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jeudi 19 décembre 2013

Achile et la rivière – O.Adam/I.Green – Actes Sud Junior – 2011 – 15 €


Achile grandit au sein d’une famille nombreuse, chaleureuse et énergique. Il a une petite sœur qui chante et danse tout le temps. Une moyenne sœur qui joue de la trompette. Deux grands frères qui se chamaillent sans cesse. Ses parents sont fans de musique rock qu’ils écoutent à fond partout dans la maison dès qu’ils rentrent du travail. Il ne faut pas oublier le chien qui perfectionne ses aboiements sur tous les tons, le chat, les trois canards et les deux furets hystériques. C’est un joyeux bazar qui convient à tous … Enfin presque car Achille, le troisième enfant de la famille, est un jeune garçon plutôt réservé et calme. Il aspire à l’harmonie et à la quiétude. Il souffre de tout ce bruit et de toute cette agitation. Il s’évade alors en se promenant le long de la rivière qui coule près de chez lui. Cette solitude lui permet de laisser libre cours à son imagination. Aidé par Angélo, le gardien-batracien de la rivière, Achile va vivre quelques heures avec une famille qui ressemble à la sienne mais qui n’est plus la sienne car tout y est ordonné, silencieux et studieux … Achile préférera t-il sa nouvelle famille ? Cet album est subtil. On peut croire qu’Achile a effectivement bénéficié d’une aide magique pour réaliser son vœu : vivre au sein d’une famille harmonieuse mais on peut aussi comprendre qu’Achile a seulement imaginé ce rêve pour résoudre son malaise et trouver sa place au sein d’une tribu originale. Les illustrations montrent bien cette ambiguïté. Elles ont un rôle majeur dans le récit. Tout le contexte merveilleux est apporté par les illustrations et les effets visuels. Achile est un Alice des temps modernes, Angelo, le batracien doit bien connaître un certain lapin blanc … Dès 6 ans.

 
 


dimanche 15 décembre 2013

L’Abécédaire de la colère – E.Houdart – 28 p. - Thierry Magnier – 2008 – 17.30 €



Emmanuelle Houdart est entrée chez moi sans être invitée. Depuis ses albums ne me quittent plus. Je remercie MoyenMoyen d’avoir forcé « l’emprunt » à la bibliothèque. A la première page, je découvre Abdomen : une femme énervée tente de ronger son frein. Elle est enceinte jusqu’au cou. L’enfant ressent sa colère intérieure. A la naissance, il exprimera toutes les colères refoulées par sa mère. Peu patiente, je me retrouve complètement dans cette « illustration » de la colère étouffée et intériorisée. J’ai une pensée pour mes 36 mois de grossesse et je pense à toutes les colères frustrées que mes fils ont dû vivre in utero. A la tourne de page, je découvre la bagarre, puis les cris, le dragon, l’enfer, la fessée, la guerre …. jusqu’au yoga et zygomatiques ! Cet album peut-être lu comme une notice d’utilisation de la colère avec posologie et effets secondaires détaillés. Ce vademecum énumère aussi les techniques naturelles pour évacuer sereinement la colère : pratiquer le yoga, imiter le koala ou dédier les WC comme lieu passager d’expression de la rage contenue. Je pense le conseiller à Violette car les recommandations modesques sont géniales : Mesdames, nous devons éviter le manteau de la colère car celui-ci est affreux, il vous colle tellement à la peau qu’on ne peut plus l’enlever après. Cet abécédaire est un délice. Les points de vue et la richesse narrative permettent aux lecteurs de rire, de s’interroger et de discuter sur les colères et ses versions édulcorées comme le boudin ! Les illustrations psychédéliques sont parfaites pour souligner le sens et toute la subtilité des définitions. Les personnages peuvent sembler déformés ou bizarres mais je pense que l’illustratrice force le lecteur à dépasser le tout-venant, le facile et le simple. Elle nous pousse à envisager un autre regard, à effectuer un pas de côté pour comprendre et appréhender le monde différemment. Si vous êtes sensibles aux illustrations harmonieuses, aux dessins délicats et à la simplicité du trait, passez peut-être à un autre album ou peut-être pas justement car rien n’est plus agréable que d’être surpris ! A partager dès 5 ans.
 



lundi 7 octobre 2013

Calvino-Calvina – C.Frabetti – 112 p. - Les Grandes Personnes – 2010 – 11.50 €


J’ai souvent croisé ce roman mais l’illustration de couverture me mettait mal à l’aise. Cet enfant chauve si pâle et ce chien terrifiant : trop famille Adams, trop freaks pour moi. Heureusement j’ai écouté cette interview des éditrices et j’ai eu envie de lire ce livre dans l’instant ! Je ne regrette pas d’avoir changé d’avis car ce court roman est étonnant à souhait. Seul dans son manoir, un enfant, Calvino tente de déjouer la surveillance des services sociaux qui ne manquerait pas de s’inquiéter de le savoir livré à lui-même. Il tend un piège à un cambrioleur, Lucrecio, afin de le kidnapper et de lui proposer un contrat (un peu sous forme de chantage !). Lucrecio devra prendre l’apparence du père de Calvino afin de faire croire aux voisins, aux agents des diverses administrations qu’il est bien présent et qu’il prend soin de Calvino. Lucrecio est abasourdi mais sa liberté conditionnelle ne lui permet pas de rompre ou de refuser ce contrat. En quelques heures, il devient Calvino père : il se rase le crâne (la calvitie est héréditaire dans cette famille), dort dans la chambre du Maître (lugubre, il a dû retirer un tableau représentant une femme dont le regard semblait l’observer) et sort Loki le chien loup régulièrement (d’une force extraordinaire, Loki le promène). Lucrecio dort très mal car la chambre est sinistre. Après un réveil difficile, il trouve Calvino avec une perruque longue et une robe. Il tente d’interroger le garçon-fille sur son identité mais aucune réponse claire ne ressort de la discussion. La première sortie familiale père-fils/fille est la bibliothèque. Lucrecio se rend rapidement compte que cette bibliothèque est très spéciale et même carrément loufoque. Dans ce bâtiment sombre entouré d’une haute grille rouillée, des malades mentaux sont soignés. La méthode est innovante. Dans cet asile-bibliothèque, on traite les livres ambulants, c'est-à-dire des malades qui se prennent pour des personnages de romans ou pour des œuvres littéraires entières. Ce programme psychiatrique admet aussi les forcenés qui s’identifient à un auteur ou à l’ensemble de l’œuvre d’un auteur. Emelina l’infirmière-bibliothécaire (en terme de lubricité, on ne peut pas faire mieux !) invite Lucrecio à rencontrer un Baron perché. Ce dernier discute dans un arbre avec un Tarzan un peu boudiné dans son pagne léopard. Lucrecio est très impressionné par cette thérapie : la librairie-pharmacie promet d’améliorer la santé mentale des patients en leur procurant des romans et des personnages qui les aideront à reprendre pied dans la réalité. Malgré une longue et passionnante discussion avec un John Silver éclairé, Lucrecio se sent dépassé par cet asile-bibliothèque et sa situation précaire de kidnappé. De retour au Manoir, il décide de calmer ses angoisses en se préparant une collation. Malheureusement le réfrigérateur ne contient qu’une casserole de brouet pois chiches-riz. Il ne se laisse pas aller et décide de forcer la serrure du garde-manger verrouillé. Avec sa trousse de cambrioleur, il ne faut que quelques minutes à Lucrecio pour ouvrir cette chambre froide ou plutôt cette chambre funéraire car au milieu trône un cadavre congelé, le corps de la femme du portrait. Lucrecio n’est pas au bout de ses surprises ….En 112 pages, ce roman nous offre un vrai bonheur littéraire. Non seulement la thérapie bibliopsychique est un délice mais de nombreuses références romanesques sont à découvrir notamment Dorian Gray. Les personnalités doubles sont troubles et font réfléchir sur l’identité, la filiation et les secrets de famille. J’avoue que j’aimerais que des maisons de retraite décident de suivre cette thérapie en soins palliatifs pour mourir en héroïne ! Ce livre est certes loufoque, complètement décalé et même déjanté mais j’y ai lu un bel éloge aux livres et à la puissance de l’imaginaire. Dès 10 ans pour les lecteurs armés.

dimanche 6 octobre 2013

Ma tête à moi – X.L.Petit – 88 p. - Ecole des Loisirs – 2011 – 8.80 €


A l’épicerie italienne, Janin est apostrophé par l’épicier qui lui dit qu’il doit être fier de ressembler autant à son Papa. Janin est gêné de cette remarque car ce n’est pas son père qui l’accompagne mais son Oncle Jean, le frère de son père. Cette observation anodine de l’épicier ne cesse de tourner dans sa tête. Arrivé dans sa chambre, il s’observe avec attention dans le miroir. Il est blond. Ses cheveux sont fins. Sa pilosité est très discrète. A l’heure du déjeuner, il détaille son père. Celui-ci est brun. Sa chevelure pousse drue. Son cou et ses mains sont couverts de poils. Son menton arbore une fossette très prononcée. Tout comme Clovis, le cadet de la famille qui est le portrait craché de son père. Janin envie Clovis. Il aimerait trouver des ressemblances entre lui et son père. Malheureusement il ne ressemble pas à ses parents. Janin imagine que sa mère à peut-être eu une liaison avec l’oncle Jean avant de se marier avec son « faux » père. Peut-être aussi que ses parents l’ont adopté ou bien acheté au supermarché des bébés ? Janin imagine mille situations qui l’angoissent et le terrorisent au fond de son lit. Cause ou conséquence de ces nœuds de cerveau, Janin est terrassé par une forte fièvre qui le cloue au lit. Au repos forcé, il est seul dans l’appartement pour toute la journée. Obsédé à l’idée de ressembler à son père, Janin décide de forcer la nature …Ce roman est très drôle. Le passage concernant le supermarché à bébé vendu au poids est à tomber à la renverse de rire. Janin est un personnage aimable et crédible. Le thème de la filiation est traité avec justesse. A chaque réunion de famille, les enfants ont droit au laïus des proches sur les ressemblances réelles ou fantasmées. Il peut être difficile pour un enfant de ne pas ressembler à ses parents. Ce roman permet d’aborder ces notions de transmissions génétiques avec humour. L’hérédité n’est pas toujours simple à expliquer. La conclusion de ce roman permet aussi de rappeler que ce sont l’amour et les liens affectifs qui créent une famille ! Les allèles dominants n’ont qu’à bien se tenir ! Dès 9 ans.

jeudi 3 octobre 2013

Chez un père crocodile – M.Doray – 32 p. - MeMo – 2012 – 12.20 €


Depuis que j’ai lu cet album, je l’offre souvent en cadeau de naissance ou en cadeau d’anniversaire pour un futur Papa. Cet album est un vade-mecum à destination des enfants. Ils pourront trouver la composition précise et exacte d’un papa ! Un papa se constitue de l’enfant qu’il a été, des voyages qu’il a effectués, des chagrins qu’il a traversés et de beaucoup des tempêtes qu’il a surmontées. Ce guide précieux indique ainsi à l’enfant qu’il a le choix de ressembler à son père ou non. Il peut s’imprégner de ce qui lui convient chez son aîné ou de ce qui le rend fier de son père. Comme me l’a fait remarquer MoyenMoyen, le père est un crocodile alors que le petit est un enfant. Je pense que Malika Doray souligne l’image de la fonction paternelle dans la construction d’un enfant que ce lien soit biologique ou non. Les illustrations douces enrichissent ce bel album. Tout au long de ce livre, on peut suivre le parcours du manteau du père crocodile comme une allégorie. A la première page, l’enfant porte le manteau de son père comme une cape pour jouer au chevalier. Puis le père crocodile revêt son manteau lorsque l’album remonte le cours de sa vie. A la fin de l’album, le Père recouvre son petit avec le manteau pour le tenir au chaud pendant la nuit. A la dernière page, l’enfant se lève et utilise le manteau de son père comme d’un baluchon. Ce manteau symbolique rassemble et protège ce qui fait que l’enfant est lui, un et unique. Il a su se libérer de son père, il ne le porte pas comme un joug sur ses épaules. Il utilise le manteau pour partir, pour se détacher, fort de l’amour que lui porte son père . Beaucoup de douceur et de poésie se dégagent de ce livre. J’ai été sincèrement émue et je pense que ce livre est un ouvrage que mes enfants aimeront lire et relire à différents âges … Dès 2 ans.

dimanche 22 septembre 2013

Le goût d’être un loup – C.Leblanc – 32 p. - Motus – 2012 – 4.50 €

 
Ce tout-petit album est mon coup de cœur de ce début d’année de braise ! Je l’ai lu plusieurs fois. J’étais profondément touchée … Ce très court album relate la vie d’un loup. Il a quitté la meute. Il vit seul. Libre et fier, il découvre de nouveaux territoires. Un soir, ce loup est fatigué. Il se couche au sol, abattu par la solitude et le désarroi. Il se trouve gris, terne, banal. Sur le sable, la tête posée sur ses pattes avant, il souhaite devenir un coq pour arborer des couleurs vives ou un poisson pour sentir la caresse de l’eau ou un chevreuil ou même un chat pour être apprivoisé au moins une fois … Il ferme les yeux et rêve de devenir un autre car la vie est sûrement plus facile ! Mais une fourmi qui passe près de lui, l’apostrophe et lui avoue son envie de devenir un loup pour gambader librement, un papillon lui jalouse sa voix, un caneton voudrait lui aussi quitter sa meute. Les animaux se succèdent devant le loup pour l’admirer, le critiquer ou l’encourager. Il ferme de nouveau les yeux, il se lève et lui revient le goût d’être un loup ! Que de métamorphoses rêvées au cœur de cette forêt … La fatigue, le désarroi et les doutes du loup sont poignants. Nous sommes tous confrontés aux difficultés d’accepter d’être ce que l’on est et surtout tout ce que l’on n’est pas. Petit ou grand, les critiques peuvent parfois blesser. L’envie, la jalousie et la convoitise sont des émotions que nos enfants ressentent chaque jour. Ils aimeraient être plus grands, plus forts, plus petits, plus intelligents mais aussi moins gros, moins bruns, moins malhabiles … Les blessures sont rudes. Ce livre permet d’aborder avec finesse la délicate notion de personnalité, de confiance en soi. Sans atermoiements, sans bons sentiments, ce loup doute ! Il apprend que l’estime de soi ne se construit pas sur les jugements des autres. Il est un loup. Il se relève libre et fier. Comme l’exige la collection Mouchoirs de poche, l’auteur Catherine Leblanc a illustré elle-même ce court album. Sur fond noir, ses calligrammes et montages visuels sont très réussis et offrent une lecture approfondie. J’ai lu cet album à Moyenpetit, 6 ans, sans lui avouer mon coup de coeur Je n’étais pas sûre que son jugement rejoigne le mien. Je voulais que son avis soit objectif. Il a réclamé plusieurs lectures avant de me livrer son opinion  «il est chouette car il est pas comme d’habitude ». Si vous souhaitez surprendre vos enfants, n’hésitez pas ! Dès 6 ans.
 
 

dimanche 30 juin 2013

Dire non ! C.Dolto - 28 p. - Gallimard Jeunesse - 2007 - 6 €


Une fois de plus, je ne voulais pas de ce livre, la psychologie en 5 pages, merci très peu pour moi … Grand seigneur, Mesdames ! Bon lors de la crise du « NON », ou je jetais mon fils par la fenêtre, ou j’essayais de communiquer avec lui ! J’ai donc acheté cet ouvrage en me disant « Je me donne bonne conscience pour 6 € ». Comme vous le voyez, c’est devenu un coup de cœur ! C’est un coup de cœur pour le dialogue qu’il permet d’instaurer avec l’enfant, c’est un patch coup de cœur pour un documentaire, une boite à psych-outils: on est bien d’accord. Les illustrations sont très soignées, le message est clair. J’apprécie cette collection car il n’est pas fait pour plaire aux parents ( ) mais il apporte des solutions à l’enfant et c’est le plus important. Pour être tout à fait honnête avec vous : nous avons 6 titres de la collection : Marre des totottes, peur du noir, les colères, frères et sœurs, la famille.