Affichage des articles dont le libellé est RELIGION. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est RELIGION. Afficher tous les articles

mercredi 11 mai 2016

Aloys – S.Turoche – 176 p. - Thierry Magnier – 2016 – 11,50 €


En 1168, derrière les hauts murs du monastère de l’Abwandberg, Aloys, 12 ans, jeune novice sait que chaque jour qui passe la rapproche de ses vœux définitifs de moniale. Terrorisée à l’idée de rester toute sa vie prisonnière des ordres, elle tente d’échafauder un plan d’évasion. Malheureusement la surveillance constante des sœurs et des oblates complique ses préparatifs et provoque des crises d’angoisse qui la laissent sans force. Au coeur de l’hiver, l’abbesse, Soeur Hersende doit exorciser une jeune fille qui semble possédée … Cet événement « extraordinaire » va perturber le rituel quotidien de l’abbaye, Aloys saura t-elle en profiter ? Aloys est un roman captivant. La tension narrative est habilement menée. On reste suspendu aux stratégies de la jeune Aloys pour s’enfuir du monastère et échapper ainsi à la vie monacale à laquelle elle ne parvient pas à se plier. Plongé au coeur de péripéties « envoûtantes », le lecteur découvrira aussi la vie au Moyen Age, la place des femmes à cette époque et les terribles méthodes de l’ordalie dont l’inquisition s’est inspirée …
Dès 11 ans





dimanche 8 novembre 2015

Cité Babel, le grand livre des religions et Religions du monde racontées aux enfants


Cité Babel, le grand livre des religions – P.Hédelin/G.Duhazé – 30 p. - Les Editions des Eléphants – 2015 – 16,50 €

Quelque part en ville, dans un bel immeuble, vivent trois familles de religions différentes. Une famille musulmane, une famille juive et une famille chrétienne partagent les murs d'un même bâtiment et les fondations des religions monothéistes. Les habitants se retrouvent aussi chez Félix, l'épicier du rez-de-chaussée qui respecte les rites de chacun bien qu'il soit athée. Au fil des saisons, on découvre comme les vies de ces familles sont rythmées par les fêtes, les cérémonies et les traditions de leurs cultes. Habilement « construit », ce documentaire est aussi ludique qu'instructif. La mise en scène de l'ouvrage, son format « immeuble », les découpes latérales qui représentent les appartements et la synchronisation des événements dans les trois familles permettent de découvrir le judaïsme, le christianisme et l'islam. En ces temps où les religions sont parfois au cœur des enjeux et des tensions géopolitiques, il est salvateur d'aider les PetitsProches à connaître sans juger et à vivre ensemble sans avoir peur ! Dès 6 ans.





Religions du monde racontées aux enfants – Elisabeth Dumont-Le Cornec – 144 p. - La Martinière jeunesse – 2015 – 19,80 €

Si vos PetitsProches s'interrogent et vous interrogent sur les religions, n'hésitez pas à leur proposer ce documentaire Religions du Monde. Organisé autour de trois grands chapitres, les religions d'Abraham, les religions d'Asie et les religions traditionnelles, le lecteur est invité à les découvrir à travers leurs ressemblances mais aussi à travers les différences de leurs cultes ou de leurs dogmes. On s'émerveille de la diversité des versions, des traditions et des coutumes. Les fêtes, les lieux saints, les prières et les rites sont expliqués clairement tout en préservant la spiritualité de chaque religion. Des dieux de l'hindouisme à la danse des derviches tourneurs en suivant les routes mystiques des pèlerinages, les religions nous invitent à un voyage « thaumaturgique ». Illustré par de belles photographies, ce documentaire est un ouvrage de références et sera utilisé pour tous les exposés de la famille. Dès 8 ans.






mardi 11 février 2014

Hérétiques : tome 1, Le mystère Isolde – P.Gregory/A.Marchand – 320 p. - Gallimard jeunesse – 2013 – 16.90 €


En 1453, alors que Constantinople vient de tomber aux mains des Ottomans et que la peur s'installe partout en Europe, le Pape, Nicolas V, décide de créer un Ordre d'inquisiteurs, l'Ordre des Ténèbres, pour comprendre et traquer les manifestations du Mal. Ces membres sont des enquêteurs talentueux qui cherchent la vérité et imposent l'autorité de l'Eglise partout où ils passent. Luca, jeune homme de 17 ans, vient d'être recruté par cet Ordre mystérieux pour ses facultés intellectuelles étonnantes. Après une formation auprès de maîtres, Luca est envoyé au couvent de  Lucretili, en Italie pour découvrir les raisons d'une épidémie de folie chez les soeurs de cette confrérie. Accompagné de son fidèle serviteur, Freize, et de son clerc, frère Pietro, Luca comprend dès son arrivée que cette communauté est complètement désorganisée par la nomination d'une nouvelle abbesse, Isolde, la fille du Seigneur Lucretili. Luca n'aura que quelques jours pour discerner le vrai, du faux. Il devra dépasser les apparences, débusquer les pièges tendus pour trouver le véritable coupable et libérer les soeurs des étranges phénomènes qui les obsèdent ... J'ai adoré ce roman qui m'a rappelé Au nom de la Rose mais aussi la Chambre des dames. J'ai particulièrement apprécié la réalité historique de l'époque médiévale, la réflexion menée sur l'ignorance qui mène à l'obscurantisme et à la violence. Les personnages sont savoureux, particulièrement Isolde et Ishraq, sa dame de compagnie maure, qui permettent de comprendre la place de la femme à cette époque et leur impuissance devant l'autorité incontestée des hommes.  Le suspens est bien mené, il est difficile de lâcher ce roman ... Dès 14 ans.

jeudi 17 octobre 2013

Allô Jésus, ici Momo – E.Simard – 46 p. - Syros – 2013 – 3 €


Arrivé depuis quelques mois du Maroc, Mohammed s’intègre très bien dans sa nouvelle école. Il a déjà de nombreux amis et même une amoureuse, Doumbia. Son père, Monsieur Habib et sa femme Aïcha, ont ouvert une épicerie au village. Malheureusement les habitants ne prennent pas leurs habitudes dans le nouveau commerce de proximité. Si ses parents sont inquiets pour leur avenir au village, Mohammed, lui aussi est soucieux. Il veut absolument participer à la crèche vivante organisée au village pour célébrer la veillée de Noël. Malheureusement tous les rôles importants ont déjà été distribués … Très amoureux de Doumbia qui joue le rôle de Marie, il tient à fêter cet évènement avec elle au cœur de l’église. Il finit par accepter le costume du mouton. Mais en annonçant la bonne nouvelle à ses parents, il ne s’attend pas à la réaction virulente de son père qui refuse catégoriquement le rôle donné à son fils …J’aime Eric Simard. Je vous ai déjà présenté quelques uns de ses romans les Aigles de pluie et l’Enfaon. Dans ce très court récit, il change de registre et adapte son style à une fiction plus réelle, plus proche des préoccupations de la vie quotidienne. Néanmoins, je retrouve son talent pour inciter les jeunes lecteurs à réfléchir et à se forger leurs propres opinions. Allô Jesus, ici Momo encourage les PetitsProches à s’intéresser à différentes cultures et différentes religions. Avec humour, il les invite à comprendre les enjeux de la mixité sociale et la richesse de la diversité culturelle. Avec un happy end mais sans mièvrerie, Eric Simard réussit en quelques pages à offrir un beau plaidoyer pour la tolérance. Dès 8 ans.

lundi 30 septembre 2013

Lunerr – F.Fraragorn – 189 p. - Ecole des Loisirs – 2012 – 14.20 €

Dans un futur très lointain, la Terre a subi de profondes transformations. Les mers, les océans et les continents ont changé de configuration. La géographie ne correspond plus du tout à notre planète actuelle. Ces importants changements terrestres ont modifié les frontières. Les peuples sont divisés. De nouvelles civilisations ont vu le jour comme la cité des Aëls : Keraël. Situés sur un territoire isolé, entourés d'un désert aride, les habitants ne survivent que grâce à la récolte de l'eau de brume. Certaines nuits, la brume apparaît dans le désert et les habitants sont tous sollicités pour dresser des capteurs de brouillard afin de récolter et de stocker l'eau dont ils dépendent pour leur survie. Depuis des générations et des générations, les villageois survivent au coeur de ce minuscule oasis. Edictés par une communauté de religieux tyranniques, les Drouiz, les lois sont très strictes. Certaines paroles et certaines pensées sont interdites. Il ne faut penser qu'à la prière aux Aëls, les anges qui apportent l'eau et la vie à Keraël. Malgré l'embrigadement qu'il a suivi sur les bancs de l'école, Lunerr ne peut s'empêcher de penser à l'Ailleurs. Ces pensées ne cessent de tourner dans son esprit. Il réfléchit, il rêve, il s'évade … Par inadvertance ou peut-être trop excité à l'idée du cadeau qu'il va recevoir dans quelques heures pour son anniversaire, Lunerr prononce le mot « ailleurs » à l'école. Il est alors accusé de blasphème. Il est battu par son maître et le Druiz de son quartier. Il est banni de l'école et du temple. Ses amis lui tournent le dos. La loi oblige sa mère à partager son châtiment. Mammig perd son emploi. Ils vont devoir survivre sans le soutien de la communauté. Lunerr et sa mère décident de reporter à demain les soucis et les conséquences du blasphème du jeune homme. Ils doivent fêter l'anniversaire de Lunerr et celui-ci attend impatiemment de recevoir le cadeau traditionnel pour cet âge : un pitwak, petit animal intelligent et doué de parole qui accompagne l'enfant tout au long de sa vie. Mourf, le pitwak de Lunerr semble à l'image de son jeune maître, un peu particulier, un peu hors-norme et vraiment extraordinaire. Devant les aventures qui attendent Lunerr, son pitwak extravagant ne sera pas de trop pour soutenir et protéger le jeune Elu ...Ce roman dystopique est vraiment dépaysant. Des nombreuses questions nous assaillent à sa lecture : quelle est cette île-cité ? Où se situe t-elle sur notre Terre actuelle ? Quel est ce peuple isolé ? Sont-ils les seuls survivants de notre civilisation ? Quelle catastrophe a touché la Terre afin de la métamorphoser ? Lunerr est-il un jeune homme doté de pouvoirs ? Mourf est-il aussi un pitwak particulier ? Certaines de ces questions resteront sans réponses à la fin de ce livre. J'espère qu'il ouvre sur une suite car ce roman m'a beaucoup plus ainsi qu'à GrandGrand. Bien que reprenant des thèmes vus et revus, l'enfant orphelin élu, la quête, la formation initiatique par un maître, la rébellion, Lunerr m'a souvent surprise et profondément touchée. Frédéric Faragorn a su renouveler ces thèmes en leurs apportant une profondeur métaphysique. Le personnage de Lunerr est étonnant. Parfois très enfantin et parfois très mature, ce héros est donc par cette définition, un adolescent. Les relations mère-fils sont bien exprimées dans un style fluide et agréable à lire. Je conseille ce roman à des lecteurs confirmés. De nombreuses symboliques évoquées demandent une certaine maturité et une certaine culture historique. La quête de vérité et de sens menée par Lunerr peut échapper à des lecteurs trop jeunes qui du coup pourraient s'ennuyer. Ce roman riche est une sorte de réécriture de la légende de l'Atlantide, de la mythologie et des cultes anciens dans un futur lointain. Ils incitent le lecteur à réfléchir à la portée du libre arbitre, du doute et des ravages de l'endoctrinement. Dès 13 ans.

 


jeudi 22 août 2013

La Bestiole – S.Delom/J.Gueyfier – 30 p. - Didier Jeunesse – 2010 – 14.20 €


Cet album est tiré de la collection « La Terre nourrit tout » de la maison d’édition Didier Jeunesse. Elle a pour but de rassembler des ouvrages aux regards contemporains sur les récits fondateurs de l’humanité. Trouvant le concept de cette collection vraiment intéressant, j’attendais donc cet album avec impatience. J’ai été comblée. L’histoire est l’épisode de la Genèse dans lequel Adam et Eve sont chassés du jardin d’Eden. Le récit détaché de tous jugements religieux ou moraux évoque avec poésie et humanité cette belle histoire qui n’est pas qu’un bannissement. Sylvie Delom évoque tout d’abord une histoire d’amour. Une tendre et véritable histoire d’amour et d’éblouissement. Mais Eve va rencontrer la Bestiole, vile créature qui l’incite à s’approcher de l’Arbre défendu et d’en goûter les fruits. Adam surprend Eve au pied de l’Arbre. Il mord aussi dans le fruit juteux en fermant les yeux « Mais quand il a rouvert les yeux, tout était différent.(…) Il a regardé autour de lui. Rien ne se ressemblait, rien n’était rassemblé. Rien ne lui ressemblait, tout était dispersé. Il y avait un avant et un après. Il y avait un lointain et un tout près ». Malgré le bannissement et les terribles épreuves qu’ils devront subir, le récit est optimiste et souligne que « quoi qu’il en soit, ce matin-là, au printemps du monde, naquit le plus puissant des élans de vie : le Désir. ». Les illustrations de Judith Gueyfier sont harmonieuses, tout en délicatesse et en subtilité. Elles suggèrent plus qu’elles ne montrent et j’apprécie qu’on laisse à l’enfant une part d’interprétation. GrandGrand 11 ans, GrandMoyen 10 ans et MoyenMoyen 6 ans ont tous lu cet ouvrage. N’ayant pas d’éveil à la foi, ils ont apprécié cet album qui trouve sa place auprès des grands récits mythologiques. En écrivant cette chronique, j’ai donc effectué des recherches sur cette collection. Vous pourrez aussi trouver La Tour de Babel mais aucun autre album paru depuis c’est dommage …Dès 8 ans.


La Tour de Babel – F.Vidal/E.Nouhen – 31 p.
Didier Jeunesse – 2007 – 13.49 €

jeudi 18 juillet 2013

Ultraviolet – N.Huston – 78 p. - Thierry Magnier – 2011 - 8 €

 
Ce roman est un journal intime qui nous permet de nous immiscer dans la vie de Lucy, 13 ans. Elle « survit » dans une ferme écrasée par la canicule de 1936 aux Etats Unis. Elle ne supporte plus sa vie pauvre, terne, rude. Lucy est à l’étroit dans son rôle d’ainée d’une nombreuse fratrie, encadrée, surveillée par un Père pasteur et une Mère psycho-rigide. Lucy décharge, alors, sa haine, ses peurs et ses angoisses dans ce journal. Mais un visiteur mystérieux lui ouvre les portes de la bienveillance, de l’ouverture, d’esprit, du cœur et du corps …Le récit est dense et le huis clos étouffant. L’écriture est fine, aérienne à l’inverse de l’histoire. On suit l’adolescence rebelle de Lucy et on vit sa métamorphose en quelques pages : j’avais envie de lui tendre la main même si certains de ces propos sont insolents et dérangeants.
Ce roman très court, subtil, se situe sur le fil, sur une « ligne de faille » : à confier à des lectrices averties !