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dimanche 14 juin 2015

Dieu me déteste – H.Seamon – 276 p. - La Belle Colère – 2014 – 19 € ou 10/18 - 2015 - 7.10 €



Après des années de lutte, Richard Casey sait qu'il a perdu la guerre. Il est hospitalisé à l'unité des soins palliatifs de l'hôpital Hilltop. A 17 ans, il n'envisage pas de mourir sans avoir réalisé deux ou trois vœux plus importants que la sempiternelle sortie à Disneyland ! Tout d'abord il profite de la visite de son oncle, Phil, fêtard notoire pour s'échapper du service et rejoindre les bas quartiers d'Hudson pour la nuit d'Halloween. Mais surtout il compte répondre aux avances de la jeune fille de la 302, la belle Sylvie, qui semble le trouver à son goût … Une course contre le temps commence alors pour Richard qui devra déjouer bien des pièges et combattre des ennemis véloces pour être et vivre un instant comme un adolescent ! Dieu me déteste n'est pas un roman triste. Le récit est même drôle et particulièrement optimiste. On s'attend à fondre en larmes et on se retrouve à pleurer de rire … Les dialogues sont croustillants, les péripéties épiques et les personnages haut-en-couleurs. Richard et Sylvie deviennent des Roméo et Juliette d'un autre temps … Dès 14 ans.


- Petit format -

vendredi 10 janvier 2014

Nos étoiles contraires – J.Green – 330 p. - Nathan – 2013 – 16.50 €

 
Je dois vous avouer que je n’ai pas choisi ce livre *. L’aurais-je lu si j’avais eu le choix ? Je ne sais pas mais si je ne l’avais pas lu, je serais passée à côté d’un très bon roman (comme quoi parfois la contrainte a du bon ! ) Effectivement ce roman m’a emportée jusqu’aux petites heures encore sombres du matin. Hazel est une jeune fille de 17 ans qui combat un cancer depuis de longues années. Sa mère s’inquiète de la voir rester dans sa chambre sans reprendre goût à la vie alors que sa maladie semble stabilisée par un nouveau traitement. Pour rassurer sa mère, Hazel accepte de participer à un groupe de soutien hebdomadaire. Ces réunions regroupent des jeunes gens malades ou en rémission qui partagent leurs peurs, leurs difficultés et tentent de se soutenir face à la maladie, face à la vie et pour certains face à la mort. Mais ce que Hazel ne prévoyait pas c’est qu’au cœur de ses assemblées, non seulement elle trouverait des réponses à ses questions mais elle rencontrerait aussi Augustus, l’amour de sa vie …Pour combien de temps ? Ce roman d’amour peut sembler triste et complètement déprimant. J’avoue que quelques passages m’ont noué la gorge mais j’ai aussi beaucoup pleuré de rire. John Green a un vrai talent pour mêler le drame à l’humour et le pathétique au cocasse. Hazel est un personnage complexe d’une lucidité désarmante. Les dialogues sont savoureux et engagent le lecteur à une véritable réflexion sur l’amour, l’amitié et le sens de la vie. Les relations familiales sont disséquées avec finesse et dévoilent toute la force des liens parents-enfants même quand ces derniers empoisonnent et emprisonnent les adolescents qu’ils soient malades ou non. Hazel et Augustus font maintenant partie des couples maudits mais leur amour restera dans les souvenirs de chaque lecteur de Nos étoiles contraires – Dès 14 ans et même un peu avant pour les lecteurs qui se sentent armés pour un récit poignant !

* Je devais présenter ce livre à mes élèves lycéens pour mettre en avant la sélection de la Quinzaine du livre à Tours.
 

lundi 16 décembre 2013

L’Attrape-rêves – X.L. Petit – 275 p. - Ecole des Loisirs – 2009 – 9 €

Quelque part aux Etats-Unis, loin de l’effervescence des villes, Louise vit depuis toujours dans un hameau isolé au cœur d’une vallée. Elle cohabite avec son père, homme taciturne et silencieux depuis le départ de sa femme quelques années plus tôt. Malgré les questions concernant sa mère qui la tourmentent, Louise ne se laisse pas aller à la mélancolie et à la tristesse. Son vœu le plus cher est de faire des études pour ne pas finir sa vie à la scierie du village comme la plupart des habitants. Louise aime apprendre, travailler et se cultiver notamment auprès de M. Harrison. Ce professeur de littérature incite ses élèves à lire les plus grands auteurs Baudelaire, Poe, Lessing, Salinger … Il les entoure, les soutient et leur offre la poésie comme un remède à tous le maux. C’est en lisant à ses camarades un des poèmes d’Emily Dickinson à la demande de M.Harrison que Louise va rencontrer Chems, un nouvel élève de la classe. Il n’est pas de la plaine. Il n’est pas de la vallée. Il n’appartient à aucun groupe d’élèves. Il n’est pas d’ici et pas d’un là-bas connu. Avec ses cheveux longs, sa couleur ambrée de peau et ses traits fins, il ne ressemble à personne mais pourtant Louise est irrésistiblement attirée par lui. Ce roman rude et sauvage m’a emportée au milieu d’une vallée que j’aimerais bien connaître. Le récit est fluide et bien rythmé. Les personnages sont élégamment liés les uns aux autres. Louise est une jeune fille crédible à laquelle on s’attache tout au long du roman. J’ai aimé lire l’alternance de tout ce qui s’éteint, meurt ou disparaît sous les yeux de Louise pour qui tout commence, tout s’ébauche et tout se déclenche … Les intrigues sont elles aussi brillamment imbriquées sans être complexes ou tortueuses. De nombreux thèmes sont abordés comme la préservation de la nature, les relations père-fille et l’amour bien sûr. J’ai apprécié la perspicacité de l’auteur à dévoiler la tolérance sous toutes ces facettes. Il entraîne le lecteur à réfléchir aux enjeux, aux possibilités et aussi aux difficultés qu’elle peut engendrer parfois. Dès 14 ans.

mercredi 23 octobre 2013

Quelques minutes après minuit - S.Dowd/P.Ness /J.Kay – 224 p. - Gallimard Jeunesse – 2012 – 18 €


Avec son style si particulier, j’aime les ouvrages de Patrick Ness. Je vous ai déjà présenté la Voix du couteau. J’attendais donc son nouveau roman avec impatience. La quatrième de couverture parlait de cauchemars et de monstres qui apparaissent après minuit … Je m’attendais à de la science-fiction. J’étais prête à m’évader dans un autre monde. Je ne crains plus les monstres et je veille tout le temps après minuit ! Je l’ai lu d’une traite. Au bout de quelques pages, j’étais en apnée. Une boule dans la gorge, les larmes aux yeux. Mon cœur est passé à la moulinette ce soir là. Effectivement, ce roman n’est pas un roman de science-fiction même si le merveilleux se mêle au récit. C’est un roman d’amour. Connor a 13 ans. Il vit seul avec sa mère. Atteinte d’un cancer, elle subit de lourds et terribles traitements. Connor gère le quotidien de la maison et soutient sa maman. Après une chimiothérapie particulièrement difficile, la grand-mère de Connor s’installe à leur domicile afin de soulager sa fille et son petit-fils. Connor déteste son aïeule et elle lui rend bien. La cohabitation est tendue mais ils font des efforts pour ne pas fatiguer davantage la jeune femme épuisée. Depuis l’annonce de la maladie de sa mère, Connor fait chaque nuit un cauchemar qui le terrorise. Ses journées sont tout aussi difficiles puisqu’il est maltraité à l’école par une bande de garçons perfides et violents. Une nuit, il est réveillé par les vomissements de sa mère. Il n’arrive pas à se rendormir. Il se lève alors pour observer le jardin. Un monstre gigantesque se dresse devant sa fenêtre et lui ordonne de sortir. Le monstre est un if gigantesque venu de la nuit des temps pour raconter trois histoires à Connor. Trois histoires qui lui donneront le courage d’en raconter une quatrième, son histoire dans laquelle il devra avouer une vérité, la vérité. S’il ne se soumet à cette règle, il sera dévoré vivant par le monstre fait de bois, de branches et d’épines. Nuit après nuit, Connor écoutera les histoires de l’arbre géant qui lui rappelle que « Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ? ». Il utilisera la force du monstre et ses conseils pour se révolter. Mais vient bientôt l’heure de la quatrième et dernière histoire et c’est à Connor de la raconter … Ce livre est captivant de la première à la dernière ligne. La tension narrative est habilement construite. Les aller-retours vie réelle et vie rêvée se nouent autour des histoires du monstre dont on cherche le sens secret. Le personnage de Connor est émouvant. Ses relations avec son entourage et particulièrement avec sa mère sont d’une intensité rare. Ce livre est aussi un roman graphique. De magnifiques illustrations noir et blanc complètent le récit. Siobhan Dowd a commencé ce roman. Elle a écrit une ébauche et un début. Elle avait déjà cerné les personnages avant d’être terrassée par un cancer. Patrick Ness a repris ces travaux afin d’écrire « un roman que Siobhan Dowd aurait aimé ». Je ne le conseillerai pas à des jeunes gens avant 14 ans car ce roman bouscule …