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samedi 7 mars 2015

Elles ont réalisé leur rêve / Filles et garçons, la parité

Elles ont réalisé leur rêve – J.Witek/P.Godard – 224 p. - La Martinière jeunesse – 2014 – 21.50 €

Je ne les connaissais pas toutes mais les noms de la plupart résonnaient en moi depuis l’adolescence, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras ou Marie Curie ont été mes premières figures féminines … Au fil de ma vie, d’autres femmes célèbres, souvent féministes, m’ont accompagné et m’accompagnent encore. Elles m’aident à réfléchir, à m’opposer et à résister face à l’adversité. Dans Elles ont réalisé leur rêve, j’ai découvert ou redécouvert 50 femmes célèbres du XXème siècle à aujourd’hui. Ces portraits, illustrés de photographies, offrent aux lecteurs des destins exceptionnels qui ne peuvent pas laisser indifférents. De la philosophie au sport en passant par les sciences et l’art, de Hanna Arendt aux sœurs Williams en découvrant Rita Levi-Montalcini et Vivienne Westwood, ces femmes ont su s’affirmer dans un monde où elles ont souvent dû batailler pour avancer… Elles ont réalisé leur rêve est un documentaire indispensable pour encourager les jeunes lecteurs à s’engager et à écouter leurs aspirations que ce soient des jeunes femmes ou des jeunes hommes. GrandGrand, 14 ans, a apprécié cet ouvrage et nous a permis de discuter sur l’égalité homme/femme, le sexisme et la parité … Dès 12 ans.








Filles et garçons, la parité – C.Louart/P.Paicheler – 35 p. - Actes Sud junior – 2015 – 6,80 €

L'égalité filles-garçons est un thème que j'aborde fréquemment avec mes fils afin de les sensibiliser à la parité. J'espère qu'ils seront des hommes respectueux qui ne transmettront pas des idées rétrogrades et machistes. Je n'hésite donc pas à multiplier les lectures et les expériences sur ce thème qui m'est cher ! Filles, garçons, la parité est un documentaire qui aborde 12 questions fondamentales pour comprendre les inégalités entre les hommes et les femmes mais aussi entre les filles et les garçons. Qu'est ce que la domination masculine ? Qu'est ce que le féminisme ? mais aussi Pourquoi naît-on fille ou garçon ? Et qu'est-ce qu'un stéréotype ? Sont quelques unes des questions abordées. A la maison, à l'école, au travail, toutes les situations sont exposées et traitées par des données historiques, sociologiques et statistiques. Les réponses sont courtes et compréhensibles par tous. Les mots difficiles sont expliqués simplement en bas de page. Les lecteurs pourront vérifier leurs connaissances en répondant au quiz proposé en fin d'ouvrage s'ils en ont envie. Les illustrations synthétisent avec humour les notions et les données exposées. Dès 5 ans.

Si ce thème intéresse vos PetitsProches, n'hésitez à leur proposer, On n'est pas des poupées et On n'est pas des super-héros !





dimanche 13 octobre 2013

Une Princesse au Palais – C.Roumiguière/C.Chaix – Thierry Magnier – 2012 – 19 €


J’ai lu ce livre après avoir écouté cette interview des auteurs, Y’a un éléphant dans le jardin, Aligre fm : clic. J’avoue que sans cette écoute, je ne sais pas si je serais allée vers cet album très grand format. Les illustrations sont complètement décentrées. Elles sont composées d’esquisse, de collage et de nombreuses superpositions. Les points de vue changent sans cesse. Elles représentent le décor, les émotions de l’héroïne mais aussi ses pensées et ses rêves. La typographie est aboutie et permet de cerner les dialogues, les pensées intimes et les interruptions du récit par les différents protagonistes. Parfois pleine page, parfois éclatées sur la double page, les illustrations sont aussi le récit. Les couleurs choisies, un peu « cuites » mais très vives sont aussi partie intégrante de l’histoire, ces tons sont des fils conducteurs importants. Au café du Palais, tous les mercredis, une jeune fille attend sa grand-mère qui fait le ménage dans les étages de cette brasserie. Ses longues heures d’attente ne sont pas une contrainte. Elle aime cette habitude du mercredi qui lui permet de rêver et d’observer les clients. Elle retrouve les habitué(e)s particulièrement Tatie Jackie, les perdu(e)s, les couples amoureux ou ceux qui aimeraient l’être. Notre héroïne a ses rituels dans ce lieu. Elle a sa table, son ardoise pour dessiner et son doudou Poke qui l’accompagne toujours. Mais ce mercredi est différent. C’est le jour tant attendu et tant redouté. Aujourd’hui, cette jeune fille devient une jeune femme. Elle n’est pas angoissée, elle n’est pas gênée mais elle a mal, très mal. Les spasmes lui broient le ventre. Elle sait aussi qu’à partir d’aujourd’hui elle ne sera plus la même. Elle est différente, proche d’elle-même mais déjà une autre. Le récit est assez complexe et très élaboré. Les métaphores du texte qui sont aussi visuelles s’harmonisent pour accompagner cette fille-femme sur le chemin de la métamorphose et de la toute puissance du corps. L’omniprésence des horloges, pendules et montres symbolisent le temps qui passe inexorablement mais aussi le cycle éternel de la vie et de la procréation. Ce Café du Palais (qui existe réellement à Reims) devient un lieu où le rêve et l’imagination se mêlent à la réalité. La présence de Poke le Doudou et ses interventions représente l’enfance qui se ferme. D’ailleurs notre héroïne oublie son doudou au Café du Palais en partant. Comme le précisent, les auteurs en fin d’ouvrage, cet album a un goût d’Alice au pays des Merveilles mais aussi de l’Ecume de jours de Boris Vian. La bande son proposée Night &Day de Cole Porter est parfaite pour lire et relire cet album en se demandant s’il ne faut pas le relire encore et encore pour s’assurer de n’avoir rien loupé …Dès 11 ans.
Si vous souhaitez en savoir plus ! critique de Télérama : clic, L’Attrape-livres France inter : clic, Ricochet, dernier clic.

dimanche 22 septembre 2013

Le Worldshaker – R.Harland – 368 p. - Hélium – 2010 – 15.20 €

 
Ce livre est un roman steampunk endiablé ! Dans un autre monde, la Terre est désertée. La majorité de la population mondiale est réfugiée sur d’immenses navires-nations. Sur le Worldshaker, l’empire britannique vit depuis plusieurs centaines d’années. Ce bateau abrite plus de 12 000 habitants. Les 53 ponts sont divisés en castes. Le poste de commandement et les nobles vivent dans les niveaux supérieurs. Les commerçants et les artisans sont regroupés sur les quelques niveaux au dessus du niveau de la mer. Les cales du navire emprisonnent les Immondes, êtres mystérieux qui alimentent en charbon les nombreuses chaudières. Sur ce paquebot gigantesque construit en 1845, l’histoire s’est arrêtée au XIXème siècle. La Reine et le Prince consort officient comme à la Cour d’Angleterre. Le thé est servi à 17h. Les riches prospèrent et se reçoivent dans leurs salons. Ils sont servis par des Larbins exploités jusqu’à leur dernier souffle. Cette autorité royale n’est qu’un gouvernement de façade car le seul et véritable maître à bord est le commandant Sir Mormus Porpentine. Il détient les clés de la salle des machines. Le roman commence par le choix de Sir Mormus pour sa succession : son petit-fils : Colbert Porpentine. Colbert est un jeune homme de 16 ans. Studieux, discipliné, il est l’enfant prodige de cette famille très influente. Une nuit, il est réveillé par un bruit dans sa cabine. Il entend des pas pressés et des cris dans la coursive. Une patrouille frappe à sa porte. Les soldats sont inquiets car une Immonde a réussi à s’échapper de la salle de transformation. Elle se cache dans les méandres des ponts supérieurs. Colbert se recouche et se demandant ou se trouve cette salle de transformation et quelle est son utilité … En se rendormant, il se rappelle que ce qui l’a réveillé n’est pas le bruit des soldats mais un bruissement beaucoup plus proche. Son cœur s’affole. Il saute de son lit et soulève sa courtepointe : deux grands yeux l’observent. L’Immonde est là, à quelques centimètres de lui. Colbert a peur. Il ne connaît rien de ces êtres vils. L’Immonde le supplie de le cacher afin d’échapper aux soldats, aux matraques et à la mystérieuse chambre de transformation. Le jeune Col est abasourdi, en quelques secondes, il apprend que les Immondes semblent humains, qu’ils parlent et qu’ils sont sexués. Vêtue de haillons, Col devine que l’Immonde est une jeune femme de son âge ou presque. Elle est vive et athlétique. Ses grands yeux expressifs subjuguent Colbert qui reste planté aux pieds de son lit. La jeune femme en profite pour se cacher dans l’armoire en entendant les pas des soldats qui se rapprochent … Les 368 pages, de ce roman, contiennent tout un monde, toute une nation et toute une histoire. Le Worldshaker va dévoiler d’horribles secrets, une belle histoire d’amour, un mariage, une révolution. Ce bateau porte bien son nom même s’il est destiné à en changer pour devenir le Liberator. Les personnages de Colbert et Riff sont touchants, particulièrement Riff l’indomptable et la combattante hors-pair. Les personnages mineurs, la grande sœur Gillabeth et Antrobus le petit frère de Colbert se révèlent tout au long du récit. Le Mégalonef est personnifié, il semble vivre au rythme trépidant des révoltes et secrets de ses habitants. Ce roman est accompagné de plan et d’un descriptif détaillé du navire. Cette histoire en huis-clos rappelle l’album Golden City et Méto. Les conditions de vie des Larbins et des Immondes ne pourront qu’interroger le lecteur sur notre propre époque et l’actuelle situation mondiale. J’ai apprécié la réflexion sur la vie des femmes et l’inévitable cantonnement de ces dernières à des rôles de mère et d’épouse : la situation n’aurait-elle pas changé depuis 1845 ? Je félicite les éditions Hélium pour le design et la présentation graphique de cet excellent roman. Dès 11 ans pour les « gros » lecteurs.
 
 

jeudi 19 septembre 2013

La Parisienne – I. de La Fressange – 238 p. - Flammarion – 2012 – 25 €

 
Depuis plusieurs mois, j’hésite à vous présenter cet ouvrage shopping, beauté so chic ! Inès de La Fressange est une personnalité ambiguë qui m’oblige parfois à serrer les dents. Je ne suis pas toujours sûre d’habiter la même planète ou d’avoir quoi que ce soit de commun avec elle. Elle est élégante, raffinée, féminine et chic ! Elle est parisienne au fond de son sac, de son lit, en pyjama …Dents serrées, langue de vipère prête à siffler, j’ai parcouru son ouvrage. J’ai feuilleté puis j’ai lu avidement. J’ai appris quelques astuces, j’ai compris (je crois) quelques bases d’associations heureuses de couleurs ou de formes de vêtements. Je rêve d’aller découvrir certaines boutiques avec une carte bleue noire sans limite. Raffinement, délicatesse mais aussi simplicité et confiance en soi sont présentés dans cet ouvrage dressing code. L’auteur insiste sur la nécessité de s’affranchir des codes vestimentaires prêts à l’emploi. Il faut personnaliser et transférer les must-have à sa main, à sa corpulence et à son budget. La première partie de l’ouvrage est consacrée aux conseils, à une liste non exhaustive de basiques sur lesquels construire une garde-robe cohérente, un guide des accessoires, des solutions dress-code d’urgence et enfin un best-of des faux pas à éviter. La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à un carnet d’adresses mode, beauté, décoration, ameublement, sorties culturelles, familiales ou entre copines et particulièrement un Paris avec des Petits. Ce carnet d’adresses recèle de conseils cosmétiques et beauté. Les photographies de Nine (Fille d’Inès de La Fressange) sont magnifiques. Les dessins de l’auteur sont très réussis. L’organisation et le design de ce livre sont harmonieux. La couverture rouge est un plaisir au toucher. La typographie est originale et modernise ce carnet de vie féminine. J’attends l’anniversaire de mes filleules de 15 ans pour le leur offrir. Malgré tout le dédain que j’avais pour cet ouvrage, je pense que si on me l’avait offert jeune femme, j’aurais peut-être mieux assumé ma féminité. Cet ouvrage est décomplexant !
 
 

Rose et Isabel – T.Mathot – 192 p. - Akileos – 2012 – 19 €


J’ai toujours rêvé d’être une femme guerrière. Belle amazone, cheveux au vent qui ne craint rien, ni personne ! Cette bande dessinée a calmé mes ardeurs et je regarde ma place de femme lambda avec plaisir.
En 1864, en pleine guerre de Sécession, deux sœurs partent retrouver leurs trois frères au front afin de les ramener dans la demeure familiale car leur mère est malade. Originaire d’Irlande, cette famille est un peu particulière car les deux sœurs ont hérité de pouvoirs ancestraux comme le leur a expliqué leur père quand elles étaient petites : « Il y a très longtemps, il y avait une femme … Son nom était Grace O’Malley et elle était irlandaise comme vous. C’était une pirate et elle combattait pour l’Irlande contre les Anglais. (…) Vous avez de nombreux talents, mais vous ne devrez jamais les utiliser pour blesser quiconque … »Elevées dans cette tradition non guerrière, Rose et Isabel ont appris à calmer leurs envies guerrières, leur excellence du combat et leur inclination à la violence. Isabel, jeune femme, calme et réfléchie tempère sa sœur, Rose (une vidéo de la célèbre Rose qui s’oppose, les femmes aux prénoms de fleurs ont souvent un tempérament épineux), jeune femme enflammée, au caractère trempé. Malgré les recommandations de leur père et l’éducation pacifique dont elles ont bénéficié, les deux sœurs sont confrontées à des situations où leur instinct les oblige à répondre aux agressions. La violence monte, la terreur court dans leurs jambes et Rose et Isabel deviennent des femmes ombres qui rendent coup pour coup. Transformés en amazones, elles n’auront de cesse de retrouver leurs frères afin de les sauver de cette guerre terrible qui fauche les hommes du pays. Cet album sombre entraîne le lecteur au cœur de la guerre et de ses horreurs. Les relations entre les deux sœurs sont intenses mais parfois difficiles. Il n’est pas envisageable de fermer cet album avant de savoir si les héroïnes ont réussi à ramener leurs frères. Les dessins en dégradé sépia sont envoûtants et l’organisation graphique est percutante. Le prologue est une présentation des différentes légendes des femmes guerrières dans les civilisations anciennes : les Valkyries, Marguerite d’Antioche, Grace O’Malley …et bien d’autres encore que j’ai apprécié de voir regrouper en ouverture de cette bande dessinée. A partir de 15 ans !