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mercredi 30 septembre 2015

Demain les rêves – T.Cazals/D.Petrilli – 40 p. - Motus – 2015 – 14 €



Dans un monde qui ressemble malheureusement au nôtre, Agathe est assez grande maintenant pour comprendre que la crise économique entraîne l'effondrement du lien social, la récession des sentiments et une dépression généralisée … Après avoir perdu ses parents lors de terribles faillites industrielles, elle craint qu'Oncle Jean ne disparaisse à son tour, avalé par l'implacable Crise. Dompteur de papillon, facteur-farceur, cultivateur d'étoiles filantes, il ne manque pourtant pas d'imagination ! Heureusement, la jeune fille a plus d'un tour dans son sac d'angoisse pour briser le sort … Demain les rêves est un album singulier qui intrigue et ne peut pas laisser indifférent. Le thème de la crise économique est habilement traité. En personnifiant cette crise, l'auteur propose une histoire qui rappelle les contes d'autrefois. Onirique et poétique, le récit est délicat et ouvre grand les portes de l'imagination. Les illustrations intenses et résolument modernes surprennent et envoûtent dans un même temps. Dès 8 ans.





lundi 5 mai 2014

Mon papa en cage – A.de Lestrade/M.Navarro – 75 p. - Le Rouergue – 2014 – 6.80 €


A l’heure du dîner, Loli râle car elle espérait déguster un steack avec du jus qui dégouline ! Malheureusement ses parents n’ont pas les moyens d’acheter de la viande car ils traversent une période de chômage. Alors comme tous les soirs, Loli se contente d’avaler ses pâtes en rêvant à des jours meilleurs. Le lendemain, son père, souhaitant faire plaisir à sa fille, est surpris en flagrant délit de vol de trois steacks hachés à la superette du coin. Il est écroué en attendant son jugement. La vie de Loli s’écroule. Elle se sent coupable de cette situation et de la détresse de tous les membres de la famille. Elle prend soin du balcon paysagé de l’appartement que son père lui a confié pendant sa détention car il est passionné par le jardinage. Quelques mois plus tôt, il a créé un jardin collaboratif au cœur de la cité. Grâce à ce jardin, Loli va découvrir qu’elle n’est pas seule et que les jeunes « caïds-jardiniers » de son père vont non seulement la soutenir mais aussi travailler avec acharnement au jardin collectif pour nourrir Loli, son petit frère Vasco et leur mère. Ce roman aborde avec subtilité le thème difficile de la prison et de la pauvreté. Sans misérabilisme, ni affectation exagérée, Agnès de Lestrade incite les jeunes lecteurs à réfléchir aux difficultés rencontrées lorsqu’un parent est incarcéré. Les illustrations aux personnages-animaux permettent d’adoucir le propos et les conditions de vie en prison mais permettent également de comprendre qu’on peut aimer et rester fier de ceux que l’on aime même lorsque ces derniers ont commis un délit. Dès 8 ans.









lundi 13 janvier 2014

Fil d’or et bottes blanches – I.Cohen-Janca/C.Hayat – 92 p. - Le Rouergue – 2005 – 6 €

 
Dans le nord de la France, Marie est une petite fille qui tente par tous les moyens de réaliser son rêve : devenir majorette ! Elle économise depuis des mois pour acheter la panoplie nécessaire : canne, bottes et costume. Elle s’imagine paradant fièrement avec la fanfare. Elle s’entraîne déjà à tenir un bâton à la main et à le faire voltiger au rythme de ses pas cadencés. Marie compte et recompte les pièces de sa tirelire. Elle fait deux tas. Un pour sa tenue de majorette et un pour sa maman. Effectivement les temps sont durs dans cette maison. Marie vit seule avec sa mère qui est au chômage depuis quelques semaines. Non seulement les fins de mois sont difficiles mais de nombreuses tensions ont vu le jour. Sa mère ne veut plus se lever et préparer le petit-déjeuner de sa fille. Elle ne veut plus sortir même pour aller voir sa mère qui habite à quelques stations de bus. Heureusement, Marie est une petite fille pleine de ressources. Elle trouve refuge le mercredi auprès de Muche, sa grand-mère maternelle. Muche est une mamie confitures qui nourrit sa petite-fille de sucreries, de conseils et d’amour. Elle comprendra vite qu’elle doit aider sa petite fille à réaliser son rêve …Ce court roman est un vrai délice. Il m’a enthousiasmée par sa force et sa simplicité. Les relations grand-mère/mère/fille sont touchantes sans être mièvres. Les personnages semblent authentiques et sincères. Le rêve de Marie peut sembler désuet ou complètement has been mais les enfants ne s’y tromperont pas … Ce n’est pas le rêve qui importe mais c’est la nécessité d’avoir un rêve qui est important ! Les illustrations sont nombreuses et se mêlent harmonieusement au texte. Elles facilitent la compréhension du récit tout en enrichissant de mille détails la vie de Marie. Dès 8 ans.
 

lundi 16 décembre 2013

L’Attrape-rêves – X.L. Petit – 275 p. - Ecole des Loisirs – 2009 – 9 €

Quelque part aux Etats-Unis, loin de l’effervescence des villes, Louise vit depuis toujours dans un hameau isolé au cœur d’une vallée. Elle cohabite avec son père, homme taciturne et silencieux depuis le départ de sa femme quelques années plus tôt. Malgré les questions concernant sa mère qui la tourmentent, Louise ne se laisse pas aller à la mélancolie et à la tristesse. Son vœu le plus cher est de faire des études pour ne pas finir sa vie à la scierie du village comme la plupart des habitants. Louise aime apprendre, travailler et se cultiver notamment auprès de M. Harrison. Ce professeur de littérature incite ses élèves à lire les plus grands auteurs Baudelaire, Poe, Lessing, Salinger … Il les entoure, les soutient et leur offre la poésie comme un remède à tous le maux. C’est en lisant à ses camarades un des poèmes d’Emily Dickinson à la demande de M.Harrison que Louise va rencontrer Chems, un nouvel élève de la classe. Il n’est pas de la plaine. Il n’est pas de la vallée. Il n’appartient à aucun groupe d’élèves. Il n’est pas d’ici et pas d’un là-bas connu. Avec ses cheveux longs, sa couleur ambrée de peau et ses traits fins, il ne ressemble à personne mais pourtant Louise est irrésistiblement attirée par lui. Ce roman rude et sauvage m’a emportée au milieu d’une vallée que j’aimerais bien connaître. Le récit est fluide et bien rythmé. Les personnages sont élégamment liés les uns aux autres. Louise est une jeune fille crédible à laquelle on s’attache tout au long du roman. J’ai aimé lire l’alternance de tout ce qui s’éteint, meurt ou disparaît sous les yeux de Louise pour qui tout commence, tout s’ébauche et tout se déclenche … Les intrigues sont elles aussi brillamment imbriquées sans être complexes ou tortueuses. De nombreux thèmes sont abordés comme la préservation de la nature, les relations père-fille et l’amour bien sûr. J’ai apprécié la perspicacité de l’auteur à dévoiler la tolérance sous toutes ces facettes. Il entraîne le lecteur à réfléchir aux enjeux, aux possibilités et aussi aux difficultés qu’elle peut engendrer parfois. Dès 14 ans.

mardi 8 octobre 2013

Mon Amérique – A. de Poncheville – 166 p. - Ecole des Loisirs – 2012 – 8.50 €


Lisa a douze ans. Elle voit les derniers jours de sa cinquième arriver avec soulagement. Elle est très pressée d’être en vacances car elle doit partir aux Etats-unis découvrir les réserves indiennes. Malheureusement dès les premiers jours de juillet, Lisa apprend que l’organisme qui assurait le voyage a fait faillite. Au revoir projet, réserves indiennes et grands paysages. Lorsque ses parents décident alors de l’envoyer avec son petit frère Etienne de 5 ans chez leur grand-mère dans le Sud de la France, Lisa frôle le désespoir ! Martine, elle, semble ravie de passer quelques semaines avec ses petits enfants. Elle les accueille avec chaleur et les invite au bal du village. Lisa découvre sa grand-mère, heureuse et rayonnante malgré son récent veuvage. Lisa, elle, se sent seule et délaissée car les jeunes villageois ne semblent pas très amicaux ou au contraire trop entreprenants pour elle. Cette soirée provinciale a chamboulé la jeune Lisa. Sa première nuit est très agitée. Elle ne trouve pas le sommeil. Elle sent des chatouillis sur sa tête. Son crâne la démange. Elle se lève et rejoint la salle de bains pour s’approcher du miroir. Lisa découvre que des plumes ont poussé sur sa tête. Des petites plumes multicolores parsèment ses cheveux. Elles sont douces et lisses mais indétachables de son cuir chevelu. Lisa est stupéfaite. Est-elle en train de se transformer ? Mi-femme, mi-oiseau, se métamorphoserait-elle en chimère ? Au petit matin, un simple bonnet en coton gris lui permet de camoufler son plumage. Au petit déjeuner, Martine les prévient qu’elle sera absente en fin de journée et qu’ils vont devoir dormir chez une amie, Patricia, sa voisine. Lisa se doute que sa grand-mère a un rendez-vous galant. Patricia est une femme charmante qui habite une bergerie. Elle voue une passion aux oiseaux et la cour de sa ferme abrite de nombreuses cages. Perroquets, perruches, diamants de Gould, canaris rouges et inséparables égayent les lieux de leurs chants. Quelques minutes après leur arrivée, un jeune homme arrive. C’est Lalou, le neveu de Patricia. Il est très proche de sa tante et il l’aide à tenir la ferme. Les cheveux noir corbeau, Lalou semble timide et un peu mal à l’aise. Rapidement le petit Etienne supplie les jeunes gens de venir se baigner avec lui dans la piscine. On comprend que Lisa porte un bonnet de bain pour cacher ses plumes mais alors pourquoi Lalou n’enlève t-il pas son t-shirt pour se baigner ? Aurait-il lui aussi quelque chose d’«extraordinaire » à cacher ? Ce roman joue sur la mince frontière entre le réel et le rêve. On ne sait pas vraiment si Lisa et Lalou sont différents. On doute, on s’interroge … Ce récit est onirique et flirte avec les légendes indiennes. Le personnage de Lisa qui devient une femme lors de cet été est un temps de transformation et de métamorphose physique et psychique. J’ai apprécié les personnages féminins. Lisa, la très jeune femme, Silvia, la femme, Patricia, la femme d’âge mûr et Martine, la femme âgée. L’amour est le thème central du roman et c’est justement ces portraits de femmes amoureuses qui sont intéressants. Le couple Lalou et Lisa ressemble à ces grands couples de la littérature ou du cinéma, le coup de foudre, l’amour et la passion partagés et bien sûr la séparation même si elle n’est que géographique. Certaines situations cocasses allègent cette histoire un peu troublante. Je le conseille surtout aux jeunes filles dès 11 ans.


Victoria rêve – T.de Fombelle/F.Place – 112 p.
Gallimard jeunesse – 2012 – 13 €

En vrai, j’ai commis une erreur lors de mon achat de Mon Amérique. J’avais mémorisé des illustrations de plumes sur la couverture. Depuis j’ai acheté celui que je cherchais vraiment Victoria rêve de T.de Fombelle. Il n’y a pas que les plumes qui rapprochent ces deux romans. Les héroïnes se ressemblent un peu par leur capacité à croire en leurs rêves. Victoria rêve d’aventures, de tempêtes, de combats à l’épée et d’enfants à sauver. Malheureusement sa vie de collégienne est d’une routine abrutissante. Elle attend de grandir pour s’échapper et prendre la vie à bras le corps. Pour combler ses années d’attente et d’ennui, Victoria lit. Elle arpente les rayonnages de la bibliothèque pour emprunter les ouvrages qui la font rêver. Vendredi ou la vie sauvage, Histoires pressées, les Raisins de la colère, le Clan des Otori, Oh Boy, Bilbo le Hobbit, Peter Pan, l’Ile au Trésor, le Livre des Etoiles, Artémis Fowl, 1984 et bien d’autres encore garnissent ses étagères. Sa chambre est un repère des meilleurs romans de littérature jeunesse et générale. Malheureusement depuis quelques jours, Victoria a remarqué que ses livres disparaissaient un à un. Serait-ce un pirate en maraude, un cow-boy en manque, un fantôme de bibliothécaire ou un buveur d’encre qui lui vole ses livres ? Victoria est aux aguets et ne craint pas de rencontrer l’étrange voleur. Un soir, en revenant de la bibliothèque, elle entend des pas qui résonnent derrière elle dans la rue. Tous les sens aux aguets, Victoria est impatiente d’en découdre … Ce roman est une apologie de la lecture et des lecteurs. L’héroïne fantasme complètement sa vie en utilisant ses lectures. Les Trois Cheyennes ne sont pas des captifs mais les héros d’un même roman. Malgré tous les efforts de Victoria, elle devra rejoindre la vie réelle pour aider ses proches à surmonter le chômage de son père qui lui volait ses livres pour combler ses longues heures d’inactivité ! La boucle est bouclée et les livres sont partagés. Pour les lecteurs aguerris dès 9 ans.

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