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samedi 23 août 2014

La Vie au bout des doigts – O.Charpentier – 408 p. - Gallimard – 2014 – 14.50 €

En 1913, la France affine la Triple-Entente. L’armée se prépare, les tambours grondent, le service militaire dure maintenant trois ans … Enfermée dans son pensionnat, Guenièvre, 14 ans, ne sait pas que l’Histoire est en marche. Elle ne sait pas que la guerre est déjà aux frontières de la France et que sa vie tranquille va basculer au rythme des batailles, des morts et des alliances mondiales. Convaincue d’être seule au monde suite à la mort de ses parents, Guenièvre rejoint sa grand-mère paternelle dans son manoir près de Reims. La jeune fille découvre alors une très vieille dame aveugle qui tente de survivre dans sa demeure dévastée par un incendie. Guenièvre comprend très vite que les temps sont durs et qu’elle doit participer à la vie domestique du domaine. Secondée par Perpétue, la cuisinière, Guenièvre va alors créer un clan de vie et de survie au manoir. Des jeunes femmes perdues, des orphelins esseulés, des soldats brisés trouvent auprès de la jeune fille le soutien nécessaire pour oublier l’horreur des tranchées et la peur des lendemains. Elle-même va devenir une intendante efficace, une amie précieuse et une guérisseuse comme sa grand-mère, cette aïeule mystérieuse qui tait bien des secrets …La Vie au bout des doigts est un roman époustouflant. La Grande Guerre est au cœur du récit. L’auteur Orianne Charpentier tisse avec habilité les grands événements historiques, artistiques et culturels au plus près des personnages auxquels on s’attache dès les premières pages. La jeune Guenièvre est une jeune fille fragile que l’on voit affronter la vie et devenir une femme forte. Sa quête de la vérité l’oblige à forcer le destin pour soulever le voile du secret familial. La Vie au bout des doigts est un roman que je n’oublierai pas comme je n’ai jamais oublié Dans la guerre d’Alice Ferney ou la Bicyclette bleue de Régine Deforges, qui ont forgé mes connaissances sur les grands conflits du XXème siècle. GrandGrand l’a lu en deux jours et me l’a rendu complétement conquis ! Un roman à lire et certainement relire tout au long de sa vie … Dès 12 ans.

Les livres déjà présentés d'Orianne Charpentier que j'affectionne particulièrement : ici !

J'ai crée un nouveau libellé :  ♥ ! Ce coeur signalera les ouvrages qui sont évidemment des coups de coeur mais aussi des ouvrages qui me semblent indispensables pour grandir, rire et s'émerveiller ...

dimanche 12 janvier 2014

Après la vague – O.Charpentier – 176 p. - Gallimard jeunesse – 2014 – 8.90 €


Alors que ses parents souhaitent découvrir un temple au sommet d'une montagne, Maxime refuse de participer à l'excursion organisée par ses parents. Il veut profiter de la magnifique plage de ce coin perdu de Thaïlande. A 16 ans, il rompt avec les habitudes culturelles de la famille et ne rêve que de soleil, de séduction et de liberté. Sa soeur jumelle, Jade, décide de rester avec lui. Peut-être souhaite t-elle renouer avec son frère devenu si distant et si arrogant ?... Mais à peine arrivés sur la plage, une vague immense s'abat et emporte Jade. Max ne reverra plus jamais sa soeur. A partir de cet instant, il sera seul ... Vous connaissez mon attachement à cette auteur qui nous offre un quatrième roman qui coupe le souffle. Le récit intime sur le long et difficile travail de deuil de Max ne peut pas laisser indifférent. Au rythme "des hauts et des bas" du héros, le lecteur est emporté au coeur de sentiments puissants et de questionnements existentiels intenses. La quête de ce jeune homme le portera auprès d'hommes et de femmes qui ont eux aussi vécu des traumatismes. Ils sauront partager avec lui les voix de la résilience. Le style est délicat et en même temps complètement envoûtant. A l'image du prologue qui est d'une force évocatrice rare, le récit nous emporte comme une vague à laquelle on ne peut pas résister ... Dès 12 ans.
 
Tous les romans d'Orianne Charpentier : ici !

samedi 28 septembre 2013

Madame Gargouille – O.Charpentier – 128 p. - Gallimard jeunesse – 2006 – 8 €


Ezéchiel est un jeune parisien qui mène une vie paisible. Le collège, les copains, les filles et quelques bêtises rythment son quotidien. Avec son meilleur ami Jordan, ils inventent les pires sottises pour rendre l’horrible concierge de l’immeuble, Madame Gargouille, complètement chèvre. Cette vieille femme âgée et taciturne cristallise toutes leurs ingéniosités d’âneries. Entre Madame Gargon-Gargouille et Zec, c’est la guerre ! Zec ne sait pas encore que l’âge des plaisanteries est fini. En quelques heures, son existence va basculer suite à la séparation de ses parents. Un soir, en pleine crise conjugale, sa mère l’envoie se réfugier chez la concierge accompagné de sa petite sœur Lucie. Terrorisé et mal à l’aise, Zec frappe à la loge. Madame Gargon les accueille chaleureusement sans demander d’explications. Elle improvise une soirée crêpes pour détendre l’atmosphère. La petite Lucie est aux anges. Zec, lui, dessine pour oublier la tempête conjugale quelques étages plus haut. Il dessine pour se faire oublier. A travers la vitre de la loge, il voit son père passer avec une valise. La crise est terminée. Ses parents sont séparés. Ezéchiel va alors connaître des heures sombres. Du haut de ses treize ans, il va devoir soutenir sa petite sœur Lucie. Il va tenter de réconcilier ses parents. Il va grandir et comprendre que les apparences sont parfois trompeuses. Madame Gargon va devenir son repère dans cette tempête. D’horrible gargouille, elle deviendra son amie. Chaque jour, il passera faire le plein de réconfort, de tendresse et de pensées psychophilosophiques. Dans ce tout petit appartement, il va croiser d’autres enfants et particulièrement Jasmine qui deviendra son secret. Ce roman est un trésor de délicatesse. Sans gnangnanrie, les thèmes difficiles de la séparation, de l’adolescence sont abordés avec subtilité. Les personnages sont fouillés. Ezéchiel est étonnant. Il n’est pas le héros que l’on attend, il est humain et imprévisible. Tantôt fort, tantôt sombre ou fragile, les lecteurs se reconnaîtront dans ce jeune garçon qui amorce le passage délicat de l’adolescence. Madame Gargouille n’est pas un personnage accessoire. Elle représente peut-être chacune d’entre nous dans quelques années. Elle aussi aborde un tournant délicat de la vie, la vieillesse. GrandGrand, 12 ans, l’a lu très rapidement. Il me l’a rendu en me disant qu’il fallait que je me débrouille pour que MoyenGrand, 11 ans, le lise … Cette phrase sibylline veut dire : « ce livre est vraiment génial, j’aimerais partager cette belle lecture riche et profonde avec mon frère que j’adore mais je ne sais pas comment le lui dire ». Si, je vous assure, j’ai compris tout ça dans cette phrase énigmatique, pas vous ? Je remercie chaleureusement Orianne, l’auteur, qui m’a envoyé cet ouvrage. J’espère qu’elle nous offrira encore de beaux romans à partager …Dès 9 ans.
 
 

lundi 23 septembre 2013

Mauvaise graine – O.Charpentier – 144 p. - Gallimard jeunesse – 2010 – 7.50 €

Jeremy est un jeune garçon sans histoire. Il vit à la campagne entouré par une famille aimante. Sa mère est couturière et son père est ouvrier. Sa grande soeur Elisabeth est une jeune étudiante brillante qui prépare les plus hauts concours administratifs à Paris. Depuis quelques mois, Jeremy se rend compte qu'il ne sait pas ce qu'il attend de la vie et que celle-ci le lui rend bien … Il n'a aucun talent particulier, il n'est pas bon élève, il est petit, il n'est pas beau, il n'est pas curieux, il n'est pas enthousiaste. En un mot, Jérémy traverse une phase difficile de l'adolescence. Depuis tout petit, il est jaloux de sa soeur si douée et si studieuse. Il a honte de sa mère qui a un léger accent quand elle parle. Cette femme issue de l'immigration s'est pourtant parfaitement adaptée et intégrée dans leur petit village. Il ne supporte plus les manières de son père qu'il juge grossières. Son père parle fort, mange beaucoup et se permet quelque fois des blagues un peu rustres. Jérémy les déteste et se déteste. Il ne veut plus de cette petite vie qu’il juge minable. Heureusement il peut compter sur ses amis d'enfance Raphaël, Léopoldine et Sarah, pour dépasser son dégoût, de la vie qu'il a eu, de la vie qu'il mène et de cet avenir qui l'attend ! Complètement égocentré, Jérémy se rend quand même compte que quelque chose cloche lors du repas de Noël. Sa soeur n'arrête pas de parler tout en grattant des plaques d'eczéma dissimulées sous ses cheveux, sa mère est muette mais ses yeux sont remplis de larmes et son père mange avec tellement d'appétit et de voracité que Jérémy se demande si ce n'est pas son dernier repas. Il ne croit pas si bien dire ! A quelques jours de la nouvelle année, Jérémy va devoir trouver la force d'affronter de terribles réalités. En grandissant, Jérémy réalisera qu'il est le seul capable d'impulser un sens à sa vie. Il quitte le monde de l'enfance pour devenir quelqu'un de bien malgré toute la mésestime qu'il a de lui. Ce héros, en demi-teinte, permet de s'identifier à un adolescent banal mais néanmoins épatant. Il n'a pas de supers-pouvoirs, il n'est pas destiné à réussir une quête pourtant on sait qu'il va devenir un homme bien et épanoui comme son père. Le personnage du père m'a noué la gorge. Il représente tant de dignité et de force qu'il est impossible de ne pas batailler avec lui. J'ai vraiment apprécié les liens parfois silencieux qui unissent cette famille. Contre vents et marées, chacun reste digne et droit tout en épaulant les autres membres du clan. Les personnages secondaires sont aussi très aboutis comme Mme Branchu que je me représente très bien grâce à des descriptions qui touchent. Les dialogues sont subtils. L'écriture est fine et délicate. Les métaphores sont inventives. Un rythme est installé grâce à de belles phrases suggestives qui nous permettent de suivre la maturation de Jérémy. Des jeux de mots, des clins d’œil ingénieux jalonnent ce beau roman (le thème du noyer particulièrement). Ce livre est à insérer dans toutes les PAL (piles à lire) des jeunes. L'adolescence est au coeur de l'histoire. Toutes les embûches de ce territoire inconnu sont abordées : le manque d'estime de soi, les difficultés de communication, la délicate filiation, les cours, les aléas de la vie amoureuse et des premières fois. Dès 14 ans.

dimanche 22 septembre 2013

La petite capuche rouge – O.Charpentier – 128 p. - Gallimard jeunesse – 2008 – 7.10 €


En un mot comme en cent : Méthilde est une peste ! Cette héroïne est un cauchemar. Elle est égoïste et égocentrique. Elle est arrogante, un peu perfide, très vaniteuse. En classe, elle fait sa pimbêche et même sa crâneuse. Cette jeune fille est un repoussoir émotionnel. Elle est la bête noire des autres filles. Malgré sa jolie frimousse et ses bons résultats scolaires, elle est isolée car elle est incapable d’établir des relations saines avec les autres jeunes gens de sa classe. Ses rêves sont des cauchemars qui tournent autour d’interrogations surprises sur l’amour. Sans avoir étudié Freud sur les bancs de la faculté (quoique si en y réfléchissant bien !), on se doute que si Méthilde n’arrive pas lier de liens amicaux, c’est qu’elle-même ne reçoit pas d’amour. Le mimétisme émotionnel est nécessaire pour pouvoir créer des relations amoureuses et amicales sincères. Méthilde est consciente de dysfonctionner mais elle se réfugie à l’ombre de ses tocs pour calmer ses angoisses et sa solitude. Après une nuit peuplée de diplômes d’évaluation sur l’amour, Méthilde est d’humeur ombrageuse. Enfermée dans la salle de bains, aucun de ses vêtements ne lui plaît ! Après plusieurs essayages, elle essaie le dernier pull de la pile. Tout de suite, elle sait que ce pull convient à son humeur et à son teint. Tissé de cachemire, ce pull rouge à capuche semble s’enrouler autour d’elle comme s’il avait toujours attendu ce jour pour s’unir à Méthilde. Quelques heures plus tard, Méthilde est ravie car elle vient d’apprendre qu’un week-end de révision de mathématiques l’attend. Une évaluation très importante est annoncée par l’enseignante pour le lundi suivant. Méthilde ne cache pas sa joie et devant la mine consternée de ses camarades de classe, elle jubile. A cet instant, elle donne un coup de pied dans la chaise de sa voisine pour rappeler à celle-ci qu’elle doit se pousser quand la Sérénissime passe. A ce moment précis Méthilde reçoit une décharge électrique tout le long de l’échine. Elle est stupéfaite car le courant semble provenir de son pull. Après un haussement d’épaules désinvolte, elle rejoint le couloir où deux de ses camarades râlent devant les difficultés du prochain devoir de math. Sans réfléchir, Méthilde propose de réviser avec elles afin de les aider. La douce chaleur de son pull irradie le long de ses bras pour la réconforter. Sarah et Léopoldine sont étonnées de la proposition de Méthilde. Cet élan ne lui ressemble pas. De son côté Méthilde ne comprend pas pourquoi elle a proposé son aide. Elle sait alors que cette journée n’est pas ordinaire. Effectivement Méthilde va vivre une drôle de journée et une drôle de nuit. Elle va découvrir que l’amour et l’amitié ne sont pas des sentiments vains. Elle va s’apercevoir que l’on peut avoir confiance dans les autres et en soi. L’empathie et la solidarité sont des armes solides derrière lesquelles il est bon parfois de se protéger. Méthilde est une peste qui va expérimenter des émotions intenses mais authentiques. Elle va devoir lâcher prise pour cerner et comprendre le beau et ténébreux Djibril. Le personnage est détestable et adorable à la fois. Cette belle réécriture du petit Chaperon rouge est un délice ! Beaucoup de mystère restent sans réponse et c’est très bien comme ça. Chaque lecteur comblera les lacunes selon sa sensibilité, une sorte de réécriture intime ! Ce roman de pérégrination psychologique, de lente maturation est une belle réussite. Dès 11 ans.