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dimanche 15 décembre 2013

Les ailes de la sylphide – P.Maret – 180 p. - Thierry Magnier – 2013 – 9.80 €



Alors qu’elle s’apprête à présenter une des auditions les plus importantes de sa vie pour le ballet de danse classique du conservatoire qu’elle vient d’intégrer, Lucie découvre deux petites fentes sous ses omoplates en sortant de la douche. Une fois devant le miroir, lorsque deux ailes translucides se déploient dans son dos, elle croit deviner que sa véritable nature est en train de se révéler. Elle est une sylphide. Abandonnée à la naissance, elle pense trouver les réponses à ses questions en s’enfonçant dans la forêt où elle suppose avoir été trouvée …Mais ce n’est pas au cœur des bois que la bête rôde ! Lucie devra affronter un monstre qu’elle reconnaît au premier coup d’œil et d’aile ! Ce roman commence comme une petite douceur, la danse, les ballets, des fées et des farfadets … et se termine dans la noirceur et la détresse humaine. L’auteur tisse avec talent un suspens haletant. Dès le début du roman, on devine que Lucie cache un terrible secret. On cherche entre les lignes et les points, des détails, des allusions mais j’avoue que la chute est forte et secoue un peu. Les personnages sont cernés avec finesse et l’héroïne est d’une force « extraordinaire ». Le sujet central est un thème difficile, je le conseille donc à de jeunes lecteurs avertis de 14 ans et plus.




lundi 23 septembre 2013

Pieds nus dans la nuit – M.Jarry – 161 p. - Thierry Magnier – 2012 – 9 €

L'auteur Marjolaine Jarry m'a envoyé son roman il y a quelques semaines. J'ai été touchée qu'elle me témoigne sa confiance et son intérêt par cet envoi.
En le lisant, j'ai pensé à la citation de Romain Rolland « On ne lit jamais un livre. On se lit à travers les livres, soit pour se découvrir, soit pour se contrôler ». J'y ajouterai « soit pour se souvenir ». En lisant ce roman, j'ai été emmenée à revivre ma propre adolescence. Les amitiés extraordinaires qui s'étiolent, les relations amoureuses complexes, les liens familiaux qui se délitent et surtout l'horrible sensation d'être ce que je ne voulais pas ou d'échouer à devenir celle que j'aurais voulu être. Louise, jeune lycéenne, vit entourée de ses meilleurs amis : Baptiste, Claire et Tom. Ce quatuor s'organise en deux couples inséparables depuis leur entrée au collège. Ils imaginent leurs vies futures pleines de promesses, de talents et de réussite communes. Malheureusement au fil des mois, Claire maigrit, maigrit tellement qu'elle est hospitalisée dans une clinique spécialisée dans les soins pour les jeunes souffrant d'anorexie. Louise ne comprend pas pourquoi Claire est malade. Elle se demande si elle ne lui aurait pas caché des traumatismes de l'enfance. Elle ne comprend pas que Claire ne lui ait pas demandé à l'aide. Elles sont les meilleures amies du monde, rien ne peut les séparer. Malheureusement la maladie de Claire va l'entraîner dans des contrées si lointaines que même les mains tendues de Louise ne pourront l'en extirper. Les mois filent. Tom et Baptiste semblent faire face à l'absence de la belle Claire mais Louise, plonge, elle dans un désarroi qui la coupe de toute relation. Elle va au bout de sa tristesse et de sa colère. Louise se ferme aux autres. Elle tourne le dos à la vie qui l'attend. Elle ne veut pas, elle ne peut pas se projeter vers cet avenir si incertain … Elle comprend que grandir exige des sacrifices. Sur l'autel de la vie adulte, il faut parfois se délester de ses idéaux Dans l'obscurité de sa tristesse, Louise apercevra aussi quelques lueurs de soutien, des liens tenaces qui lui permettront de s'apaiser et d'envisager son avenir. Ce roman est une plongée en adolescence. Ce territoire sans carte et sans balise est parfois difficile à traverser. On apprend à s'armer et à « se chausser » pour se protéger. Le récit délicat et juste permet d'aborder des thèmes difficiles sans s'apitoyer. La fin du récit est particulièrement réussie toute en demi-teinte et en espoir. Louise est un personnage dont je me souviendrai longtemps. J'ai réellement ressenti de l'empathie pour cette jeune fille qui deviendra une femme lumineuse, j'en suis certaine. Dès 15 ans.

mercredi 18 septembre 2013

Maintenant c’est ma vie – M.Rosoff – 254 p. - Livre de poche – 2008 – 5.90 €


Dans notre monde, dans un futur proche mais à une époque incertaine, Daisy, 14 ans, New-Yorkaise est envoyée au vert chez sa tante en Angleterre. Daisy ne supporte plus sa belle-mère et déteste déjà le bébé qui devrait bientôt pointer son nez dans cette famille recomposée. Persuadée que sa Belle-Mère tente de l’empoisonner, Daisy, ne mange plus. Ce refus de s’alimenter est sa guerre, sa révolte et prouve tout le dégout que lui inspire le monde des adultes. A peine arrivée en Angleterre, Daisy tombe sous le charme de sa tante, Penn, de ses cousins Osbert, 17 ans, Isaac et Edmond, jumeaux de 14 ans et Piper, sa cousine de 9 ans. Sa Tante est appelée à l’étranger pour assister à une conférence sur la menace d’une guerre imminente. Habitués à vivre entre eux, les jeunes gens s’organisent pendant l’absence de Tante Penn. Promenade, pêche, baignade et lecture occupent les vacances de la petite tribu. Parmi cette famille d’adoption, elle trouve des repères familiaux, des liens de confiance et d’amour. Daisy s’apaise, se détend et commence à prendre conscience que la vie peut être source de plaisir. D’ailleurs Edmond et Daisy vont tellement se rapprocher que leur lien s’intensifie et les voilà enlacés dans le même lit. Ils sont cousins et ils s’aiment en secret, en silence et tout en désir. Malheureusement la guerre éclate et les jeunes gens se retrouvent livrés à eux-mêmes. Dans leur maison isolée, les jeunes gens ne comprennent pas tout de suite que les vacances sont finies et que la guerre réclame du sang, des larmes, des cris et aussi des séparations : Daisy et Piper sont placés dans une ferme afin d’apporter leur aide aux villageois dans les champs. Les garçons, eux, sont envoyés avec les hommes. Pour Daisy commence alors une longue descente aux enfers. Responsable de sa jeune cousine, Daisy devra dépasser ses peurs, quitter l’enfance et ses caprices afin de devenir une jeune femme sûre d’elle. Le style de Meg Rosoff est particulier, le récit oscille entre le monologue et le journal intime. Très peu de ponctuation, des phrases très longues ou se mêlent des sentiments, des descriptions, des anecdotes, des ellipses, des conversations silencieuses … Les premières pages m’ont déstabilisée, je cherchais le rythme de l’auteur, le chant du récit. Puis très vite, j’ai été happé par l’histoire et par cette guerre qui ravage la vie fragile de Daisy. Les héros, particulièrement Daisy, Edmond et Pipper sont très attachants. Daisy se transforme sous nos yeux, de jeune citadine capricieuse en mère courage pour protéger Pipper. L’amour interdit entre Edmond et Daisy est délicatement décrit sans jugement, sans leçon de morale. Ce roman est à conseiller aux jeunes filles un peu armées car les héros sont plongés en pleine guerre et certaines situations sont rudes. Il m’a rappelé La bicyclette bleue pour l’errance sur les routes, l’amitié forte entre deux jeunes filles que tout oppose. Humm, François Tavernier !