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jeudi 19 septembre 2013

Tout Seul – C.Chabouté – 365 p. - Edition Vents d’Ouest – 2008 – 25.50 €

 
J’ai longtemps laissé cette bande dessinée prêtée par une amie sur ma PAL (Pile à Lire). Toute cette obscurité sur la couverture me laissait envisager un album sombre. Le titre me semblait une porte ouverte aux pensées les plus funestes. Autant vous dire que j’ai trouvé des prétextes durant de nombreuses semaines avant de trouver le courage de tourner la première page. J’ai tout d’abord lu en pointillé. Je ne voulais pas me laisser emporter dans un récit sinistre. J’ai tourné les premières pages et très vite, j’ai lu, à toute vitesse comme une gloutonne. Puis j’ai relu plusieurs fois par plaisir lentement en détaillant chaque vignette, chaque dessin. Tout en noir et blanc, ce roman graphique est touchant. Les travelling sont une merveille. Les angles de prises de vue sont sidérants et permettent de s’immerger dans l’ambiance particulière de ce récit visuel. Toutes les semaines, le Dalhia, bateau de pêche, accoste au pied d’un phare perdu en mer. La patron ordonne à la nouvelle recrue du bateau de débarquer les deux caisses fermées qu’ils ont embarquées au port. Le jeune homme s’interroge sur la nécessité d’apporter des caisses de vivres aux marches d’un phare automatique. La patron marmonne, rouspète et cherche à éviter les questions. Le jeune homme boude jusqu’à le patron lâche le morceau : Cinquante ans plus tôt, un vieux couple de gardien a donné naissance à un enfant difforme dans ce phare. Après la naissance, ils n’ont jamais sorti leur fils. Personne ne l’a vu, personne ne le connaît. Au village tous le nomme « Tout Seul ». Voyant sa mort approcher, le père a donné toutes ses économies au patron du bateau afin qu’il ravitaille son fils chaque semaine. Depuis 15 ans, il débarque deux caisses de vivres, de médicaments et d’hameçons afin que Tout Seul puisse survivre. Le jeune apprenti se demande ce que cet homme solitaire, coupé de tous liens extérieurs, peut faire de ses journées. « Tout Seul » pêche, un peu, mange, dort et surtout il lit. Il lit le seul et unique livre disponible dans son phare du bout du monde, il lit sans fin et sans relâche un dictionnaire. Le cérémonial est toujours le même, Tout Seul lève bien haut les mains, portant le dictionnaire au dessus de sa tête, il le jette sur la table afin que le hasard décide de la page. Il s’approche yeux fermés et laisse son index pointé un article. Coupé de toute civilisation, de toute culture, ses interprétations des définitions sont farfelues, cocasses, oniriques et étonnantes. Sa collection d’objets pêchés en mer lui constitue un univers imaginaire qu’il utilise afin de mettre en scène les mots offerts par le dictionnaire. Ce monstre est d’une humanité rare et sa solitude est d’autant plus touchante. Mon GrandGrand, l’a lu et relu. Tout comme moi, il a été ému par ce personnage. Ce roman graphique est un album envoûtant que je recommande dès 12 ans.
 


 

jeudi 1 août 2013

Le phare des sirènes – Rascal / R.Lejonc – 60 p. - Didier Jeunesse – 2007 - 19.90 €


J’ai lu cet album à sa sortie. Il m’avait marquée. Depuis que je publie cette chronique, j’ai recherché cet album. Beaucoup d’émotions mais pas de références bibliothéconomiques … Je me souvenais d’un grand format, d’un phare, de l’amour d’un homme et d’une sirène, de la brutalité de la guerre. En ce moment, je recherche tous les albums de Rascal et c’est par le biais de cette recherche que je l’ai enfin retrouvé. Sa relecture a été un grand plaisir, je me suis délectée de chaque page et de chaque illustration. L’aventure commence dès la couverture, j’aimerais une reproduction grand format encadrée dans mon salon. Je trouve que ce phare est magnifique et que chacun d’entre nous, pouvons projeter nos rêves, nos espoirs et tous nos lendemains. Avant la page de titre, une carte pleine de malice et de jeux de mots nous stimule les neurones et nous prépare à entrer en littérature et en récit graphique. Ange, 13 ans, est orphelin. Il est élevé par son oncle Yann, pêcheur. Un soir de tempête, Yann disparait à bord de son bateau. Vissé à sa longue vue, Ange scrute la plage, terrassé par le chagrin et la solitude. Après des heures et des heures d’attente, Ange aperçoit un mouvement sur la plage, un corps ballotté par les vagues. Son cœur ne fait qu’un bond et il s’élance pour retrouver son oncle. Une fois arrivé au creux des rochers, Ange aperçoit une petite main aux doigts fins, il a trouvé un trésor, une sirène blessée nommée Swidja. Il aura besoin de tout l’amour de sa jeune sirène de 158 ans pour affronter l’appel des tambours, la survie dans les tranchées et un corps cassé au retour du front de la première guerre mondiale. Les illustrations sont des tableaux, chaque double page est une réalisation graphique magnifique et j’espère que vous trouverez autant de plaisir à découvrir cet album. Les jeunes gens peuvent le lire dès 14 ans.