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lundi 1 août 2016

Les mots et les images qui font peur – C.Dolto/C.Faure-Poirée/F.Mansot – 28 p. - Gallimard jeunesse – 2016 – 6,20 €



En ces temps troublés où la violence semble omniprésente, les PetitsProches sont souvent soumis à des images, des informations ou des donnés choquantes. La télévision, la radio, les conversations entre adultes sont les vecteurs principaux de messages anxiogènes. Il n’est pas toujours facile d’expliquer le terrorisme, la guerre et les exactions à nos enfants mais il est important pour eux de savoir la vérité et d’avoir des mots pour poser des questions. Les mots et les images qui font peur est un documentaire qui permet d’aborder et d’expliquer les violences qui secouent le monde et qui effraient petits et grands. Un beau message de tolérance et d’espoir propose d’ouvrir le dialogue en famille et à l’école pour envisager un avenir plus serein. Les illustrations de Frédérick Mansot sont un fois de plus particulièrement harmonieuses et apaisantes.
Dès 2 ans






jeudi 11 février 2016

La forêt entre les deux – M.Rutten – 56 p. - MeMo – 2015 – 17 €


Après La source des jours et L'ombre de chacun, on retrouve avec plaisir le lapin, le chat, le livre et le soldat masqué, des héros étonnants qui s'aiment beaucoup et se détestent parfois ! Sous le regard bienveillant de Cerf et de Louve, Chat et Soldat invitent Canari à faire la course. Malheureusement Chat part avant le signal ce qui énerve Soldat qui hurle, tape, frappe et terrorise toute la forêt. Soldat est en colère … Soldat en veut à la Terre entière. Malgré son armure, Soldat est blessé car ses parents ont divorcé. Deux maisons à habiter avec un cœur cabossé, c'est trop difficile même pour un soldat aussi vaillant. Heureusement ses amis vont l'accompagner sur le chemin de l'acceptation et l'aider à dépasser ses peurs ...La forêt entre les deux est un album centré sur le mystérieux personnage du soldat qui se révèle être une charmante Léonie. La forêt est son refuge mais aussi le lieu de tous les possibles. Le récit propose une temporalité « extraordinaire » autour d'une déclinaison chromatique du maintenant … Les illustrations de Mélanie Rutten sont une fois de plus absolument somptueuses et participent entièrement au récit. Dès 4 ans.







vendredi 20 mars 2015

Une si petite noisette – S.Alzial/S.Touache – 32 p. - Les Fourmis rouges – 2015 – 16,50 €

Dans un petit village, par une belle matinée d'été, un homme rejoint le marché pour vendre sa marchandise. Il est fier de sa récolte de magnifiques noisettes. Malheureusement par une petite déchirure de son sac, une noisette s'échappe … Elle brille au soleil et attire la convoitise d'une timide fourmi. Ses six pattes s'emparent de ce cadeau inespéré, elle rêve déjà à son prochain dîner mais un lézard musclé lui ordonne de s'en aller. Mais lorsque le lézard à santiag s'empare de la noisette dorée, un chien affamé lui ordonne de déguerpir … Et ce n'est que le début des aventures de la belle noisette ! Cet album propose un récit randonnée drôle et détonant. Chaque protagoniste amplifie la querelle et c'est tout le pays qui finit en guerre ! Avec humour et intelligence, Sylvain Azial rappelle comme la jalousie, la violence et les rapports de force sont dévastateurs … Les illustrations énergiques et extravagantes offrent de multiples détails à découvrir ! Dès 3 ans.





samedi 9 août 2014

La grosse bête – P.Jossen – 32 p. - Ecole des Loisirs – 2014 – 8.20 €


Il y a très longtemps, sur Terre, un horrible dinosaure persécutait un tout petit lézard complètement inoffensif. Chaque jour, il le battait à la course et adorait l’effrayer en rugissant très fort. Un jour, à bout de force et de patience, le jeune lézard mord la cuisse de l’horrible dinosaure … Le géant se prépare à dévorer le petit lézard quand une énorme boule de feu surgit dans le ciel …Cet album tout en économie de décor et de couleur porte pourtant une narration visuelle très réussie. Un récit efficace qui incite le lecteur à réfléchir aux rapports de force et de domination qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit ! PetitPetit adore cet album qu’il lit et relit à ses doudous tout en frissonnant devant l’horrible dinosaure. Dès 2 ans.






dimanche 26 janvier 2014

Le grand Livre de la bagarre – S.Bloch/D.Cali – 32 p. - Sarbacane- 2013 – 17.50 €


J’aimerais croire à la vertu des discours pacifistes envers nos enfants. J’ai toujours tenté de les encourager à dialoguer avec leurs camarades. Depuis qu’ils sont en âge d’aller à l’école, je leur enseigne que la violence est la force du faible et blablabla …Je trouvais mon discours plutôt convaincant et ma foi, j’aurais bien juré que mes Loups ne s’étaient jamais battus (je sais, je suis fleur bleue !). Par un mystérieux concours de circonstance, j’ai entendu les aînés former MoyenMoyen aux lois de la cour d’école. Je ne vous cacherai pas que j’ai été légèrement ébranlée dans mes convictions et que la loi du plus fort ou en tout cas la loi du Talion sévit toujours … Tout d’abord, le grand Livre de la bagarre porte bien son nom. Avec ses 31x39 cm, cet album peut aussi servir de bouclier ! Dans tous cas, il est un vade-mecum drôle et impertinent pour connaître les règles de la bagarre. La prescription est savoureuse et rappelle que certaines conditions sont indispensables : les combattants doivent être de même poids, de même taille et surtout ils doivent être à nombre égal. Si cette règle est enfreinte alors c’est une bagarre-triche ou une bagarre injuste ! L’organisation des combats est rôdée depuis des millénaires et seules deux phrases peuvent arrêter la lutte : « A table » et « Attention, voilà la maîtresse » … Les lecteurs trouveront des conseils avisés comme une méfiance absolue envers les filles qui sont des bagarreuses très douées ! Les illustrations de Serge Bloch sont parfaitement ajustées au récit et soulignent les situations cocasses. Mes enfants et moi avons beaucoup ri à la lecture de ce grand album. Il nous a permis de discuter et d’échanger sur la violence et l’échange des coups … En conclusion, GrandGrand et MoyenGrand m’ont certifié que s’ils avaient suivi mes recommandations de non-violence, ils n’auraient pas survécu à l’école primaire …Dès 6 ans.

 



 

vendredi 10 janvier 2014

Orignal – M.De Radiguès – 151 p. - Delcourt – 2013 – 13,95 €


Depuis quelques mois, je suis avec attention et plaisir Max de Radiguès.(en plus il est bel homme!) Je vous ai déjà présenté Frangins et 520 km. J'aime ses illustrations fines et son récit graphique elliptique. J'apprécie le rythme de ses planches qui laissent au lecteur le temps de respirer et d'émettre des hypothèses. Ces histoires sont toujours riches et étonnantes. Dans Orignal, Joe, jeune collégien ne veut plus prendre le bus scolaire. Au collège, il se réfugie souvent à l'infirmerie auprès de la belle Sarah. Il rase les murs la tête basse et évite le plus possible son enfer sur Terre, Jason. S'il pouvait, Joe n'irait plus au collège et resterait caché dans la forêt auprès de chez lui. Ces bois sont un refuge pour lui. Cet havre de paix lui permet de se déconnecter de son quotidien scolaire sordide et violent dans lequel il craint chaque instant pour sa vie. Mais un jour, Jason poursuit Joe jusque dans les bois ...Sous une couverture à l'illustration tendre se cache un récit poignant. J'ai apprécié ce décalage entre la douceur et la candeur des dessins et la noirceur et la violence du récit. Malgré les violences physiques, verbales et sexuelles subies par Joe, le lecteur ne peut que comprendre son silence. La fin du récit est énigmatique et permet toutes les interprétations. Pas de happy end, pas de morale mais un album coup de poing qui ne peut pas laisser indifférent ! Dès 14 ans. Sur ce thème délicat de la maltraitance scolaire et de l'homosexualité, je vous conseille aussi A copier 100 fois d'Antoine Dole.
 
 


lundi 9 décembre 2013

Frangins – M.De Radiguès – 108 p. - Sarbacane – 2011 – 12.90 €


Hugo boude. Dans la voiture des vacances, il enrage ! Son père vient de lui annoncer que leurs vacances en tête à tête père-fils vont se transformer en vacances familiales. Dans leur maison d’été, Hugo va devoir vivre avec Valérie, la petite amie de son père et Michel son horrible fils ! Michel et Hugo ont tous les deux 13 ans mais c’est comme si un siècle et un continent les séparaient. Ils se détestent. Dès le premier jour, Hugo prétexte une balade dans la forêt voisine pour échapper au repas familial. Malheureusement, Michel le rejoint. Les deux jeunes gens découvrent alors une zone grillagée et interdite. Hugo connaît les lieux et invite Michel a passé sous les clôtures. Mais bientôt les voilà bloqués au fond d’un ravin … Je vous ai déjà présenté une bande dessinée de Max de Radiguès 520 km. Je trouve que cet auteur a le don de cerner parfaitement les préoccupations et l’état d’esprit des adolescents. Frangins explore avec finesse les difficultés rencontrées par les familles recomposées. Ils obligent le lecteur à s’interroger au-delà des apparences et des idées convenues. Il ne limite pas ses héros au rôle du gentil et du méchant. Effectivement, les aventures vécues par Michel et Hugo vont les obliger à dialoguer et à lever le voile sur leurs véritables personnalités. Ils vont devoir trouver un fonctionnement à deux, sans bénéficier des directives de leurs parents. Cette bande dessinée m’a fait penser à Tunnel d’Anthony Browne qui parle aussi d’un rapport difficile entre frère et sœur ! Dès 12 ans.
Le site de l’auteur ici ! Maintenant je cherche Orignal !

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dimanche 20 octobre 2013

Les Rebelles de Saint-Daniel : tome 1 : Appellez-moi Ismaël – M.G.Bauer – 265 p. - Casterman – 2011 – 13 €


En Australie, Ismaël Leseur est un jeune garçon qui entre au collège de Saint Daniel. Ses parents sont très fiers de son prénom dédié à leur amour commun du roman Moby Dick de Herman Melville. Dès le premier appel en classe, il est pris en grippe par Barry Bagsley, le tyran de la classe. Barry a décidé qu’Ismaël était un prénom de mauviette. Il trouve aussi que Leseur rime avec Le Sueur, le Pueur, le Prouteur. L’horrible Barry et sa bande font vivre un calvaire à Ismaël. Coups, bousculades, brimades et paroles blessantes sont le lot quotidien de notre jeune héros. Lors de cette première année au collège, Ismaël a appris à se faire tout petit, à raser les murs et à courber l’échine. Il a perdu confiance en lui. Il ne sent plus bon à rien. Il s’éloigne progressivement des apprentissages et de ses camarades. Heureusement lors de sa deuxième rentrée, Ismaël va rencontrer deux nouveaux arrivants. Tout d’abord, son professeur principal, Miss Tarango qui décèle rapidement les difficultés mais aussi toutes les possibilités d’Ismaël. Elle le nommera d’ailleurs tuteur du nouvel élève de sa classe : James Scobie, le deuxième arrivant. Ismaël râle de devoir escorter « le nouveau » partout avec lui. Surtout que James est atteint de troubles du comportement. Il cligne des yeux sans arrêt. Il lisse ses cheveux dix fois d’affilée. Il tourne la tête de droite et de gauche à répétition. Il a le gabarit d’une crevette et son look des années 50 n’arrange rien. Barry se frotte les mains devant ce binôme à terroriser sans crainte. Malgré son apparence, James cache une personnalité hors du commun et une force extraordinaire. Il trouvera la parade pour tenir tête à Barry. Il entraîne alors Ismaël dans un concours d’éloquence afin de prouver à tous et particulièrement à son meilleur ami qu’il faut toujours combattre en ayant le choix des armes … Après des mois de peur et d’angoisse, Ismaël s’ouvrira aux autres et découvrira les joies de la vie en groupe ! Ce roman rappelle un peu les romans de garçons d’autrefois. Sans magie, ni baguette, il fait aussi référence au « school story » et donc à Harry Potter. Le héros est touchant par son humour et son auto-dérision même si les situations vécues sont vraiment difficiles. L’auteur montre avec subtilité la capacité d’Ismaël à encaisser les coups et les méchancetés tout en soulignant l’effet produit sur sa personnalité : le repli, la perte de confiance en soi et la mésestime. Les personnages secondaires sont finement mis en relation. Les individualités et les différences s’effacent devant l’amitié et la solidarité. Le concours d’éloquence est aussi une belle découverte. La rhétorique et le charisme sont des talents que l’on souhaite approfondir après la lecture de ce roman d’apprentissage. Dès 11 ans.

Si vous souhaitez voir Ismaël s’épanouir :
Les Rebelles de Saint-Daniel : tome 2 : Ismaël part en live - M.G.Bauer –
Casterman – 2011 – 13 €

lundi 30 septembre 2013

Un obus dans le cœur – W.Mouawad – 74 p. - Actes Sud Junior – 2007 – 7.80 €

Je ne sais pas si vous avez déjà assisté à une représentation des pièces de Wadji Mouawad mais depuis que j'ai vu Littoral, j'essaie de lire toutes ses pièces. Vous dire que cette prédilection est une tâche difficile, est une évidence. Lire ces textes sans le soutien des représentations est presque impossible. J'aimerais amener mes élèves à s'intéresser à ce dramaturge et à sa vision du théâtre. Malgré mes achats et mes coups de coeur au CDI, les tomes du Sang des promesses restent sur leurs étagères. Depuis que j'ai découvert ce livre, je pense avoir trouvé l'ouvrage passerelle pour initier mes élèves à l'art de Mouawad. Un obus dans le coeur est tiré du roman Visage retrouvé du même auteur. Ce texte est destiné à être lu à haute voix. Comme l'exige cette collection, un Obus dans le coeur est un texte à dire, à crier ou à réciter comme une litanie pour éloigner le mal. Il peut aussi être une prière intime mais néanmoins universelle à genou devant les blessures de l'enfance. Wahab est un jeune artiste peintre qui prépare un vernissage dans quelques jours. Appelé par son frère en pleine nuit pour veiller sur les dernières heures de leur mère, Wahab se rend à l'hôpital la rage au ventre. Il ne se sent pas concerné par cette mort. La femme étendue dans ce lit n'est pas sa mère. Il a perdu sa mère le jour de ses quatorze ans. Du jour au lendemain, il n'a pas reconnu celle qui lui manque chaque jour maintenant. Elle a été remplacée par une chimère qui râle aujourd'hui dans ce lit anonyme sous le regard de tous les membres de la famille. Une chimère que Wahab reconnaît maintenant. Elle a accompagné son enfance et son adolescence. Ce monstre est la guerre, la peur et la maladie. Elle est la somme de toutes les atrocités du monde. Debout, poings serrés, Wahab doit la combattre. Comme tous les textes que je connais de cet auteur, je ne suis jamais sûre de bien comprendre … Je doute ! Son écriture laisse tellement de place à l'interprétation que chaque lecteur en a une version différente et personnelle. La guerre, la mort, les difficultés de la filiation sont les thèmes fondateurs de la dramaturgie de l'auteur, cet opuscule rassemble tous ces thèmes. Ce démon du jeune Wahab peut être envisagé comme la guerre, comme la fin de l'enfance, comme l'image de la mère. Je n'ai pas de réponse mais j'ai éprouvé toute la violence de ce texte, toute la colère de Wahab. Ce récit destiné à être lu détient toute la puissance évocatrice de l'écrit, mêlé au potentiel suggestif de la voix. A lire dans un souffle ou à hurler aux vents dès 15 ans.
Rencontre avec W.Mouawad : Théâtre : ici !

Se venger – M.F Hazbroucq – 128 p. - Rue de l’Echiquier – 2011 – 10 €

Il est loin le temps des bacs à sable et des magnifiques anémones qui s'épanouissent entre deux pelles et trois seaux. Il est loin le temps béni où les conflits éclatent et se résolvent à coup de râteau en plastique dans les bouclettes en partageant un petit pain au lait. En grandissant, enfants, adolescents et adultes, nous nous interrogeons tous sur ces excès de violence. De la cour d'école à l'open space, les mêmes questions nous assaillent : comment me défendre ? Quelles sont les paroles ou les actes que je ne peux pas accepter ? Dois-je me défendre même si cet instinct m'oblige à user de violence ? Quelles sont les limites de l'instinct de protection ? Même si la vengeance est paraît-il un plat qui se mange froid, il faut souvent avoir réfléchi à la question pour ne pas riposter à chaud. La vengeance peut engendrer une violence physique mais elle peut être aussi entraîner une agressivité verbale ou des formes de harcèlement moral. Riposter, se défendre, souffrir, haïr, être en colère, punir … La langue française offre un vocabulaire riche pour exprimer tous ces sentiments et ces actions qui nous traversent et nous interrogent. Que ce soit pour une botte d'oignons ou pour des documents administratifs, nous n'échappons pas à notre cerveau reptilien, berceau de nos pulsions. Ce livre permet de prendre le temps de réfléchir. Marie France Hazebroucq, agrégée de philosophie et docteur es Lettres, élucide pour nous les thématiques complexes et les engrenages tortueux de la vengeance. Ses propos s'appuient sur un corpus documentaire riche : essais et romans, films, oeuvres philosophiques et bande dessinée. Sa synthèse offre un regard clair et un enrichissement de notre connaissance. Elle nous incite aussi à aiguiser notre pensée en soulevant le voile sur les finalités cachées du désir de se venger. La loi du Talion est passée au crible de la philosophie avec talent ! Cette collection Philo ado des Editions Rue de l'Echiquier propose d'autres titres tout aussi alléchants : avoir peur, désobéir, mentir, perdre son temps, tomber amoureux, rêver, être jaloux et voler. Sur ma pile à lire, m'attend peut-être la quintessence de l'adolescence : Désobéir et Tomber amoureux, je suis impatiente de les commencer. J'espère qu'ils seront à la hauteur de celui-ci ! Dès 15 ans.

mercredi 18 septembre 2013

Le Type – P.Barbeau/F.Cinquin – 34 p. - Atelier du Poisson soluble – 2004 – 13.50 €

 
Le Type est un album hors norme. Il est difficile à résumer et à commenter. Tout d’abord, ce livre est un journal intime. Présenté comme les pages arrachées du journal intime de Philippe Barbeau, l’auteur, cet album est aussi un recueil d’illustrations variées : collage, dessin, aquarelle, herbier, maquette, montage photograhique … Malgré mes nombreuses lectures, je ne suis pas sûre d’être arrivée au bout de la lecture iconographique. De nombreux clins d’œil graphiques sont à découvrir ! Ecrit à la main, sur du papier quadrillé, le récit est mystérieux. Le narrateur raconte qu’il croise quotidiennement un type qui le dérange car cet étranger ne sait ni sourire, ni rêver, ni aimer. A chaque rencontre, il blesse l’étranger en lui jetant des objets au visage. Il ne supporte pas cet inconnu différent de lui. Au fil des jours, son humeur s’assombrit et lors de sa dernière rencontre avec le « type », il lui jette un rocher gros comme une citrouille mais pour une fois l’inconnu se baisse. Malheureusement une vieille dame reçoit la pierre en pleine figure. Elle vient alors demander des comptes ! Elle aidera notre « héros » à ressentir des émotions, à avoir confiance dans l’autre. Il respectera cette femme différente qui l’enrichira et lui permettra de grandir. En brisant sa solitude, il quittera la toute puissance de l’enfance pour accéder à la maturité. Dans ce compagnonnage affectif, le narrateur comprendra qu’il ne doit pas avoir peur de la différence. Il apprendra aussi à rêver et c’est dans l’amour et le respect de l’autre qu’il deviendra un homme. Le rythme du récit est très pertinent. Les répétitions sont percutantes et amorcent les scènes de violence qui se répètent. La rencontre avec la femme entraîne un revirement du personnage qui enfin se dévoile dans le récit et dans l’illustration. Un album fort qui sera un classique à lire tout au long de sa vie. Dès 10 ans.

mercredi 31 juillet 2013

Le chat de Tigali – D.Daeninckx – 30 p. - Syros – 2007 – 3 €


Un couple d’instituteurs s’installe à Saint-Martin, petit village proche de Marseille à leur retour d’Algérie, certainement enseignants expatriés en Kabylie. Vanessa, leur fille, six ans a absolument souhaité ramener leur chat Amchiche de Tigali. Quelques jours après leur arrivée, Amchiche est blessé par un tir de fusil. Dans le village, personne n’a rien vu, personne ne sait rien. Mais le lendemain du drame, ils reçoivent une lettre anonyme « Personne ici ne veut plus voir ta sale bestiole. La prochaine fois sera la bonne ». Ce récit si court est d’une rare intensité. J’étais sous tension pendant les 30 pages car on sait, on sent que l’issue sera fatale à l’un des protagonistes de cette histoire. Mais qui sera la victime ? Pas besoin de préciser que Didier Daeninckx est un écrivain talentueux qui tient son lecteur en haleine. Ce roman est une vraie perle à conseiller à tous les jeunes lecteurs et bien évidemment aux non-lecteurs car ce mini-roman peut vraiment les accrocher. Dès 8 ans, si l’enfant est prêt à lire un livre un peu « stressant ».