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dimanche 4 septembre 2016

Des héros inoubliables ...


Yasuke – F.Marais – 32 p. - Les Fourmis Rouges – 2016 – 16,50 €

Au XVIeme siècle, au pied du Kilimandjaro, un jeune garçon découvre qu'il n'est qu'un esclave marqué au fer rouge comme les animaux du troupeau dont il a la charge. Comme eux, il n'a pas de nom et comme eux, il vit loin du village. Malgré ce qu'on veut lui faire croire, il sait qu'il n'est pas une bête de somme … Un soir, il prend son arc, quitte l'ombre rassurante de la montagne et marche jusqu'au bout du monde. C'est en parcourant les mers et en traversant les océans, que ce garçon devenu homme va trouver une terre, un nom et une place parmi ceux qui vont devenir les siens ! Yasuké est un album à l'univers graphique étonnant. Le contraste des couleurs, la narration visuelle et l'efficacité du trait donne à voir mais aussi à comprendre au-delà des images. Tiré d'une histoire vraie, cette odyssée singulière ne laissera pas les jeunes lecteurs indifférents !
s 4 ans







Arbos anima – K.Hashimoto – 196 p. - Glénat – 2016 – 6,90 €

Au XIXème siècle, Noah est un chasseur de plantes renommé. Il parcourt le monde à la recherche de végétaux rares et d'essences disparues. Botaniste collecteur de la maison Diva, il a le pouvoir de communiquer avec les plantes et de connaître leurs passés en « lisant » leurs racines. Ce don rare et précieux va lui être indispensable pour mener à bien sa nouvelle mission, récolter un lys « extraordinaire » et unique au monde ...Arbos anima est un manga très réussi. La finesse des illustrations et les péripéties « végétales » créent un univers original et offrent au lecteur une balade littéraire dépaysante !
Dès 8 ans





lundi 20 janvier 2014

Le secret de Kashimo – A. de Lestrade/N.Duffaut – 42 p. - Milan Jeunesse – 2009 – 12.35 €

 
Au Japon, à une époque ancienne, Kashimo vient de prendre son père d’une maladie incurable. Il est maintenant l’homme de la famille, c’est à donc à lui de porter le manteau de paille pour travailler dans les rizières. Son rêve de devenir samouraï s’évanouit. Malgré la fatigue de ses heures passées courbé dans les champs, Kashimo s’entraîne en secret aux arts martiaux. Soirée après soirée, il combat, il lutte contre des ennemis imaginaires. Un soir, sous les cerisiers en fleurs, Kashimo fait la connaissance de Kama, la fille du seigneur Saburo. Rencontre après rencontre, les jeunes gens s’apprivoisent. Kashimo avoue à Kama son désir de devenir samouraï. Kama, quant à elle, dévoile son secret, elle souhaite devenir geïsha. Fils de paysan et fille de Seigneur, leurs destins sont scellés, ils doivent suivre ce que leurs parents ont décidé pour eux. Une amitié profonde et sincère se tisse entre eux. Malheureusement, un soir, Kama ne vient pas à leur rendez-vous quotidien. Où est-elle partie ? Est-elle en danger ? Les illustrations soignées offrent un voyage magnifique au pays du Soleil levant. Parfois pleine page, parfois disséminées, elles sont très suggestives. Kashimo et Kama sont des personnages traités à égalité. Garçon ou fille, seigneur ou paysan, devenir un adulte en dehors des projections de ses parents demande du courage et de la persévérance. Cet album permet de s’intéresser à la culture japonaise. Les enfants seront intéressés par les traditions vestimentaires, les codes du bushido, les strictes conditions de réussite de la cérémonie du thé … Dès 6 ans en lecture accompagnée !

samedi 28 septembre 2013

Hôïchi : la légende des samouraïs disparus – H.Funaki/Y.Saitô – 40 p. - Nobi-Nobi – 2012 – 15 €

 
Je suis les éditions Nobi-Nobi depuis leur création il y a quelques mois. Je trouve courageux de lancer une maison d’édition en cette période de questionnement et de doute sur l’économie du livre. La ligne éditoriale est la liaison entre la littérature jeunesse et le Japon. Certains albums sont des créations dont le thème est le Japon, d’autres collections sont ciblées sur les contes et les légendes traditionnels japonais comme la collection Soleil Flottant. Hôïchi et la légende des samouraïs disparus est une adaptation d’une histoire de fantômes qui se transmettait à l’oral. Inspiré de la version écrite de Lafcadio Hearn (Lian Hearn) au début du XXème siècle, cet album retrace l’histoire d’une vieille légende et d’une terrible tragédie. Il y a plus de sept siècles, deux grandes familles japonaises, les Genji et les Heike, ont combattu durant des années jusqu’à la bataille de Dan-no-ura durant laquelle tous les Heike furent tués. Depuis cette bataille, les plages sont hantées par les fantômes des combattants Heike. Afin de calmer le désir de vengeance des Onibi (démons), le temple Amidaji et un cimetière ont été bâtis près des plages. Quelques siècles plus tard, un jeune aveugle, Hôïchi a trouvé refuge au sein du temple Amidaji. Ce jeune homme est un prodige du chant et du biwa, instrument traditionnel japonais. A cette époque médiévale, les chanteurs sont plutôt des conteurs qui relatent de village en village les
grandes épopées de l’Histoire. Hôïchi développe tout son talent dans son chant consacré aux conflits des Genji et des Heike et particulièrement à la légendaire bataille de Dan-no-ura. Lors d’une soirée particulièrement chaude, Hôïchi se détend en jouant du biwa sur la terrasse du temple. Soudain, le jeune aveugle entend des pas lourds et inconnus approcher. Il discerne le cliquetis d’une armure. Il reconnaît une voix de meneur d’hommes. Hôïchi comprend qu’il est en présence d’un samouraï. Impressionné, il n’ose pas protester lorsque le guerrier le somme de le suivre afin de chanter devant un seigneur de passage très puissant. Ce Seigneur souhaite entendre Hôïchi chanter le chaos de la bataille de Dan-no-ura et le désespoir du clan Heike. Soir, après soir, en secret, Hôïchi est obligé de chanter sans relâche devant ce Seigneur et sa Cour. Heureusement le jeune garçon n’est pas seul et bientôt son vieil ami le prêtre du temple comprendra que Hôïchi est envoûté et qu’il est en danger …Cet album propose un conte intense et troublant. Le récit est mené avec talent et le suspens est construit habilement. Lors de la première lecture de ce livre, je me suis rendu compte que j’étais en apnée depuis quelques pages lorsque je l’ai refermé. Les illustrations sont saisissantes. Grand format, elles permettent aux lecteurs de découvrir de nombreux détails et particulièrement la finesse des armures des samouraïs. Les jeux de luminosité et de plans sont très réussis. J’ai eu un coup de cœur pour l’illustration du jeune Hôïchi, le corps couvert de sutra, le visage tourné vers le lecteur. Je n’ai pas souhaité le lire à MoyenMoyen, 6 ans car le récit est un brin effrayant ! Pas besoin de vous dire que MoyenGrand, 10 ans et GrandGrand, 11 ans ont adoré cet album ! Dès 8 ans pour les enfants qui aiment les frissons !
Si vous vous intéressez à cette maison d’édition, le site : ici
Emission Il y a un éléphant dans le jardin, Aligre Fm : interview d’Alain Dufour, éditeur, par Véronique Soulé : ici

Interview d’Alain Dufour et Olivier Pacciani, éditeurs, par Fred Ricou des Histoires sans fin :