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mercredi 23 octobre 2013

A comme Aujourd’hui – D.Levithan – 369 p. - Les Grandes Personnes – 2013 – 17 €


A est un jeune homme ou une jeune femme. Il ou elle est différent chaque jour depuis sa naissance. Il est parfois ici parfois ailleurs. A n’est pas comme vous et moi. A n’a pas de corps. Chaque matin, il se réveille dans le corps d’un adolescent différent. Il ne choisit pas ses hôtes. Il les quitte à minuit pendant leur sommeil. Les hôtes ne se souviennent pas de cette intrusion dans leurs corps. A, lui, ne s’attache pas, ne crée pas de liens. Il ne fait que passer en essayant d’être le plus discret possible. Il ne sait pas comment fonctionne son don. Il se croit unique et ses plus lointains souvenirs sont des souvenirs de corps qui se succèdent sans ordre, ni liens logiques. Au 5994ème jour, A se réveille dans la peau de Justin, jeune homme de 16 ans qui doit se rendre au lycée. A est habitué à interroger la mémoire de ses hôtes afin de mener une journée sans heurts. En quelques secondes, A extrait les informations nécessaires pour emprunter le corps de Justin, contexte familial, évolution scolaire, groupe d’amis, activités extra scolaires … Il comprend alors que Justin est un jeune américain classique sans troubles ou secrets particuliers. Alors qu’il prépare son sac accoudé à son casier, il devine une présence et un regard insistants dans son dos. En se retournant, il découvre une jeune fille qui lui sourit et qui semble attendre un bonjour un peu plus intime qu’une poignée de mains ! Rhiannon est la petite amie de Justin et A va devoir jouer le jeu. Il n’aura pas besoin de se forcer car en quelques heures il va éperdument tomber amoureux de cette jeune fille timide. Après une escapade au bord de l’océan, Rhiannon semble trouver Justin particulièrement attentif et réceptif à ses attentes ce qui n’est pas dans ses habitudes. A éprouve alors des émotions jamais ressenties. Il veut rester près de Rhiannon. Il a envie d’une histoire au long cours et d’une vie « normale » à ses côtés mais minuit sonne bientôt et A se réveille quelques heures plus tard dans le corps d’une jeune fille à des heures de route de Rhiannon. Il sait qu’il doit faire comme d’habitude et oublier, passer une journée et oublier de nouveau … Mais A n’oublie pas un seul instant passé au côté de Rhiannon et il sait maintenant qu’il a un but dans la vie, la retrouver ! Ce roman est complètement dépaysant. Chaque chapitre est une journée de A dans un corps différent. Toujours adolescent, il est parfois homme parfois femme. Il peut être un jumeau et le lendemain l’autre sans que personne ne s’en aperçoive. Il est le roi de l’esquive et de l’adaptation. A est un héros attachant dont on n’envie pourtant pas la situation. Il est droit, intègre et a créé sa propre déontologie afin de protéger ses hôtes. Il a beau avoir vécu des milliers de vie et goûté à bien des plaisirs, il est seul au monde. J’ai apprécié le travail de l’auteur autour du thème de l’amour, de ses versions et des couples très différents qui sont présentés. J’ai souri devant les minuits qui se succèdent sans trouver une bonne fée pour l’aider. A moins que le Révérend Poole, homme sombre et inquiétant rencontré par l’intermédiaire d’un hôte, ne soit lui aussi un Emprunteur mais je pense qu’il n’a pas les mêmes scrupules que notre héros A dont l’initiale laisse penser qu’il n’est que le premier d’une longue liste… Peut-être que le tome 2 nous révélera l’avenir de A ? A comme Amour, A comme Abandon, A comme Aventurier, A comme Amnésie ? Pour les lecteurs qui apprécient les romans originaux et introspectifs ! Dès 14 ans.

mardi 22 octobre 2013

Les Sentinelles du futur – C.Rozenfeld – 297 p. - Syros – 2013 – 16.50 €


En 2359, la Terre est ravagée. Les Hommes survivent sous un ciel de plomb. Ils ne connaissent ni le soleil, ni le vent. Ils ne se souviennent plus du cycle des saisons. La pollution a complètement déboussolée la planète et l’avenir s’annonce de plus en plus sombre. Heureusement, les terriens de cette époque ont la foi. Ils croient en l’Espoir. Grâce à des voyages temporels réguliers menés par les sentinelles du futur, ils savent qu’en 2659, la nature a repris ses droits et que les hommes vivent enfin au grand air et en harmonie. Malheureusement les Sentinelles ont beau chercher des informations sur le passé pour comprendre comment aider leurs concitoyens, ils n’arrivent pas à accéder aux données du passé. Ces spécialistes des voyages dans le temps sont formés à l’Académie, école new-yorkaise qui résiste aux guerres et aux pressions gouvernementales. Les élèves triés sur le volet deviennent chercheurs, botanistes, pilotes de vaisseaux spatiaux. Les meilleurs d’entre eux deviendront des sentinelles. Elon, jeune élève de troisième année est l’apprenti pilote le plus talentueux. Il est promis à un grand avenir au sein de l’Académie. Malgré ses origines modestes, il a été recruté car Elon a un don rare et précieux. Alors que depuis de nombreuses semaines, aucune sentinelle n’est revenue faire son rapport de la situation en 2659, l’inquiétude se propage dans l’Académie. Convoqués dans l’amphithéâtre, les élèves apprennent alors que la guerre ravage leur futur. En 2659, la Terre est attaquée sans relâche par des extraterrestres. Toutes les villes du monde sont détruites. La plupart de la population a succombé aux rayons brulants de vaisseaux invisibles. En quelques images de fin du monde transmises depuis 2659, Elon et ses amis comprennent l’ampleur de la catastrophe. Il est particulièrement frappé par la dernière photographie qui montre une jeune fille ensanglantée qui semble terrorisée par ce qu’elle voit devant elle. Elle semble être une des dernières survivantes au milieu d’un New-York dévasté. Elon ressent le besoin d’aider cette jeune fille. Il veut aider la population du futur. Il sait que son don est précieux et il espère être sélectionné pour faire partie des équipes de secours et traversé le fameux vortex… Ce roman est une belle histoire d’amour entre futur et passé. Il fait écho au Voyageur imprudent, à la Nuit des temps de Barjavel mais aussi à la Guerre des mondes d’H.G. Wells. Il aiguise les théories écologiques et environnementales. Les lecteurs trouveront matière à réflexion autour des notions de pardon et de résilience. L’écriture rythmée et fluide de Carina Rozenfeld est un plaisir à lire. Une fiction dystopique captivante dès 12 ans.
Le blog de Carina Rozenfeld : ici !

mardi 8 octobre 2013

la Charmeuse de bêtes : tome 1 : Le Livre des Tôda – N.Uehashi – 365 p. - Milan Jeunesse – 2009 – 10.50 €


Dans un autre monde qui ressemblerait à notre Japon médiéval, Erin, 10 ans, vit seule avec sa mère, Soyon, à l’écart des autres membres du village. Soyon n’est pas native du village. Elle est une descendante des Ahryo, un peuple mystérieux qui vit caché dans les montagnes. Par amour, elle a quitté sa tribu pour vivre avec le père d’Erin. Dans ce village de Tôdashu, Soyon est respectée car elle est la vétérinaire des grands dragons d’eau. Ces dragons sont des animaux dressés qui forment les bataillons de combat de l’Arhan, le Gouverneur-duc. Malgré son veuvage, Soyon est devenue experte dans les soins aux Tôdas les plus puissants, les Kiba. Malgré le respect qu’elle inspire, elle vit isolée avec sa fille car les habitants lui reprochent son origine étrangère et ses yeux verts si caractéristiques. Erin a hérité des yeux verts de sa mère et du don de prendre soin des animaux. Elles savent observer, mémoriser et comprendre le comportement des créatures les plus sauvages et les plus étranges comme les Tôda. Une nuit, des longues plaintes se font entendre à la ferme-caverne des dragons d’eau. Soyon se précipite mais il est trop tard et les dix kibas sont morts mystérieusement. Les habitants sont effrayés car la punition de l’Arhan sera terrible. Il est connu pour ses méthodes expéditives. Effectivement, toute la faute est jetée sur Soyon et celle-ci est exécutée après avoir été torturée. Erin assiste en cachette à la sentence de sa mère. Cette dernière est précipitée vivante dans un lac où des tôdas sauvages attendent leur proie. Erin nage vers sa mère qui émet alors un sifflement étrange afin de paralyser les dragons d’eau. Soyon hypnotise un tôda et oblige Erin à s’enfuir sur le dos de la plus grosse des créatures. Soyon se sacrifie pour accaparer l’attention des autres dragons. A son réveil, Erin ne se souvient plus de sa course sur sa monture légendaire mais un homme se penche sur elle et lui demande si elle se sent bien. Elle connaît pas cet homme corpulent, elle ne reconnaît pas la maison, ni le paysage qu’elle aperçoit de sa couchette. L’homme s’appelle Jôn. Il est apiculteur et vit isolé au pied des monts Afon-Noa. Erin et lui vont tout d’abord cohabiter puis partager une véritable passion pour les abeilles. Ils auront besoin de toute leur amitié et de tous les dons d’Erin pour réussir à dépasser les forces du destin … Ce roman m’a envoûtée. Je l’ai lu en une soirée car je voulais absolument suivre Erin dans ses aventures. Je voulais savoir quel était ce don si particulier. A partir de cette frêle jeune fille, c’est toute une civilisation qui nous est offerte. Les royaumes de Ryosa et de Yojé sont oniriques et extraordinaires. L’attachement d’Erin et Jôn est aussi très prenant et à la fin de ce volume, on espère que rien ne pourra les séparer. GrandGrand a aussi beaucoup aimé cette Charmeuse de bêtes et je ne peux que vous engager à lire le tome 2 : le Livre des Ôju. Dès 11 ans.


La Charmeuse de bêtes : tome 2 : le Livre des Ôju - N.Uehashi – 434 p.
Milan Jeunesse – 2009 – 10.50 €

lundi 7 octobre 2013

Ava préfère les fantômes (tome 1) – M.Bernard – 271 p. - Syros – 2012 – 16 €


Et les fantômes le lui rendent bien ! Ava a le don de voir les spectres depuis sa plus tendre enfance. Dès l’âge de trois ans, Ava a compris qu’elle ne devait pas essayer d’expliquer à ses parents ce qu’elle voyait. Punition après punition, la petite Ava s’est construit une personnalité banale : timide, sage et polie. Polie, très polie, tellement polie que les conversations s’envasent et permettent à Ava de s’effacer, de disparaître aux yeux de ses congénères. Si Ava est une jeune fille effacée, elle est en revanche d’une redoutable intelligence. Elle aspire à la tranquillité de sa pension du Sud de la France. Malheureusement, son pensionnat ferme pendant les congés scolaires. Ses parents en plein divorce ne souhaitent pas s’encombrer de leur fille qui les a toujours embarrassés par ailleurs. Envoyée chez son oncle, sur l’île de Jersey, elle sait qu’elle va être confrontée à des situations imprévisibles. Mais les événements vont dépasser ses pires craintes. Tout d’abord son oncle organise une grande exposition sur un trésor viking trouvé près du manoir. De nombreuses personnalités du monde culturel et archéologique vont aller et venir dans les longs couloirs de la demeure familiale. Ava devra donc être sociable, souriante et accueillante. Elle qui déteste les relations humaines chaleureuses et spontanées, elle va devoir se surpasser pour se faire oublier. A son arrivée Ava croise le chemin de Billie, une jeune fille charmante qui aurait pu devenir son amie. Malheureusement Ava n’a rencontré que le spectre de Billie car celle-ci vient d’être assassinée sur la plage. Billie attend beaucoup d’Ava qu’elle sait « extraordinaire ». Meurtre après meurtre, fantôme après fantôme, Ava est bousculée par les revenants et les vivants. Heureusement,  elle va aussi rencontrer une femme, une vraie, en chair et en os qui saura mettre des mots sur son don qui sonne comme une malédiction pour cette jeune fille sauvage. Ava est consolatrice. Elle a la capacité de libérer les revenants afin qu’ils quittent définitivement le monde des hommes. J’ai beaucoup aimé ce roman fermé aux petites heures du matin. Le mélange est parfait : une enquête policière bien menée, des événements surnaturels savamment dosés, une héroïne forte, adorable et détestable à la fois, une île mystérieuse, une trame historique cousue serré. Ava est déconcertante dans son analyse des relations humaines, particulièrement ses relations avec les adultes. Courageuse, intelligente, farouchement accrochée à sa liberté d’action et de pensée, Ava est une jeune fille que j’aimerais fréquenter ! J’ai retrouvé un peu d’Agatha Christie dans ce huis-clos à la cluedo. Le talent d’Ava rappelle aussi Cole Sear l’enfant du film le Sixième sens. Un peu angoissant, trépidant, surprenant, ce roman est un cocktail détonnant à piquer à vos enfants sans hésiter ! Dès 12 ans.


Ava préfère se battre (tome 2) – M.Bernard – 346 p.
Syros – 2013 – 16.50 €
Malgré ses dernières vacances très éprouvantes, Ava retourne sur l'Ile de Jersey chez son oncle Vincent Bazire. Elle souhaite entamer sa formation de consolatrice auprès de la doyenne de la fonction Cécilia Watson. Ava se doute que sa formation sera dense. Elle pense devoir assimiler des procédures et des méthodes psychologiques pour libérer les fantômes de leurs vies de spectre. Elle imagine que son statut d'apprentie va lui permettre d'observer et de comprendre les délicates techniques mises en oeuvre par sa tutrice qui a plus de 90 ans doit connaître tous les rouages et les trucs du métier ! Effectivement Cecilia a l'intention de lui apprendre des astuces, des combines et des tours de passe-passe dignes du plus chevronné des cambrioleurs. Mais Ava n'a que faire de savoir crocheter des serrures ! Elle veut une méthodologie, un récit d'expériences réussies et un savoir-faire. Malheureusement Cecilia reste évasive. Ava enrage de ne pas suivre un plan de formation performant car elle sait qu'elle doit venir en aide à 352 000 fantômes répartis sur plus de seize îles et îlots. Heureusement que son chouchou Harald, fantôme de plus de 800 ans, Viking de naissance, la soutient et lui propose une formation accélérée en sciences politiques. Harald devient son coach. Elle doit convaincre l'Assemblée des fantômes de ses réelles compétences. Certains représentants sont engagés auprès de partis politiques qui prônent la scission entre les fantômes et les hommes. Le FF (Fantôme pour les fantômes) refuse que le consolateur soit un vivant. Elle va donc mener campagne et monter au front pour défendre ses idées novatrices. Ava pense qu'il faut recenser tous les fantômes et créer une base de données. Elle envisage sa fonction comme une activité de pilotage de groupes de soutien formés à écouter et consoler des assemblées de spectres. Elle veut rationaliser et utiliser le potentiel des autres fantômes. Son programme ambitieux l'entraîne aux confins de l'île auprès de tous les morts-vivants des plus agréables ou plus redoutables. Si sa tutrice ne la forme pas selon ses désirs, elle aura la bonne idée de l'inviter dans une pizzeria où Ava va peut-être faire la rencontre la plus importante de sa vie : Marco ! Un jeune homme bien vivant, tout en chair et en os et tout en sentiments pour elle ...Ce deuxième volet des aventures d'Ava est tout aussi agréable bien que le récit soit plus introspectif. Le suspens s'installe vraiment dans la deuxième partie du roman. Ava a mûri. Ses questionnements sont donc plus profonds et plus intimes. Sa nouvelle fonction et sa première expérience amoureuse sont des sources de désordre et de déséquilibre qui la malmènent et la perturbent. Ava la perfectionniste, un peu freak control, doit lâcher du lest et écouter ses émotions. Cet été là, Ava ne se sent pas à la hauteur, elle doute et certains fantômes vont en profiter ….J'aime beaucoup cette jeune Ava dont j'apprécie toujours autant la personnalité et la libre pensée ! Dès 12 ans.
 

La Mort préfère Ava (tome 3) – M.Bernard – 367 p.
Syros – 2013 – 16.90 €
J’ai pu lire le troisième tome de la série Ava (chron11) juste à sa sortie. Lorsque je l’ai reçu, j’ai changé le programme de cette journée de vacances pour rester à la maison et pouvoir commencer ce nouveau tome tout de suite. (Vous le savez déjà, je suis une mauvaise mère !). Dans ce volume, Ava entame sa deuxième année de formation de consolatrice de fantômes. Son don rare et inné lui permet d’aider les spectres à quitter les lieux auxquels ils restent malheureusement prisonniers. Afin de participer à l’assemblée annuelle des consolateurs, Ava se rend sur l’île de Guernesey. Accompagnée de sa tutrice Cécilia Watson, Ava tente de mener son projet de recensement des fantômes en visitant chaque secteur des iles anglo-normandes dont elle devra prendre la responsabilité d’ici quelques années. Malgré quelques vieux spectres ronchons, ce projet de base de données fait son chemin et des groupes de libération voit le jour après le passage d’Ava et ses idées novatrices. Elle est impatiente de rencontrer d’autres consolateurs car elle cherche des réponses à des questions auxquelles sa tutrice ne veut pas répondre : comment faire pour être une consolatrice compétente ? Comment être une consolatrice et une femme « normale » et enfin peut-on avoir une vie sentimentale lorsque l’on passe ses journées à être dérangée par des fantômes ? Effectivement à Guernesey, Ava et son oncle sont invités par un ami dont le fils Alistair a fait chavirer le cœur d’Ava dès la première rencontre. Alistair semble partager les mêmes sentiments qu’Ava et après quelques jours il forme un couple harmonieux. Cette idylle amoureuse intéresse les fantômes qui font des paris et engagent des pronostics sur ce jeune couple. Ava qui est une jeune demoiselle discrète supporte mal le tapage fait autour de ses premières histoires d’amour. Malgré ses efforts, elle doit mentir, se cacher et élaborer des stratagèmes compliqués pour protéger Alistair de son don. Surtout qu’un jeune fantôme un peu trop romantique a décidé de faire les yeux doux à la jeune femme. Ce Théo est un spectre très puissant qui crée des accidents lors de ses excès de colère … Marco, le premier amoureux réapparait lui aussi ce qui ne lui simplifie pas la tâche. Heureusement son coach, garde du corps et confident, le délicieux Harald, ancêtre viking vieux de 800 ans veille sur elle. Tout en essayant de mener une vie amoureuse la plus sereine possible, Ava doit aussi soutenir sa formatrice, Cecilia qui semble poursuivi par de vieilles histoires datant de la seconde guerre mondiale. Elle apprend que sa tutrice a été déportée dans les camps et que sa plus petite fille n’a pas survécu à la déportation. Ses révélations permettent à Ava de mieux comprendre la vieille femme qu’elle trouve détachée et distante. Ava savait que ses vacances ne seraient pas de tout repos mais elle n’imaginait pas qu’elles seraient si denses et si dangereuses … Dans ce troisième opus, Ava s’affirme et devient une jeune femme vraiment attachante. Ses amours se compliquent tout en ouvrant la possibilité d’une vie de couple au long cours avec Alistair (pour moi, il ressemble au Prince de la colline de Candy !). Le personnage, jusque là, discret de sa formatrice Cecilia, devient central et j’avoue que la révélation de son secret m’a émue. Le suspens est une fois de plus mené avec adresse. Les dernières pages sont un délice de retournement de situation et de sagacité. J’espère sincèrement une suite … Les récits des différents tomes se densifient au fur et à mesure et demandent aux lecteurs de plus en plus de maturité. Dès 13 ans.
 

mercredi 18 septembre 2013

Ava préfère les fantômes – M.Bernard – 271 p. - Syros – 2012 – 16 €

 
Et les fantômes le lui rendent bien ! Ava a le don de voir les spectres depuis sa plus tendre enfance. Dès l’âge de trois ans, Ava a compris qu’elle ne devait pas essayer d’expliquer à ses parents ce qu’elle voyait. Punition après punition, la petite Ava s’est construit une personnalité banale : timide, sage et polie. Polie, très polie, tellement polie que les conversations s’envasent et permettent à Ava de s’effacer, de disparaître aux yeux de ses congénères. Si Ava est une jeune fille effacée, elle est en revanche d’une redoutable intelligence. Elle aspire à la tranquillité de sa pension du Sud de la France. Malheureusement, son pensionnat ferme pendant les congés scolaires. Ses parents en plein divorce ne souhaitent pas s’encombrer de leur fille qui les a toujours embarrassés par ailleurs. Envoyée chez son oncle, sur l’île de Jersey, elle sait qu’elle va être confrontée à des situations imprévisibles. Mais les évènements vont dépasser ses pires craintes. Tout d’abord son oncle organise une grande exposition sur un trésor viking trouvé près du manoir. De nombreuses personnalités du monde culturel et archéologique vont aller et venir dans les longs couloirs de la demeure familiale. Ava devra donc être sociable, souriante et accueillante. Elle qui déteste les relations humaines chaleureuses et spontanées, elle va devoir se surpasser pour se faire oublier. A son arrivée Ava croise le chemin de Billie, une jeune fille charmante qui aurait pu devenir son amie. Malheureusement Ava n’a rencontré que le spectre de Billie car celle-ci vient d’être assassinée sur la plage. Billie attend beaucoup d’Ava qu’elle sait « extraordinaire ». Meurtres après meurtres, fantômes après fantômes, Ava est bousculée par les revenants et les vivants. Heureusement,  elle va aussi rencontrer une femme, une vraie, en chair et en os qui saura mettre des mots sur son don qui sonne comme une malédiction pour cette jeune fille sauvage. Ava est consolatrice. Elle a la capacité de libérer les revenants afin qu’ils quittent définitivement le monde des hommes. Fermé aux petites heures du matin, j’ai beaucoup aimé ce roman. Le mélange est parfait : une enquête policière bien menée, des évènements surnaturels savamment dosés, une héroïne forte, adorable et détestable à la fois, une île mystérieuse, une trame historique cousue serrée. Ava est déconcertante dans son analyse des relations humaines, particulièrement ses relations avec les adultes. Courageuse, intelligente, farouchement accrochée à sa liberté d’action et de pensée, Ava est une jeune fille que j’aimerais fréquenter ! J’ai retrouvé un peu d’Agatha Christie dans ce huit-clos à la cluedo. Le talent d’Ava rappelle aussi Cole Sear l’enfant du film le Sixième sens. Un peu angoissant, trépidant, surprenant, ce roman est un cocktail détonnant à piquer à vos enfants sans hésiter ! Dès 11 ans.
 

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