En ce jour de rentrée en CE2, Michel est triste car son meilleur ami Malik n’est pas là. Son père est parti pour son travail en Espagne en emmenant sa famille avec lui. De plus, il récolte l’horrible corvée d’être référent de la nouvelle élève de l’école, Carmen. Elle semble complètement muette et un peu bêbête. En la raccompagnant chez elle, Michel comprend que Carmen vit dans l’appartement de son meilleur ami. Les deux pères ont échangé leurs postes et leurs logements pour quelques semaines. Cet échange rassure Michel et l’engage à être plus sympathique avec Carmen. Il décide alors de porter son cartable. A partir de ce jour, Carmen et Nicolas vont vivre ensemble les mercredis ensoleillés, les devoirs de classe et une belle première histoire d’amour. Mais les semaines passent et bientôt Carmen va devoir retourner en Espagne … Cet album raconte remarquablement bien les premiers émois amoureux. Il est parfois difficile de supporter les moqueries des camarades, de déjouer les questions trop précises des parents, d’assumer un si grand bouleversement dans un cœur encore si petit ! Le récit est savoureux. Le vocabulaire correspond bien au langage des enfants. Les métaphores utilisées par Michel sont pertinentes et donnent de l’intensité au récit. MoyenGrand était un peu gêné de le lire avec moi car le baiser sur la bouche échangé entre Michel et Carmen lui rappelait peut-être quelque chose … Dès 6 ans.
Des coups de cœur en littérature jeunesse dès la naissance et même avant ... Des albums, des romans, des livres extraordinaires pour les petits et les grands ! Vous pouvez aussi retrouver mes présentations sur le site de Caroline Desages, journaliste, penseesbycaro, les chroniques de Marje, sur le site Daddy Coool, rubrique lecture et sur le blog haricotmagique, le premier mercredi de chaque mois !
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jeudi 16 janvier 2014
lundi 16 septembre 2013
La Croûte – C.Moundlic/O.Tallec – 30 p. - Flammarion – 2009 – 10.50 €
Depuis quelques mois, je croise cet album dans les bacs des différentes bibliothèques que je fréquente. Je connais le sujet de ce livre et cela m’effraie, je n’ai pas envie de le lire. Je sais que cet album raconte la vie d’un enfant confronté à la mort de sa mère. Lors de mon dernier passage, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai commencé la lecture assise sur le rebord du bac à albums. Je voulais savoir si j’étais capable de dépasser mes craintes. La première phrase a failli être fatale « Maman est morte ce matin ». On rentre dans le vif du sujet tout de suite, sans tabous et sans atermoiements. A l’annonce de la mort de sa mère malade, notre jeune héros s’énerve, se débat avec le trop plein de tristesse. Il est en colère. Il n’admet pas que sa mère le laisse tout seul. Il trouve son père incompétent car son Papa ne sait pas faire des tartines coupées en deux avec le miel étalé en zigzag. Au bout de quelques jours, ce petit garçon est bien fatigué de devoir s’occuper d’un Papa abandonné comme ça, il trouve que son Papa n’est pas facile comme adulte. Lui au contraire s’occupe en défiant les lois de l’oubli. Il ferme toutes les fenêtres pour empêcher l’odeur de sa maman de partir. Il se bouche les oreilles et ferme la bouche pour conserver la voix de sa mère. Empêtrés dans leurs peines, perdus, désespérés, ce père et ce fils se reconstruisent une vie à deux avec de nouveaux rituels à inventer. Heureusement la visite de sa grand-Mère maternelle va rassurer notre jeune héros et lui rappeler qu’il n’oubliera jamais sa mère. Sans mièvrerie et avec poésie Charlotte Moundlic construit son récit avec un jeune personnage très attachant. Ce jeune héros ne manque pas de caractère. Son expérience du deuil est un beau témoignage de résilience. Ses réflexions, parfois drôles, allègent cette histoire au thème difficile. Les relations père-fils sont touchantes et je ne vous cacherai pas que j’avais les larmes aux yeux en refermant ce livre. Les illustrations sont séduisantes et l’omniprésence de la couleur rouge souligne la colère, le désespoir et l’instinct de survie du héros. Cet ouvrage est un très bel album sur le deuil et sur le lent processus de reconstruction nécessaire lorsque l’on perd un être cher.
La critique de Télérama : zou ! La critique des Libraires sorcières : rezou ! La soupe de l’espace : là.
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