (on attend !) des artistes qu'ils contestent, qu'ils s'opposent, qu'ils dénoncent les gouvernements et les hommes politiques en place, on oublie parfois qu'ils ont d'abord été au service des rois et des princes, liés par les commandes officielles. Comme on peut le découvrir au fil des chapitres de cet ouvrage, l'art et la politique évoquent la révolte, les guerres, les révolutions, la dissidence, les luttes et tous les rapports de force entretenus du XIXème siècle à nos jours. Les mouvements tels que le dadaïsme, le futurisme, le sots art sont expliqués et mis en perspective des époques et des causes à défendre. Effectivement les artistes sont souvent les dénonciateurs des dictatures, les accusateurs des inégalités et les interprètes de ceux que l'on ne veut pas entendre. Des artistes de cour comme Véronèse ou Rigaud, à JR ou Bansky en passant par les plus grands peintres ou plasticiens du XXème siècle, on comprend que l'art et la politique sont indissociables. A l'heure du mécénat et des performances sponsorisées, les artistes restent des créateurs libres et portent en eux une force de frappe imprévisible … Les textes courts et ramassés, les illustrations d'une grande qualité font de ce documentaire, un ouvrage de références. Dès 12 ans.



En ces années de commémoration, je vous recommande aussi Art et Guerre. Cet ouvrage documentaire montre comment les artistes qu'ils soient français ou allemands ont dénoncé l'atrocité des tranchées et l'absurdité de cette guerre. Les analyses des tableaux, les biographies des artistes et les extraits littéraires proposés permettent aussi de comprendre comment ce conflit a ravagé les codes et les conventions de la peinture académique pour s'en affranchir … Dès 12 ans.





- Art et Guerre -





samedi 23 août 2014

La Vie au bout des doigts – O.Charpentier – 408 p. - Gallimard – 2014 – 14.50 €

En 1913, la France affine la Triple-Entente. L’armée se prépare, les tambours grondent, le service militaire dure maintenant trois ans … Enfermée dans son pensionnat, Guenièvre, 14 ans, ne sait pas que l’Histoire est en marche. Elle ne sait pas que la guerre est déjà aux frontières de la France et que sa vie tranquille va basculer au rythme des batailles, des morts et des alliances mondiales. Convaincue d’être seule au monde suite à la mort de ses parents, Guenièvre rejoint sa grand-mère paternelle dans son manoir près de Reims. La jeune fille découvre alors une très vieille dame aveugle qui tente de survivre dans sa demeure dévastée par un incendie. Guenièvre comprend très vite que les temps sont durs et qu’elle doit participer à la vie domestique du domaine. Secondée par Perpétue, la cuisinière, Guenièvre va alors créer un clan de vie et de survie au manoir. Des jeunes femmes perdues, des orphelins esseulés, des soldats brisés trouvent auprès de la jeune fille le soutien nécessaire pour oublier l’horreur des tranchées et la peur des lendemains. Elle-même va devenir une intendante efficace, une amie précieuse et une guérisseuse comme sa grand-mère, cette aïeule mystérieuse qui tait bien des secrets …La Vie au bout des doigts est un roman époustouflant. La Grande Guerre est au cœur du récit. L’auteur Orianne Charpentier tisse avec habilité les grands événements historiques, artistiques et culturels au plus près des personnages auxquels on s’attache dès les premières pages. La jeune Guenièvre est une jeune fille fragile que l’on voit affronter la vie et devenir une femme forte. Sa quête de la vérité l’oblige à forcer le destin pour soulever le voile du secret familial. La Vie au bout des doigts est un roman que je n’oublierai pas comme je n’ai jamais oublié Dans la guerre d’Alice Ferney ou la Bicyclette bleue de Régine Deforges, qui ont forgé mes connaissances sur les grands conflits du XXème siècle. GrandGrand l’a lu en deux jours et me l’a rendu complétement conquis ! Un roman à lire et certainement relire tout au long de sa vie … Dès 12 ans.

Les livres déjà présentés d'Orianne Charpentier que j'affectionne particulièrement : ici !

J'ai crée un nouveau libellé :  ♥ ! Ce coeur signalera les ouvrages qui sont évidemment des coups de coeur mais aussi des ouvrages qui me semblent indispensables pour grandir, rire et s'émerveiller ...

mercredi 21 mai 2014

Le Baron bleu – G.Baum-T.Dedieu – 34 p. - Seuil jeunesse – 2014 – 12.90 €


Le tambour gronde, les barbelés sont tendus, les soldats montent au front, c’est la guerre ! Celle que l’on faisait dans des tranchées, celle qui nécessitait des chars, des hommes et du sang … Malgré son titre, le héros de cet album n’est pas un militaire, le Baron est un passionné d’aviation. Il a peint son engin en bleu azur pour se confondre avec le ciel et observer les oiseaux des heures durant. Malheureusement, la guerre frappe à sa porte … Il est obligé de s’engager et d’utiliser son engin pour bombarder les lignes ennemies ! Le Baron pacifiste convaincu et homme de lettres participera à la guerre à sa façon … Il commencera par pilonner les adversaires avec les plus lourds ouvrages de sa bibliothèque pour découvrir que ce n’était pas avec le poids des livres qu’il obtiendra la paix mais avec la force des mots et les plaisirs de la littérature … Un album qui aborde avec humour mais aussi avec subtilité l’absurdité de la guerre. Les illustrations jouent des codes de la bande dessinée avec brio ! Un album qui rend un hommage savoureux à la littérature … Dès 7 ans.







lundi 17 février 2014

On les aura ! Carnet de guerre d’un poilu – Barroux – 93 p. - Seuil jeunesse – 2011 – 16.70 €



Le hasard fait parfois bien les choses ... A Paris, alors qu'il se balade entre Bastille et République, Barroux est attiré par un amas de vieux objets sortis d'une cave par deux individus qui lui proposent d'emporter les objets qui l'intéressent. Au milieu des journaux et des objets abîmés, il découvre une boîte en carton contenant un cahier d'écolier et une croix de guerre. Ce cahier se révèle être le journal intime d'un combattant parti au front le 3 août 1914. Ce « soldat inconnu » a écrit chaque jour jusqu'au 12 septembre de la même année alors qu'il était à l'hôpital suite à une blessure au bras. Il raconte sa montée au front avec sa compagnie, la peur, la solitude, l'attente et surtout les longues marches éreintantes pour fuir les tirs ennemis. Barroux est resté fidèle au récit de ce soldat. Il n'a pas changé un mot ou une virgule. En revanche, il s'est emparé de l'ambiance de cet étrange été 1914. Il s'est énormément documenté pour nous offrir un roman graphique intense. Les illustrations au trait noir et à l'organisation pertinente soulignent tout le courage de cet homme qui est peut-être l'un de nos aïeuls … Dès 12 ans.

 

 



mercredi 18 décembre 2013

L’Ennemi – S.Bloch/D.Cali – 60 p. - Sarbacane – 2007 – 17 €


Cet ouvrage est un album. En le feuilletant, on aperçoit peu de texte. Les illustrations semblent premières. On en conclut alors trop vite que cet album est réservé aux jeunes lecteurs. Il est en fait destiné à chacun d’entre nous, petit ou grand. L’Ennemi est un ouvrage graphique sur l’absurdité de la guerre. On devine en toile de fond que l’histoire se déroule pendant la 1ère guerre mondiale mais cette histoire décrit toutes les guerres et leurs atrocités. Quelque part, deux trous déchirent la plaine. Dans chacun des trous, un soldat se terre et attend le moment propice pour tuer celui d’en face, celui qui est cruel et sans pitié, celui qui exterminera les femmes et les enfants, celui qui n’est pas ou plus humain. Celui qui est l’ennemi ! …A la faveur d’une nuit sans lune, un des soldats décident de se camoufler pour traverser le no man’s land et tuer l’ennemi afin de mettre fin à cette attente interminable … Les illustrations de Serge Bloch sont variées, des dessins, des photographies et des montages numériques. Mais cette variété n’induit pas une surenchère graphique. Dans cet album, Serge Bloch, travaille à l’économie. Le trait fin et juste fonctionne en complémentarité du récit. La narration est portée autant par le texte que par l’image. Et c’est le dialogue entre les deux qui donne du sens et de la profondeur à cet album singulier et percutant. L’organisation de l’objet-livre est aussi réfléchi et porteur de sens. Cet album ambitieux mais très accessible peut-être lu par des enfants dès 9 ans mais je pense que l’âge de réception se situe plus vers 12 ans.

 



jeudi 1 août 2013

Le phare des sirènes – Rascal / R.Lejonc – 60 p. - Didier Jeunesse – 2007 - 19.90 €


J’ai lu cet album à sa sortie. Il m’avait marquée. Depuis que je publie cette chronique, j’ai recherché cet album. Beaucoup d’émotions mais pas de références bibliothéconomiques … Je me souvenais d’un grand format, d’un phare, de l’amour d’un homme et d’une sirène, de la brutalité de la guerre. En ce moment, je recherche tous les albums de Rascal et c’est par le biais de cette recherche que je l’ai enfin retrouvé. Sa relecture a été un grand plaisir, je me suis délectée de chaque page et de chaque illustration. L’aventure commence dès la couverture, j’aimerais une reproduction grand format encadrée dans mon salon. Je trouve que ce phare est magnifique et que chacun d’entre nous, pouvons projeter nos rêves, nos espoirs et tous nos lendemains. Avant la page de titre, une carte pleine de malice et de jeux de mots nous stimule les neurones et nous prépare à entrer en littérature et en récit graphique. Ange, 13 ans, est orphelin. Il est élevé par son oncle Yann, pêcheur. Un soir de tempête, Yann disparait à bord de son bateau. Vissé à sa longue vue, Ange scrute la plage, terrassé par le chagrin et la solitude. Après des heures et des heures d’attente, Ange aperçoit un mouvement sur la plage, un corps ballotté par les vagues. Son cœur ne fait qu’un bond et il s’élance pour retrouver son oncle. Une fois arrivé au creux des rochers, Ange aperçoit une petite main aux doigts fins, il a trouvé un trésor, une sirène blessée nommée Swidja. Il aura besoin de tout l’amour de sa jeune sirène de 158 ans pour affronter l’appel des tambours, la survie dans les tranchées et un corps cassé au retour du front de la première guerre mondiale. Les illustrations sont des tableaux, chaque double page est une réalisation graphique magnifique et j’espère que vous trouverez autant de plaisir à découvrir cet album. Les jeunes gens peuvent le lire dès 14 ans.