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mercredi 2 juillet 2014

Le conte du prince en deux ou l’histoire d’une mémorable fessée/On voit tes fesses/La science du caca

Aujourd’hui, je proclame le jour des fesses ! J’avais déjà entamé un prélude avec l’étonnant album d’Erlend Loe Du lait de fesses. Je continue sur ma lancée avec tout d’abord des fesses bafouées, des fesses traumatisées, des fesses qui se rebellent et des fesses qui font ce qu'elles ont à faire  …


Le conte du prince en deux ou l’histoire d’une mémorable fessée – O.Douzou/F.Bertrand - 56 p. - Le Rouergue – 2014 – 16 €

Aux abords d’une école, un sondage est effectué afin se savoir ce que les parents pensent de la fessée. Une maman, particulièrement engagée contre cette pratique qu’elle juge archaïque, explique qu’il faut favoriser le dialogue et la communication avec son enfant. Pendant tout l’interview, son fils lui tient sagement la main. Mais le temps passe et le petit s’impatiente ! Il interpelle sans cesse sa mère pour lui rappeler que c’est l’heure d’entrer en classe. Heureusement, la sonnerie libère le jeune garçon qui peut rejoindre ses camarades et participer au débat sur la fessée qui a lieu en classe suite au sondage réalisé devant le portail. Les avis des enfants défilent jusqu’à ce que le retardataire propose de raconter une histoire vraie … Il était une fois, un royaume paisible où il était interdit de frapper un enfant. Malheureusement, un jour, le roi, excédé, administre une telle fessée à son fils Charles Edouard, que le prince se trouve coupé en deux. Une demi-tête, un demi-tronc, un bras et une jambe chacun, les deux moitiés vont vivre des enfances séparées afin de cacher aux yeux de tous l’abomination commise par le roi. Seulement, un jour, l’un des demi-prince s’enfuit du donjon dans lequel il est retenu prisonnier afin que le roi, son père et bourreau, soit discrédité … Dans la classe, le jeune conteur est un peu chahuté par ses camarades qui se demandent si cette histoire est possible ! Cet album qui propose deux récits enchâssés est étonnant. On reconnaît le style d’Olivier Douzou même s’il n’est pas l’illustrateur de cet ouvrage. Le parti pris graphique est audacieux et demande aux jeunes lecteurs une vraie lecture de l’image. Le conte qui est au coeur de l’histoire et au centre du livre propose une première chute savoureuse suivie par celle du récit cadre qui prend alors tout son sens … Après la lecture de cet album, on n’en sait pas beaucoup plus sur la fessée mais en tout cas, nous avons bien ri et ça, on ne l’aura pas volé ! Dès 8 ans.







Après avoir été tant maltraitées, je vous propose un album qui fait un éloge des fesses ! Qu’elles soient poilues, dodues, bronzées, lunaires ou revendicatrices, toutes les fesses sont dans cet album grand format !



On voit tes fesses – V.Malone/V.Boudgourd – 40 p. - Seuil jeunesse – 2014 – 16 €


On voit tes fesses est un album qui propose un tour du monde de la «lune ». Chaque page ou double page présente un instant de la vie quotidienne qui dérape et pendant lequel un héros méconnu à l’honneur de montrer son fessier qu’il l’est voulu ou non. Les scénettes sont toujours l’occasion pour un des protagonistes de dire haut et fort « On voit tes fesses ! ». Les illustrations sont savoureuses et pleines de détails croustillants. Les textes, accompagnant chaque illustration, ressemblent à des annonces de faits divers ou à des brèves de rubriques régionales qui regorgent de jeux de mots. Les lectures croisées des images et des textes sont à hurler de rire. Le ton décalé mais aussi caustique, le second degré, le burlesque et même parfois le graveleux sont parfaitement ajustés aux situations croquées avec malice. J’ai adoré cet ouvrage, qui je pense, est à réserver à de grands enfants ou à des adultes qui ne se prennent pas trop au sérieux ! Dès 10 ans.







La science du caca – F.Marais – 40 p. - Gulf Stream – 2014 – 16 €


Maintenant que nous avons fait le tour des fesses, nous pouvons maintenant nous interroger sur leur utilité ! La science du caca est un documentaire qui permet de découvrir les différentes utilisations des excréments d'animaux à travers le monde et tout au long de l'histoire. Saviez-vous que les fientes d'oiseaux étaient utilisées par les hommes préhistoriques pour colorer leurs peintures rupestres alors que les grecs de l'Antiquité s'en servaient pour lutter contre la calvitie. En Chine, le guano des chauve-souris étaient employées par les dentistes pour combler les dents cariées … Si ces utilisations nous semblent d'un autre temps, sachez qu'aujourd'hui, les initiatives ne manquent pas pour recycler les crottes, les bouses, les déjections et autres urines comme au zoo de Denver, aux Etats-Unis, où les excréments des animaux sont transformés en biocarburant pour un véhicule circulant dans les allées du parc animalier ! PetitPetit et MoyenMoyen rient beaucoup à la lecture de ce documentaire. Les illustrations jouent avec le second degré et évitent avec talent le scatologique, le facile et le pipi/caca/prout ! Un album original pour apprendre en rigolant ! Dès 5 ans.

La critique de Marine Landrot, Télérama, ici ! Et celle de Gabriel Lucas, la Mare aux mots : là !

dimanche 9 mars 2014

Le 1er c’est canard – O.Douzou – 30 p. - Le Rouergue – 2014 – 13.40 €


C’est la grande journée sportive chez les animaux ! Ils ont enfilé leurs baskets, revêtus leurs dossards et les voilà en compétition pour gagner la course à pied. Mais est-ce vraiment Canard qui est le premier ? Non, c’est Oie qui est la première … A moins que ce ne soit Lapin ou Renard ou Pingouin. Ah non, le Pingouin s’est trompé de chemin alors c’est peut-être Cheval ? Comme le veut la tradition « Douzou », cet album commence dès la couverture et ne se termine jamais car cet album est construit comme une piste de course circulaire sur laquelle il est impossible de savoir qui est le premier … et effectivement est-ce bien le plus important ! Le jeune lecteur est captivé par la succession des animaux à la tourne de page. Le suspens est bien mené. Les jeux de mots et les clins d’œil à la culture enfantine sont savoureux. Un album dont on ne fait jamais le tour pour notre plus grand plaisir ! Dès 2 ans.

Une critique détaillée et approfondie, Sophie Van der Linden, spécialiste de l’album : ici !









lundi 16 décembre 2013

Forêt wood – O.Douzou/J.Parrondo – 128 p. - Le Rouergue – 2013 – 17 €


Si vous pensez qu'il suffit de planter une graine pour voir un arbre pousser, passez votre chemin mais si vous pensez que les arbres ont une vie propre et une sagesse dont on peut s'inspirer alors n'hésitez pas à partager ce magnifique ouvrage avec vos PetitsProches ! Cet "imagarbre" ou "magicarbre" propose plus d'une centaine d'arbres créés par des illustrateurs qui ne manquent pas d'imagination Olivier Douzou et José Parrondo. Chaque page présente un arbre illustré avec ferveur et fantaisie. Comme tous les herbiers, l'arbre est nommé par son nom latin puis par son nom vernaculaire. Cette collection originale propose alors de voir et de découvrir les arbres les plus fous comme le dyslexicus severus arbre qui perd ses gouttes quand il tombe des feuilles ou le vivaldus l'arbre des 4 saisons. Cette taxinomie arboricole est complètement folle mais procure un plaisir incroyable. Effectivement à chaque tourne de page, les neurones s'affolent et cherchent le raisonnement approprié : logique, analogique, inférent ou … magique ! La lecture peut aussi porter à la déduction, au rêve et la malice. Parfois l'illustration et les deux noms se complètent parfois ils se contredisent ...Inventif, subtil et drôle, un ouvrage à ne pas manquer ! Dès 6 ans.





mardi 30 juillet 2013

Boucle d’or et les trois ours – O.Douzou – 40 p. - Le Rouergue – 2011 - 15.30 €

Vous avez déjà certainement rencontré des tonnes de Boucle d’or. Vous connaissez les trois Ours comme vos frères ! Mes enfants et moi aussi ! Lorsque j’ai proposé à Moyen-Petit de lire cette version de Boucle d’Or, il a essayé de fuir au fond du couloir. J’ai donc décidé de le lire seule car je fais confiance à Olivier Douzou et à sa maison d’édition pour dépoussiérer cette vieille histoire. Emmitouflée sous ma couette (en plein mois de juillet), j’ai adoré cet album. Ce livre est un vrai plaisir visuel : les illustrations sont innovantes. La typographie est utilisée comme procédé plastique, les chiffres, les lettres … Quatre couleurs noir, blanc, orange, rouge rythment l’errance de Boucle d’or qui est d’ailleurs représentée par un cercle orange ou un zéro doré comme vous voulez. Petite anecdote : j’ai mis quelques minutes secondes à reconnaître la petite fille alors que mon fils qui m’a rejoint entre temps l’a reconnue tout de suite. J’ai beaucoup aimé le mélange du récit et des images. Le récit icono-textuel est donc riche et permet une grande liberté de lecture et d’interprétation. Un peu comme dans l’Ecume des jours, les objets et le décor se métamorphosent en suivant les émotions des protagonistes. Adultes sensibles au goût classique s’abstenir car cette Boucle d’or est vraiment « extra »ordinaire.