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lundi 17 février 2014

On les aura ! Carnet de guerre d’un poilu – Barroux – 93 p. - Seuil jeunesse – 2011 – 16.70 €



Le hasard fait parfois bien les choses ... A Paris, alors qu'il se balade entre Bastille et République, Barroux est attiré par un amas de vieux objets sortis d'une cave par deux individus qui lui proposent d'emporter les objets qui l'intéressent. Au milieu des journaux et des objets abîmés, il découvre une boîte en carton contenant un cahier d'écolier et une croix de guerre. Ce cahier se révèle être le journal intime d'un combattant parti au front le 3 août 1914. Ce « soldat inconnu » a écrit chaque jour jusqu'au 12 septembre de la même année alors qu'il était à l'hôpital suite à une blessure au bras. Il raconte sa montée au front avec sa compagnie, la peur, la solitude, l'attente et surtout les longues marches éreintantes pour fuir les tirs ennemis. Barroux est resté fidèle au récit de ce soldat. Il n'a pas changé un mot ou une virgule. En revanche, il s'est emparé de l'ambiance de cet étrange été 1914. Il s'est énormément documenté pour nous offrir un roman graphique intense. Les illustrations au trait noir et à l'organisation pertinente soulignent tout le courage de cet homme qui est peut-être l'un de nos aïeuls … Dès 12 ans.

 

 



mardi 24 septembre 2013

Soie – A.Baricco / R.Dautremer – 216 p. - Tishina – 2012 – 27 €

 

Vous connaissez mon attachement à cette talentueuse illustratrice, Rebecca Dautremer. Régulièrement, je visite son site internet pour découvrir en avant-première ses croquis et ses publications. Il y a quelques mois, elle présentait son nouveau projet pour l'automne 2012, une adaptation graphique du célèbre roman d’Alessandro Baricco, Soie. Le Père Noël, dans son omniscience, me l'a apporté au pied du sapin. Quel bonheur ! J'ai dégusté ce roman en quelques heures, doucement. Chaque chapitre est un délice, ce court roman transporte le lecteur aux portes du rêve. En 1861, Hervé Joncour a 32 ans. Il vit avec sa femme Hélène, à Lavilledieu, petite bourgade du Sud de la France. Monsieur Joncour avait un métier original pour l'époque. Il achetait et vendait des vers à soie. Chaque année, la vie monotone et sans surprise du couple Joncour est bousculée par le départ pour quelques semaines d'Hervé de l'autre côté de la Méditerranée, en Syrie ou en Egypte. Malgré les milliers de kilomètres de voyage, il revenait pour la grande Messe de Pâques. Hervé et sa femme vivaient selon un rythme immuable. Ils se laissaient porter par la langueur d'une douce vie provinciale sans heurts et sans surprise. A cette époque, tous les sériciculteurs sont touchés par la pébrine. Cette maladie entraîne de gros dégâts dans les élevages. Tout le village de Lavilledieu s'inquiète. La faillite frappe aux portes des habitants. Sur les conseils de son ami Baldabiou, homme aussi mystérieux qu'excentrique, Hervé Joncour décide de rejoindre le Japon afin d'acheter des vers sains. Les habitants s'inquiètent car au Japon, la vente des vers à soie est interdite. Seul, Hervé Joncour traverse la France, la Bavière, l'Autriche et toute l'Europe jusqu'à Kiev. Délaissant le train, il parcourt à cheval 2000 kilomètres de steppe russe puis embarque pour 40 jours sur un bateau pour rejoindre la côte ouest du Japon. A pied, en empruntant des chemins de traverse, il arrivera enfin à destination dans un village reculé ou le Seigneur Hara Keï lui fera l'honneur de le recevoir, de l'écouter et surtout de lui vendre des cocons sains. Lors de leur entretien dans le palais du Seigneur, Hervé Joncour rencontrera la maîtresse d'Hara Keï. En un regard, cette jeune femme va envoûter le négociant. Il sera happé par son regard intense. En quelques minutes mais pour toute sa vie, Hervé Joncour sera obsédé par cette femme occidentale appartenant au plus grand contrebandier japonais. Cette fascination l'entraînera là ou sa propre vie ne l'avait jamais mené. Devenu un amant fougueux et un homme courageux, il s’appuiera sur cette relation fantasmée pour donner un sens à sa vie. Ce court roman contemporain ressemble à un conte. La frontière entre le réel et le fantasme est trouble. Il faut se laisser porter par l'évocation des images et des sentiments. Les répétitions en début du périple d'Hervé Joncour ponctue et ritualise l'histoire dans la foi d'un éternel recommencement. L'exotisme de ce Japon du XIXème siècle est très dépaysant. Les moeurs orientales sont détaillées avec précision tout comme la vie bourgeoise française de cette deuxième partie du XIXème. Soie est un roman original qui incite au voyage et à la réflexion sur la notion de destin. Vous vous doutez que je ne suis pas restée insensible aux splendides illustrations de Rebecca Dautremer. Ce roman illustré révèle tout son talent et toute l’expertise de son art. Aquarelle, montage photographique, collage, esquisse, les techniques sont nombreuses et permettent au lecteur de voyager au creux du livre. Ce voyage dans le temps, dans l'espace et au sein de la psychologie humaine permet d'arrêter le temps quelques heures et de savourer chaque instant de désir d'Hervé Joncour. Le lecteur retrouvera le trait japonisant de l'illustratrice, tout comme son génie à associer les roses, les rouges, les violets et les pourpres des robes de princesses ou de prostituées. Des innovations graphiques sont à découvrir comme des récits sous format bande dessinée ou une Sainte Agnès armée. Rébecca Dautremer a parfois choisi de « coller » au roman alors que parfois elle s'en affranchit en libérant son inspiration et nous révélant des dessins drôles, oniriques ou érotiques. Ce livre est à lire puis à regarder, ou bien à regarder puis à lire ou bien si vous êtes très fortes à lire et à regarder ensemble dans un mariage réussi d'art et de littérature. Je n'ai pas pu filmer ma rencontre avec Rébecca Dautremer le 12 décembre 2012 mais cette vidéo montre bien qu'elle est une artiste accomplie et une femme à rencontrer. Dès 16 ans.
 




mercredi 17 juillet 2013

L’invention d’Hugo Cabret – B. Selznick - 533 p. - Bayard Jeunesse – 2012 - 15 €


Quel drôle de roman ! Est-ce d’ailleurs vraiment un roman ? Est-ce un album ? Et bien cet ouvrage est à la frontière des deux genres : mi roman, mi album et c’est justement cela que j’ai trouvé magistralement bien trouvé et bien fait. L’histoire est captivante, le récit est simple et les illustrations sont partie intégrante du récit car ce dernier est elliptique. La lecture est obligatoirement double, cette constante sollicitation intellectuelle est géniale et crée une dynamique de lecture stimulante. En lisant cet hybride, j’avais l’impression de lire un roman en deux langues comme dans ces romans une page VO, une page français ! Rien avoir avec la lecture d’une bande dessinée car le lien entre texte et images est différent. Les illustrations sont pleines pages, en crayonnés noir & blanc avec des points de vue innovants, Mooz, zoom, plongée …1931, Hugo Cabret est un jeune orphelin qui tente d’achever l’œuvre de son père : un automate ! Il est persuadé que cet automate conserve un secret. Hugo, livré à lui-même, survit dans une gare parisienne en volant les pièces dont il a besoin pour réparer sa marionnette. Aidé de compagnons inattendus, Hugo devra déjouer des pièges, des trahisons pour connaître le secret de son Père. Ce récit est une histoire en abymes qui m’a entrainée jusqu’aux petites heures du matin !