jeudi 19 septembre 2013

Rose et Isabel – T.Mathot – 192 p. - Akileos – 2012 – 19 €


J’ai toujours rêvé d’être une femme guerrière. Belle amazone, cheveux au vent qui ne craint rien, ni personne ! Cette bande dessinée a calmé mes ardeurs et je regarde ma place de femme lambda avec plaisir.
En 1864, en pleine guerre de Sécession, deux sœurs partent retrouver leurs trois frères au front afin de les ramener dans la demeure familiale car leur mère est malade. Originaire d’Irlande, cette famille est un peu particulière car les deux sœurs ont hérité de pouvoirs ancestraux comme le leur a expliqué leur père quand elles étaient petites : « Il y a très longtemps, il y avait une femme … Son nom était Grace O’Malley et elle était irlandaise comme vous. C’était une pirate et elle combattait pour l’Irlande contre les Anglais. (…) Vous avez de nombreux talents, mais vous ne devrez jamais les utiliser pour blesser quiconque … »Elevées dans cette tradition non guerrière, Rose et Isabel ont appris à calmer leurs envies guerrières, leur excellence du combat et leur inclination à la violence. Isabel, jeune femme, calme et réfléchie tempère sa sœur, Rose (une vidéo de la célèbre Rose qui s’oppose, les femmes aux prénoms de fleurs ont souvent un tempérament épineux), jeune femme enflammée, au caractère trempé. Malgré les recommandations de leur père et l’éducation pacifique dont elles ont bénéficié, les deux sœurs sont confrontées à des situations où leur instinct les oblige à répondre aux agressions. La violence monte, la terreur court dans leurs jambes et Rose et Isabel deviennent des femmes ombres qui rendent coup pour coup. Transformés en amazones, elles n’auront de cesse de retrouver leurs frères afin de les sauver de cette guerre terrible qui fauche les hommes du pays. Cet album sombre entraîne le lecteur au cœur de la guerre et de ses horreurs. Les relations entre les deux sœurs sont intenses mais parfois difficiles. Il n’est pas envisageable de fermer cet album avant de savoir si les héroïnes ont réussi à ramener leurs frères. Les dessins en dégradé sépia sont envoûtants et l’organisation graphique est percutante. Le prologue est une présentation des différentes légendes des femmes guerrières dans les civilisations anciennes : les Valkyries, Marguerite d’Antioche, Grace O’Malley …et bien d’autres encore que j’ai apprécié de voir regrouper en ouverture de cette bande dessinée. A partir de 15 ans !