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mercredi 19 février 2014

Oiseau et Croco – A.Deacon/E.Duval – 30p. - Kaléidoscope – 2013 – 13.50 €


Une nuit, sur le sable, deux œufs éclosent … Tout d’abord, un oisillon bascule de sa coquille puis un «crocodillon» surgit de l’œuf voisin. Fragiles et seuls, les deux petits s’entraident pour survenir à leurs besoins. Ils grandissent ensemble et s’adaptent à leurs instincts différents. Le jeune crocodile chante à la tombée de la nuit et le jeune oiseau s’entraîne à flotter sur l’eau comme un tronc d’arbre ! Mais un jour, la rivière les emporte au cœur de la jungle au bord d’un lac empli de crocodiles au-dessus duquel des milliers d’oiseaux s’ébattent. Les deux amis comprennent alors qu’ils ne sont pas frères ! Cet album propose une diversité graphique intéressante, parfois des illustrations pleine page, parfois des images et une organisation plus proches de la bande dessinée. Ces alternances cadencent la lecture et captent l’attention des jeunes lecteurs. Le récit est lui aussi un vrai plaisir à partager. Les thèmes de la différence et de l’amour sont traités habilement et permettent aux plus jeunes de s’interroger sur la notion d’altérité … Dès 4 ans.





lundi 16 décembre 2013

L’Attrape-rêves – X.L. Petit – 275 p. - Ecole des Loisirs – 2009 – 9 €

Quelque part aux Etats-Unis, loin de l’effervescence des villes, Louise vit depuis toujours dans un hameau isolé au cœur d’une vallée. Elle cohabite avec son père, homme taciturne et silencieux depuis le départ de sa femme quelques années plus tôt. Malgré les questions concernant sa mère qui la tourmentent, Louise ne se laisse pas aller à la mélancolie et à la tristesse. Son vœu le plus cher est de faire des études pour ne pas finir sa vie à la scierie du village comme la plupart des habitants. Louise aime apprendre, travailler et se cultiver notamment auprès de M. Harrison. Ce professeur de littérature incite ses élèves à lire les plus grands auteurs Baudelaire, Poe, Lessing, Salinger … Il les entoure, les soutient et leur offre la poésie comme un remède à tous le maux. C’est en lisant à ses camarades un des poèmes d’Emily Dickinson à la demande de M.Harrison que Louise va rencontrer Chems, un nouvel élève de la classe. Il n’est pas de la plaine. Il n’est pas de la vallée. Il n’appartient à aucun groupe d’élèves. Il n’est pas d’ici et pas d’un là-bas connu. Avec ses cheveux longs, sa couleur ambrée de peau et ses traits fins, il ne ressemble à personne mais pourtant Louise est irrésistiblement attirée par lui. Ce roman rude et sauvage m’a emportée au milieu d’une vallée que j’aimerais bien connaître. Le récit est fluide et bien rythmé. Les personnages sont élégamment liés les uns aux autres. Louise est une jeune fille crédible à laquelle on s’attache tout au long du roman. J’ai aimé lire l’alternance de tout ce qui s’éteint, meurt ou disparaît sous les yeux de Louise pour qui tout commence, tout s’ébauche et tout se déclenche … Les intrigues sont elles aussi brillamment imbriquées sans être complexes ou tortueuses. De nombreux thèmes sont abordés comme la préservation de la nature, les relations père-fille et l’amour bien sûr. J’ai apprécié la perspicacité de l’auteur à dévoiler la tolérance sous toutes ces facettes. Il entraîne le lecteur à réfléchir aux enjeux, aux possibilités et aussi aux difficultés qu’elle peut engendrer parfois. Dès 14 ans.

mercredi 11 décembre 2013

L’arbre de paix – A.Jonas/R.Lejonc – 30 p. - Flammarion – 2013 – 17 €


Youba naît aux portes d’un désert dans un village où les hommes aiment la guerre et incitent leurs fils à devenir des combattants féroces et violents. Dès son plus jeune âge et malgré les coups, Youba, tente de faire entendre des paroles de clémence, d’apaisement et de réconciliation. Il fredonne sans cesse un poème qui vante les mérites de la paix. Discrètement cette douce mélopée envahit le cœur des femmes et des enfants du village. Les guerriers ne peuvent plus supporter sa présence et son chant …Youba doit disparaître … Cet album très grand format est un très beau plaidoyer contre l’absurdité de la guerre. Le récit propose un texte au style envoutant grâce notamment à la répétition du chant de Youba. Les illustrations sont somptueuses et permettent une immersion au cœur de ce village africain qui sera le lieu de sombres périodes de conflit mais qui sera aussi le berceau de l’arbre de paix. Un album captivant qui ne peut pas laisser indifférent. Dès 9 ans.

 


 

mardi 10 décembre 2013

Amos et le pays noir – A.Cortey/J.Coat – 30 p. - Autrement Jeunesse – 2009 – 16 €


J’ai choisi ce livre à la bibliothèque car je tente de lire tous les albums de Janik Coat (j’aime les défis !). Le soir venu, je le propose à MoyenMoyen en lecture du soir. Il m’a envoyé paître en prétextant que c’était un livre pour les petits. Depuis que MoyenMoyen est en CP, il a des exigences littéraires drastiques. J’ai attendu quelques jours et je l’ai lu à PetitPetit en vérifiant que MoyenMoyen était dans les parages. Le piège s’est refermé et deux minutes plus tard, il était sur mes genoux à apprécier cet album jusqu’à la dernière page. Amos est un koala multicolore. Malheureusement il vit dans un pays noir et sombre. Les fleurs, les plantes, les maisons, les voitures, le ciel et les nuages sont noirs comme le charbon et comme le plomb. Même les habitants sont obscurs et leurs apparences ressemblent à leur noirceur d’âme. Ils ne veulent pas parler, ni partager quoi que ce soit avec le jeune koala multicolore. Amos ne ressemble à personne. Il est triste et mène une existence terne. Au creux d’un arbre, il découvre une boîte contenant un magnifique et gigantesque arc-en-ciel. Il décide alors de traverser tout le pays noir pour semer des grains de couleurs, des paillettes de vie et des étoiles de toutes les teintes possibles tirés de sa boîte de « koalandore». Peu à peu, le pays noir s’éclaircit, se métamorphose et se transforme afin de devenir une terre accueillante où de nouveaux habitants de toutes formes, de toutes couleurs et de tous genres s’installent et fondent leurs foyers. Amos n’est plus seul. Il ne ressemble toujours à personne mais personne ne se ressemble maintenant. Il est heureux de vivre dans ce pays jaune, bleu, vert, rouge ….MoyenMoyen et PetitPetit aiment beaucoup cet album. Le récit plein d’optimisme est court et bien rythmé. Les thèmes de la tolérance et de la différence sont traités habilement. La transformation du pays noir est un plaisir visuel. Les couleurs défilent, se multiplient, se mélangent et permettent à l’enfant de les nommer s’il en a envie. MoyenMoyen aime observer les animaux cachés dans les premières pages pour se faire peur. PetitPetit lui s’attarde sur les expressions d’Amos : « Amo pleure, Amo triste, Amo peur … » Je suis touchée de le voir sensible aux émotions du koala (Aurait-il terminé sa phase tracteur et autres engins cauchemardesques ? ). Peut-être aussi que le rapport texte/image et les merveilleuses illustrations de Janik Coat lui permettent de s’identifier et de vivre pleinement cet album très réussi. Dès 3 ans.

 


 


dimanche 20 octobre 2013

Wonder – R.J.Palacio – 410 p. Pocket jeunesse – 2013 – 17.90 €


August a dix ans. Il vit avec sa famille dans une belle maison de Brooklyn. Il est fan de Star wars et il est imbattable à la Xbox. Il aime jouer avec son chien Daisy et embêter sa grande sœur Via. Il est intelligent, curieux et perspicace. Sa vie pourrait sembler douce et harmonieuse. Mais si vous croisiez August, vous ne diriez pas qu’il est adorable. Vous ne le trouveriez certainement pas aimable. August est effrayant ! Tous les enfants le craignent et les adultes tournent la tête à son passage. Il souffre d’une dysplasie otomandibulaire bilatérale. Son visage est complètement destructuré. Malgré de nombreuses opérations, il reste défiguré. Chaque sortie au jardin public l’oblige à subir les cris ou les rires des autres enfants. Tous les habitants du quartier le connaissent et le redoutent. August bénéficie de l’enseignement à domicile guidé par sa mère. Malheureusement ou heureusement, cette dernière ne se sent plus capable de continuer à instruire son fils. Elle se sent dépassée par les apprentissages. Elle et son mari décident alors d’inscrire August au collège en 6ème. Lorsque ses parents lui apprennent la nouvelle, il est terrorisé et refuse. Discussion après discussion, argument après argument, August accepte de rencontrer Monsieur Bocu ( !), le Principal du collège Beecher. Ce rendez-vous sera aussi l’occasion pour August de côtoyer des futurs élèves de 6ème. En quelques minutes, il découvrira l’amitié, la confiance et le plaisir de discuter avec des enfants de son âge. Il sera aussi confronté à la bêtise, la méchanceté et la duplicité … Considérant cette rentrée comme un défi personnel, August décide alors d’intégrer le collège Beecher … Sous forme de journal intime, ce roman est émouvant alors que le ton n’est ni mièvre, ni gnangnan. Les narrateurs se succèdent à chaque chapitre ce qui évite un roman chronologique monotone. Si August commence ce journal, sa sœur, sa meilleure amie, son ami, son futur beau frère offrent eux aussi des versions alternatives à cette tumultueuse année de 6ème. Le style est très agréable. Les jeunes lecteurs dégusteront certains dialogues cocasses et certains échanges de sms leur rappelleront peut-être leur quotidien. Les thèmes de la différence, du respect et de l’apparence sont au cœur du récit. August est un héros crédible car il n’est pas que gentil, doux et compréhensif. Il est aussi coléreux, rancunier et un peu « mamanipulateur » … Un vrai garçon de 10 ans ! Ce roman m’a entraînée plusieurs fois au bord des larmes sans pour autant me rendre triste. Mon GrandGrand a trouvé qu’August était un héros comme il les aime courageux, entreprenant et en quête d’un avenir meilleur … Dès 10 ans.
 

jeudi 17 octobre 2013

Allô Jésus, ici Momo – E.Simard – 46 p. - Syros – 2013 – 3 €


Arrivé depuis quelques mois du Maroc, Mohammed s’intègre très bien dans sa nouvelle école. Il a déjà de nombreux amis et même une amoureuse, Doumbia. Son père, Monsieur Habib et sa femme Aïcha, ont ouvert une épicerie au village. Malheureusement les habitants ne prennent pas leurs habitudes dans le nouveau commerce de proximité. Si ses parents sont inquiets pour leur avenir au village, Mohammed, lui aussi est soucieux. Il veut absolument participer à la crèche vivante organisée au village pour célébrer la veillée de Noël. Malheureusement tous les rôles importants ont déjà été distribués … Très amoureux de Doumbia qui joue le rôle de Marie, il tient à fêter cet évènement avec elle au cœur de l’église. Il finit par accepter le costume du mouton. Mais en annonçant la bonne nouvelle à ses parents, il ne s’attend pas à la réaction virulente de son père qui refuse catégoriquement le rôle donné à son fils …J’aime Eric Simard. Je vous ai déjà présenté quelques uns de ses romans les Aigles de pluie et l’Enfaon. Dans ce très court récit, il change de registre et adapte son style à une fiction plus réelle, plus proche des préoccupations de la vie quotidienne. Néanmoins, je retrouve son talent pour inciter les jeunes lecteurs à réfléchir et à se forger leurs propres opinions. Allô Jesus, ici Momo encourage les PetitsProches à s’intéresser à différentes cultures et différentes religions. Avec humour, il les invite à comprendre les enjeux de la mixité sociale et la richesse de la diversité culturelle. Avec un happy end mais sans mièvrerie, Eric Simard réussit en quelques pages à offrir un beau plaidoyer pour la tolérance. Dès 8 ans.

Monsieur Blaireau et Madame Renarde, tome 1 : la Rencontre – B.Luciani/E.Tharlet – 32 p. - Ecole des Loisirs – 2012 – 6 €


Cette bande dessinée aux illustrations douces et délicates recèle une belle histoire de mixité et une leçon de tolérance. Monsieur Blaireau, veuf, vit seul avec ses trois petits, Cassis, Glouton et Carcajou. Alors qu’il tente de maintenir sa progéniture à table, Monsieur Blaireau entend quelqu’un entrer dans le terrier familial. Il cache ses petits car les prédateurs sont nombreux en cette fin d’été … Il est soulagé d’apercevoir des petites moustaches, des oreilles fines et un pelage orangé. Il ne craint pas les renards. D’autant que ce renard est une jeune renarde ravissante. Elle et sa petite viennent d’être délogées de leur terrier par les chasseurs. Son récent divorce et cette fuite ont durement éprouvé la belle renarde. Monsieur Blaireau leur propose l’hospitalité pour la nuit et pour la vie ! Roussette, la jeune renarde n’est pas du tout conquise par cette idée saugrenue … Les blaireaux et les renards ne sont pas faits pour vivre ensemble. Elle trouve Glouton et Carcajou trop différents d’elle. Ils sont trop prudents, trop peureux et trop lents pour jouer. Les jeunes blaireaux la jugent intrépide, excitée et vraiment agaçante. Ils ne veulent pas cohabiter. Ils ne veulent pas devenir frères et sœur de terrier … Heureusement Edmond, le blaireau et la belle renarde laissent du temps à leurs enfants pour apprécier la vie de famille recomposée …Cette bande dessinée est délicieuse par son style graphique. Douceur, délicatesse et décors soignés offrent au lecteur de magnifiques illustrations. Le récit est savoureux par les dialogues enlevés et les situations drôles de la vie quotidienne du terrier. Les thèmes du divorce, du deuil et de la famille recomposée sont habillement menés. Les PetitsProches concernés ou non trouveront des réponses à leurs questions et pourront réfléchir aux difficultés rencontrées par la vie de famille qu’elle soit recomposée ou non … Dès 7 ans.

samedi 21 septembre 2013

Jamais seul – D.Poitrenaud/C.Garralon – 24 p. - Kilowatt – 2011 – 7 €

 
Je suis en veille tout le temps … Non je ne suis pas dans un état de sommeil avancé. Je surveille, je cherche et parfois je trouve ! Claire Garralon est une illustratrice que j’apprécie, rappelez-vous Rond rouge. Au Salon de Montreuil, j’ai découvert cet album que je ne connaissais pas. Jamais seul est le récit d’un enfant différent. Est-il en situation de handicap ? Est-il autiste ? Est-il touché par les multiples troubles dys ? On ne sait pas mais il est différent. Néanmoins il semble très épanoui au sein de sa famille. Il est intégré dans sa classe. Il rit avec ses copains. Il aime son assistante vie scolaire. Il passe d’agréables jeudis avec un enseignant spécialisé qui intervient à l’école. Il prend le bus comme un grand mais il sait que le chauffeur veille sur lui ! Même la nuit il sait qu’il est accompagné car il partage sa chambre avec un gardien protecteur : Jonas son poisson rouge. Cet enfant est heureux et jovial car il n’est jamais seul et surtout il n’est jamais livré à lui-même. Le monde qui l’entoure est parfois source d’angoisse et de malaise car il ne comprend pas toutes les interactions et les rapports de causalité de la vie quotidienne. Il ne sait pas déchiffrer les dangers. Très sensible à l’environnement, il peut avoir besoin d’une épaule, d’une oreille, d’une main rassurante pour l’aider à avancer sur le chemin de la vie ! J’ai beaucoup apprécié ce livre qui permet à l’enfant concerné de lire et de voir qu’il n’est pas le seul à avoir une vie différente des autres enfants. Je le conseille aussi à tous les enfants qui un jour seront peut-être scolarisés avec des enfants différents qui nécessitent des rythmes alternatifs et des attentions soutenues. Très coloré, les illustrations gaies optimisent le récit. De multiples détails montrent que le héros est unique mais qu’il fait surtout partie d’un groupe et d’une famille. Je savais que même sur un sujet délicat, Claire Garralon assurerait avec brio un album sincère et honnête. Bravo ! Dès 4 ans.