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mercredi 20 juillet 2016

Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte – A.Huizing – 183 p. - Syros – 2016 – 14,95 €



Quelque part dans les faubourgs d’Hilversum, Katinka, 13 ans, décide de tordre le coup à sa timidité en demandant à sa voisine, Lidwine, auteur célèbre, de lui donner des cours « d’écriture ». Trop jeune pour assister aux cours collectifs du mardi, Lidwine lui propose des séances individualisées en échange de travaux de jardinage. Entre liens d’amitié et lianes grimpantes qui se nouent autour d’une tasse de thé, entre petits mots et graines de plante qu’on sème dans la confidence, entre souvenirs douloureux et racines encombrantes qu’on arrache rageusement, c’est plus qu’une formation littéraire qui se construit au fil des pages, c’est une amitié qui naît entre ces deux femmes de lettres qui vont au fil des mots et des mois s’ouvrir aux autres et à la vie … Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte est un livre singulier qui montre comme l’écriture peut être salvatrice parfois. La mise en abîme du roman dans un roman permet de découvrir et de comprendre les techniques littéraires, les figures de style et les procédés narratifs de la littérature. 183 pages qui passent en un instant !

Dès 11 ans





mardi 13 janvier 2015

La Tête ailleurs – M.Dorléans – 40 p. - Le Baron Perché – 2012 – 15.90 €/On dirait que … - M.Dorléans – 36 p.- Le Baron Perché – 2013 – 15 €


A l’école, un enfant regarde par la fenêtre. Il ressent un appel irrésistible qu’il ne peut réprimer : une envie d’être ailleurs. En un instant, il s’envole par la fenêtre ouverte et deviens un magnifique oiseau doré. Malheureusement la maîtresse a remarqué l’absence de l’enfant et convoque les parents qui semblent désemparés. Ils ne comprennent pas le comportement rêveur de leur fils qui profite de la moindre occasion pour s’échapper dans des songes colorés et merveilleux. Ni les leçons de piano, ni les spécialistes ne parviennent à brider l’imagination du petit garçon qui devient un homme tout aussi lunaire, fantaisiste et peut-être poète … La tête ailleurs est un album au récit graphique époustouflant. Le rapport texte/image est pertinent et offre au jeune lecteur toutes les interprétations possibles. Rêve ou réalité, le jeune héros vit des aventures que nous aimerions tous partager. Le jeu des couleurs et des crayonnés est subtil et rappelle que l’imaginaire est un pouvoir qu’il ne faut pas oublier de mettre en œuvre dès que l’on peut … Dès 6 ans.










On dirait que … - M.Dorléans – 36 p.- Le Baron Perché – 2013 – 15 €


Dans le même esprit, nous avons aussi beaucoup aimé On dirait que. Cet album propose une succession de jeu sur les mots et les images. Chaque double page offre une illustration onirique, extraordinaire ou farfelue. Un commentaire sous forme de légende qui commence par « on dirait que … » aide le lecteur à décaler son regard et à appréhender les objets du quotidien comme autant d’appel au rêve et à l’imagination. Marie Dorléans nous invite donc à un exercice d’énumération graphique tout à fait savoureux, une fenêtre devient un tableau, un bouquet de fleurs devient un feu d’artifice et la mer devient un tapis pour cacher les poussières ! Le lecteur peut aussi s’amuser à deviner les liens entre les pages, thème, couleur, forme ou clin d’œil de l’auteur. Un drôle de livre qui engage le lecteur à tester le « On dirait que  … » avec tout ce qu’il croise ! Dès 7 ans.

Une interview de Marie Dorléans : ici !





jeudi 19 décembre 2013

La fille qui n'aimait pas les fins – Y.Hassan – 213 p. - Syros – 2013 – 7 €


Maya est une jeune collégienne surprenante. Elle aime lire mais ne supporte pas de finir les romans qu'elle commence. Elle voudrait connaître tous les ouvrages de la Terre mais n'envisage pas d'emprunter des livres en bibliothèque. De plus elle est signopaginophile … Elle collectionne les marque-pages ! Que de contradiction autour de cette jeune fille de 12 ans au caractère bien trempé. Le budget familial ne peut plus supporter les achats de livres pour la jeune fille Malgré ses refus répétitifs, sa mère l'inscrit « de force « à la médiathèque de la ville.. Maya traîne la jambe et affiche sa mine boudeuse dans les rayonnages. Heureusement que le hasard fait parfois bien les choses et croise les destins qui en ont besoin. Maya va non seulement venir chaque jour à la bibliothèque mais elle va faire la connaissance d'un homme qu'elle a attendu toute sa vie ! Ce roman au style fluide alterne les points de vue de Maya et du vieil homme de la bibliothèque. Leurs échanges de mails et leurs discussions entraînent le lecteur à faire des hypothèses savoureuses qui justifient de ne fermer ce livre qu'à la dernière page. A l'inverse de la jeune héroïne, le lecteur n'utilise pas de marque-pages car il se lit d'une traite.
Sans mièvrerie mais avec douceur et délicatesse, ce récit à quatre mains nous offre une lecture chaleureuse et optimiste. Dès 10 ans.

mardi 8 octobre 2013

Si tu savais – B.Broyart – 64 p. - Oskar – 2012 – 5 €


Un jeune homme un peu perdu dans la vie mais éperdument amoureux de la belle Anaïs, nouvelle élève de sa classe, décide de lui avouer son amour. Il sait que les déclarations d’amour sont un exercice difficile qui demande du talent et de l’originalité. Il décide de lui écrire un poème pour lui déclarer sa flamme. Après avoir entendu l’extrait A la Faveur de la nuit de Robert Desnos lors d’un cours de français, il sait qu’il a trouvé son maître, son guide, le poète qui lui ouvrira la voix de l’amour ! Avec son exemplaire volé de Corps et Biens, il s’enferme des heures dans sa chambre pour lire et pour écrire ses premiers vers. Il comprend qu’il doit non seulement puiser des émotions dans son amour pour Anaïs mais aussi dans la douleur qu’il ressentirait s’il était éconduit. En s’inspirant de l’écriture automatique tout en saisissant l’émotion juste, il écrit le vers libérateur : « Aucun mot pour traduire le mouvement de ton corps dans la marche ». Comme le dit le jeune héros, l’écriture est un exercice d’équilibre, il faut capturer le moment juste avant la chute … Incapable d’affronter la proximité d’Anaïs, il décide de glisser son poème dans la trousse de la jeune fille pendant l’intercours de math. Son amour, sa ténacité et son talent suffiront-ils à la convaincre de ses sentiments sincères ? Son amour sera-t-il compris et partagé ? Ce roman très court offre un style ciselé. Certaines phrases m’ont particulièrement émue comme celle-ci qui explique le processus difficile et douloureux de l’écriture poétique: «Il fallait ouvrir les vannes avec la prise branchée dans le cœur ». Les contrastes entre le langage familier du jeune homme et les extraits poétiques sont percutants. Le travail de mise en abyme est intéressant et l’ardeur du héros amoureux est vécue intensément. La poésie est présentée comme un outil, une arme, un vecteur attrayant et innovant. On est loin de la poésie ringarde et complètement obscure. La lecture de ce roman donne vraiment envie de se « re »plonger dans la poésie de Robert Desnos. Un roman coup de poing et cœurs liés à lire intensément. Dès 13 ans.