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dimanche 16 mars 2014

Six hommes – D.Mc Kee – 39 p. - Ecole des Loisirs – 2013 – 5.60 €

Six hommes marchent les uns derrière les autres. Lourdement chargés, ils sont en quête. Ils recherchent un havre de paix afin de s'établir et de vivre paisiblement. Une fois installés sur une terre fertile, ils construisent, cultivent et commencent à prospérer. Malheureusement créer de la richesse et vivre heureux, les angoisse et les six hommes deviennent obsédés par les voleurs et les brigands … Ils recrutent alors six soldats pour surveiller les environs et particulièrement les habitants des fermes voisines ...Cet album aux illustrations en crayonnés noir résume avec finesse et perspicacité l'absurdité de la guerre. Le rapport texte/image fonctionne à merveille et rend cet album appréciable par tous, Petits et Grands. Il engage au dialogue et à l'échange sur les difficultés que rencontrent les hommes à vivre en paix ! Dès 6 ans.






mardi 14 janvier 2014

La troisième vengeance de Robert Poutifard – J.C. Mourlevat – Gallimard jeunesse – 2009- 5.40 €


Robert Poutifard déteste les enfants. Il les trouve bruyants, sournois et parfois dangereux. Il ne peut pas les voir en peinture et pourtant il a passé 40 ans auprès d’eux. Robert Poutifard est instituteur. Enfin plutôt il l’était car à l’aube de sa retraite, il ne contient plus sa joie. N’imaginez pas que Poutifard rime avec pantouflard, non … Robert attend sa retraite avec impatience car il a un projet. Il a décidé de dédier sa retraite à la vengeance. Il a répertorié toutes ses années d’enseignement et les photos de classe afin de sélectionner les élèves qui l’ont particulièrement martyrisé. 40 ans de carrière, à raison de 25 élèves par an, plus de 1000 enfants sont passés dans la classe de CM1 de Robert ! Il les a tous détesté mais sans hésitation, Robert a choisi les trois pires souvenirs d’élèves : Pierre-Yves Lecain, les jumelles Guillot et Audrey Masquepoil. Patiemment et avec talent, Robert va imaginer pour chacun de ses élèves-bourreaux, la vengeance parfaite ! Ce roman est drôle et savoureux. Le héros est absolument détestable mais résolument touchant dans sa détresse d’enseignant. Les jeunes lecteurs se délecteront de situations de classe cauchemardesques dans lesquelles les élèves sont toujours vainqueurs. Ce roman décalé et irrévérencieux propose une fin tout en délicatesse qui donne à réfléchir ! Dès 9 ans.

jeudi 19 décembre 2013

Roi de Terre d'Ombre - O.Lecrivain - 248 p. - Flammarion - 2010 - 8 €

 
A 14 ans, Arnaud est un adolescent qui fuit la réalité et les relations parfois difficiles avec son père, en collectionnant des cartes à jouer : Terre d'Ombre. Le jour où il découvre qu'un site internet vient d'être crée pour jouer en ligne, il trouve alors un sens à sa vie. Il va partir en quête comme un chevalier fidèle ... Malheureusement cette quête qu'il croit héroïque et hors du temps va dangereusement se mêler aux histoires sordides de son village et plus particulièrement au passé de son père ...Ce livre commence comme un roman de science-fiction mais page après page, le suspens s'intensifie et le comportement des personnages devient trouble. Le récit devient haletant. Un excellent thriller qui associe habilement quête, légende arthurienne, bête du Gévaudan, meurtre et même amour ! Dès 12 ans.
 
 
 

mercredi 18 décembre 2013

L’Ennemi – S.Bloch/D.Cali – 60 p. - Sarbacane – 2007 – 17 €


Cet ouvrage est un album. En le feuilletant, on aperçoit peu de texte. Les illustrations semblent premières. On en conclut alors trop vite que cet album est réservé aux jeunes lecteurs. Il est en fait destiné à chacun d’entre nous, petit ou grand. L’Ennemi est un ouvrage graphique sur l’absurdité de la guerre. On devine en toile de fond que l’histoire se déroule pendant la 1ère guerre mondiale mais cette histoire décrit toutes les guerres et leurs atrocités. Quelque part, deux trous déchirent la plaine. Dans chacun des trous, un soldat se terre et attend le moment propice pour tuer celui d’en face, celui qui est cruel et sans pitié, celui qui exterminera les femmes et les enfants, celui qui n’est pas ou plus humain. Celui qui est l’ennemi ! …A la faveur d’une nuit sans lune, un des soldats décident de se camoufler pour traverser le no man’s land et tuer l’ennemi afin de mettre fin à cette attente interminable … Les illustrations de Serge Bloch sont variées, des dessins, des photographies et des montages numériques. Mais cette variété n’induit pas une surenchère graphique. Dans cet album, Serge Bloch, travaille à l’économie. Le trait fin et juste fonctionne en complémentarité du récit. La narration est portée autant par le texte que par l’image. Et c’est le dialogue entre les deux qui donne du sens et de la profondeur à cet album singulier et percutant. L’organisation de l’objet-livre est aussi réfléchi et porteur de sens. Cet album ambitieux mais très accessible peut-être lu par des enfants dès 9 ans mais je pense que l’âge de réception se situe plus vers 12 ans.

 



jeudi 17 octobre 2013

Ti Poucet – S.Servant/I.Green – 40 p. - Rue du Monde – 2009 – 15 €


Après la chèvre de Monsieur Seguin, MoyenMoyen est passionné par le Petit Poucet. Règle t-il définitivement son complexe d’Œdipe ou essaie t-il de me dire quelques chose ? Dans tous les cas, nous arpentons tous les rayonnages de la bibliothèque à la recherche des diverses versions du Petit Poucet. Je vous avais déjà présenté le Journal secret du Petit Poucet de P.Lechermeier et R.Dautremer, ouvrage que je connais depuis longtemps maintenant mais que j’ai relu avec plaisir : ici ! Nous avons aussi relu Perdu et nous avons de nouveau ri et apprécié le rythme de cet ouvrage, ici. Ti Poucet est un album qui a subjugué MoyenMoyen et qui m’a confortée dans mon admiration pour Ilya Green. Cet ouvrage est une réécriture moderne du Petit Poucet. Dès la première page, on comprend que Ti Poucet est un jeune garçon qui vit à notre époque et peut-être à côté de chez nous. Il traîne en périphérie de la ville. Il semble désoeuvré. Les mains dans les poches, il triture sans cesse les trois cailloux qui ne le quittent jamais. Les villageois se moquent de lui car il a préféré manger les miettes de pain et mettre les fameux cailloux dans sa poche plutôt que de suivre ses frères et de retrouver ses parents un peu trop méchants. Les villageois le méprisent. Ils interdisent à leurs enfants de jouer avec lui. Ils le montrent du doigt en prévenant les plus jeunes que s’ils n’obéissent pas ils seront seuls et pitoyables comme Ti Poucet. Mais un jour, cette petite ville tranquille est terrorisée par l’arrivée d’un ogre gigantesque qui veut un enfant à dévorer. Cet ogre est effrayant avec sa bouche rouge et ses tatouages qui lui couvrent le corps. Un fois leurs enfants cachés, les villageois décident d’offrir Ti Poucet à l’ogre. Ils sont bien contents de se débarrasser de l’horrible colosse et du minuscule orphelin du même coup. Heureusement Ti Poucet est si petit qu’il arrive à se faufiler entre les doigts de l’ogre. Il court Ti Poucet, il court après la grand-route, au cœur de la forêt. Il tente se semer l’ogre dont il sent le souffle dans son cou … Cette réécriture du célèbre conte de Perrault n’est pas une version édulcorée. On frémit vraiment à la première lecture. Les villageois sont méprisables. Ti Poucet, malgré son visage renfrogné, est d’une fragilité sincèrement touchante. L’ogre est juste terrifiant avec ses dents « pointutes ». Heureusement que la fin du récit et la chute sont admirablement bien menées. L’histoire prend alors tout son sens, chaque chose reprend sa place. La vérité est dite. Le chagrin et la rancœur sont passés. Ti Poucet peut se reconstruire et grandir en paix. La mise en abyme et les conseils donnés aux lecteurs sont savoureux et apaisent le ou les lecteur(s). Suivant le schéma narratif du conte traditionnel, Stéphane Servant donne du sens à son interprétation du Petit Poucet. Les enfants ne s’y tromperont pas et sauront lire entre les lignes et débusquer leur propre version du conte. D’ailleurs, les plus affûtés débusqueront des clins d’œil à d’autres récits célèbres. Avec cette version, on touche du doigt l’essence même de l’intertextualité ! Les illustrations sont en adéquation avec cette version du conte. Les couleurs sont flamboyantes. Le rouge est très présent et souligne les sentiments de colère et de peur de Ti Poucet. On retrouve le style d’Ilya Green et ses marottes, l’enfant-chat, les arabesques de l’eau et des nuages, les pommettes rougies des enfants et surtout leurs regards si caractéristiques. Si vous aimez le rouge, je vous conseille cette exposition virtuelle de la BNF : ici. Dès 7 ans pour les PetitsProches qui sont au clair avec la peur de la dévoration et des monstres !
 

mardi 8 octobre 2013

La Prédiction – A.Hoffman – 160 p. - Gallimard jeunesse – 2006 – 8.15 €


Dans un autre monde ou peut-être dans un passé lointain, une communauté de femmes, semblables aux amazones, vit en tribu. Ces femmes sont de redoutables guerrières. Dès leur plus jeune âge, elles s’entraînent aux diverses formes de combat : lance, masse, arc... Cavalières émérites, elles font corps avec leurs chevaux. Leurs talents permettent à ces femmes d’être une tribu invaincue jusqu’alors. Les autres clans les considèrent comme des monstres mi-femme mi-cheval. D’ailleurs l’attribution d’un cheval à 13 ans marque le passage à l’âge adulte et donc au statut prestigieux de guerrière pour les meilleures d’entre elles. Ces femmes forment une communauté nomade qui fonde sa cohésion sur les interactions entre castes : les prêtresses, les gardiennes des abeilles, les guerrières … Cette société matriarcale suit des règles strictes d’obéissance à la Reine. Le pouvoir naît dans le ventre des mères qui le transmettent à leurs filles. Les hommes sont exclus de cette tribu. Ils sont considérés comme des sauvages, des ennemis à tuer, qu’ils viennent des territoires du Nord ou des villes de pierre de l’Ouest. Lors de leurs victoires, ces amazones sélectionnent les plus valeureux pour les garder prisonnier afin d’en abuser quelques nuits pour procréer leurs filles. Malheureusement Pluie, l’héroïne n’est pas née de cette tradition ancestrale qui légitime la filiation maternelle. Pluie est née d’un viol collectif. Sa mère Alina est la Reine de la tribu mais elle déteste sa fille. Elle ne l’a jamais regardée, ne l’a jamais portée dans ses bras. Elle laisse les différentes représentantes des castes éduquer Pluie. Alina exige que sa fille soit la meilleure pour monter sur le trône d’os et de pierres de rivière. Pluie est versée dans la divination. Elle est une cavalière extraordinaire et une guerrière héroïque. Sans un mot échangé en treize ans, la fille attend un encouragement, un simple regard de reconnaissance mais Alina ignore sa fille qui pourtant devient une femme et se prépare à lui succéder. Pluie n’apprend pas le pouvoir par imitation ou en suivant les conseils de sa mère. Elle est seule. Elle observe sa mère à la dérobée pour comprendre la stratégie guerrière et les rouages du pouvoir. Elle sait que son destin l’obligera à devenir féroce, brutale, intransigeante pour garder le pouvoir et perpétuer les victoires de son peuple. Au fil des années le corps de Pluie se couvrent des traditionnels tatouages bleus symbolisant ses réussites et ses exploits. Elle pense être prête à monter sur le trône mais d’étranges rêves et des rencontres bouleversantes vont compliquer ses projets ….Lorsque j’ai refermé ce livre, j’ai tout de suite cherché le tome 2. Malheureusement j’ai dû me contenter de ce seul et unique roman. De nombreuses thématiques sont abordées comme l’homosexualité, le racisme, la filiation, l’esclavage et le viol. Les descriptions sont parfois brutales et sanglantes à l’image de cette époque imaginaire rythmée par les guerres. Pluie est un personnage dont l’évolution psychologique est intéressante. Malgré les difficultés et l’opprobre de sa tribu, elle écoute ses convictions et devient une femme libre et fière. J’ai aimé ce roman sombre qui incite à la réflexion sur l’image de la femme. J’ai vibré aux descriptions des combats et des techniques guerrières mises au point par ses femmes. Les traditions autour de la vie et de la mort sont travaillées avec subtilité. La lecture est exaltante et complètement dépaysante. GrandGrand a lu ce roman. Il a apprécié les grands espaces, le nomadisme et la force de ses héroïnes légendaires. Je le conseille donc à tous les lecteurs dès 13 ans.